Paroisse Sainte Marie de Billère

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Sous la protection de Saint Gabriel Archange


Homélie XXIX° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXIX Dimanche ordinaire B

Les textes de la Parole de Dieu aujourd’hui nous rappellent ce qu'on pourrait appeler une «loi fondamentale» du Royaume de Dieu qui est aussi celle de la communauté chrétienne et de l'Église. On connaît bien le commandement de l'amour fraternel au cœur du message de Jésus, mais celui-ci est inopérant s'il ne se joint pas à celui que nous propose Jésus aujourd'hui et qui est la « loi du service ».

Jacques et Jean n'ont rien compris aux enseignements de Jésus qui leur a expliqué plusieurs fois que sa mission était d'aller vers les brebis perdues, de servir la volonté de salut de son Père pour toute l'humanité sans faire d'exception.

Les apôtres discutent pour savoir qui est le plus grand. Au cours de cette discussion, les apôtres se voient chacun aux premiers rangs de sa cour royale. Jacques et Jean veulent s'assurer d'être non seulement aux premiers rangs, mais d'être «l'un à sa droite» et «l'autre à sa gauche».

Et la réponse de Jésus fait éclater le malentendu au coeur de la discussion des apôtres : « Oui, dit Jésus, vous serez avec moi si vous me suivez jusqu'à donner votre vie comme moi ». Jésus pense aux outrages, eux aux honneurs. Jésus pense à la croix où il sera élevé, eux pensent à des trônes. Jésus pense à donner sa vie pour tous, eux veulent s'élever aux dépens de tous.

Jésus nous donne des précisions qui sont à retenir et qui constituent cette « loi fondamentale du service » dont je parlais en commençant. Cette loi du service dans la communauté chrétienne est: « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous ». C'est l'exemple et l'attitude même de Jésus, « parce que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Dans sa passion, il sera ce Serviteur souffrant et ainsi « il justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés ». Cette mission, Jésus l'a pleinement assumée et tout particulièrement le soir du Jeudi-Saint, en lavant les pieds des apôtres. La « loi du service » dans le Royaume de Dieu, c'est un renversement des perspectives auxquelles s'attendaient les apôtres. Ils le comprendront parfaitement après la Résurrection. Et nous le comprendrons, nous, en nous laissant habiter par l'Esprit de Jésus.

En effet, il y a tout un chemin à faire pour développer cet esprit de service dont parle Jésus. Ce n'est pas évident aujourd'hui où la compétition a une si grande place et où les réussites sociales, financières, professionnelles passent en premier. Pour nous, chrétiens-croyants, il s'agit d'une règle absolue que nous ne mettons pas en doute. Elle s'applique non seulement aux ministres ordonnés, diacres, prêtres, évêques, mais à tous les fidèles membres de la communauté chrétienne. L'Église n'en sera que plus belle lorsque tous s'efforceront d'incarner dans leur vie de tous les jours cette « loi du service ».

Cet idéal du service demeure l'idéal incontournable du disciple de Jésus. Il nous revient de chercher à le vivre de diverses façons. Devenir disciple de Jésus, c'est entrer dans une famille où il y a de la place pour tout le monde, et où l'amour fraternel est visible et perceptible.

Allons servir, soutenu par Celui qui vient, par son Corps et son Sang, nous donner ainsi, lorsque nous le partageons, le moyen d'être de plus en plus des «disciples-missionnaires».


Homélie de la messe de l'ouverture du SynodeAuteur : Mgr Marc Aillet

Homélie de Monseigneur Marc Aillet du 17 octobre 2021

 

Chers frères et soeurs,

Merci d'être venus cet après-midi dans cette cathédrale, et vous aussi peut-être qui nous rejoignez par les ondes de Radio Lapurdi, pour inaugurer ce temps spirituel qui nous est donné pendant quelques mois et qui est cette démarche synodale, diocésaine, dans notre diocèse comme dans les diocèses du monde entier, pour préparer un Synode ordinaire des évêques qui se tiendra en octobre 2023 à Rome sur le thème "Pour une église synodale : communion, participation et mission".

Merci aux prêtres qui sont venus nombreux, quelquefois de très loin, et à vous tous, même si vous n'êtes pas une assemblée pléthorique, mais je pense que la foire au jambon a dû, non pas faire concurrence, mais encombrer suffisamment notre ville de Bayonne et rendre son accès plus difficile. Mais vous représentez aujourd'hui l'ensemble du diocèse dans toutes ses composantes; évêque, prêtres, diacres, consacrés et fidèles du Christ laïcs engagés dans nos communautés paroissiales, nos services diocésains, nos mouvements ou associations de fidèles, jeunes, j'allais dire vieux, non, ceux qui sont jeunes depuis un peu plus longtemps…

Un synode, comme vous le savez, c'est un temps privilégié que nous donne le Seigneur, à la demande du pape François pour marcher ensemble. Comme dit Peguy, c'est cela l'Église, c'est marcher tous ensemble pour aller au paradis, car il ne faut pas oublier le terme de notre marche qui est bien le Royaume des cieux que sans doute nous devons anticiper sur la terre par l'amour de Dieu et la charité fraternelle. Car nous avons un Grand Prêtre, comme nous l'avons entendu dans la deuxième lecture tirée de l'épître aux Hébreux, qui a traversé les cieux et qui nous précède dans le Royaume des cieux et qui nous conduit tous ensemble, pas un par un, chacun pour soi, parce qu'il n'a pas plu à Dieu de nous sauver un par un, mais à travers un peuple. Le peuple qu'il s'est acquis par le sang de son fils, c'est-à-dire l'Église. L'Église qui est d'abord, c'est sa nature même, communion et mission. Les deux mots extrêmes du thème de ce Synode sur la synodalité «Pour une Église synodale, communion, participation et mission». C'est un exercice de communion un synode, ce n'est pas le moment où nous allons nous opposer jusqu'à nous taper dessus les uns sur les autres, mais le moment de reconnaître que nous avons une égale dignité, que nous soyons évêques, prêtres, diacres, consacrés, fidèles du Christ laïcs. Égale dignité qui est fondée dans le baptême. C'est en souvenir de notre baptême, précisément au début de cette célébration, que nous avons été aspergés d'eau pour nous rappeler qu’il n'y a pas de plus grande dignité dans l'Église que celle du baptême, lorsque nous avons été plongés dans le sang du Christ pour être purifiés du péché originel et pour être incorporé au Christ le Fils bien-aimé du Père, pour devenir les fils et les filles de Dieu. Le baptême, qui est un appel à être configuré toujours plus au Christ, au Christ "Serviteur souffrant" comme nous l'avons entendu dans le livre d'Isaïe. Celui qui a offert un sacrifice d'expiation, de pardon pour les péchés des hommes, celui qui a pris sur lui nos fautes pour justifier les multitudes. Est-ce que vous êtes conscients de cela, chers frères et sœurs? Qu'un baptisé, ce n'est pas d'abord quelqu'un qui dit "j'ai droit à", "il faut que je fasse ceci", "on m'empêche de faire cela". Un baptisé, c'est quelqu'un qui est configuré au Christ et qui prend sur lui les péchés du monde entier, des membres de l'Église, les plus grands pécheurs et ceux de l'humanité tout entière pour justifier les multitudes, car Dieu a ouvert un chemin de rémission et de rédemption pour tous. Notre communion est fondée sur ce sacrifice du Christ auquel nous communions précisément dans l'Eucharistie et c'est par l'Eucharistie, qui rassemble les fidèles du Christ dans la communion au corps eucharistique du Christ, pour que nous devenions ce que nous recevons, c'est-à-dire le Corps mystique du Christ.

Chers frères et sœurs, c'est tellement important, en ces temps troublés que nous traversons, où l'on entend toutes sortes de voix qui disent "il faudrait faire ceci"," il faudrait réformer l'Église, sa hiérarchie" face aux scandales qui salissent le visage de l'Église. Ce pour quoi Jésus était d'une si extrême et rare sévérité quand il disait : " Malheur à ceux qui scandalisent les petits qui croient en moi, mieux vaudrait leur attacher une meule que tourne les ânes autour du cou, et que l'on précipite dans la mer". Le moment est de faire corps, chers frères et sœurs, de ne pas montrer du doigt tel ou tel qui aurait failli. Oui les evêques, sans doute, dans ces 70 ans, ont failli. Nous avons tous failli parce que nous sommes tous pécheurs, que nous constituons l'unique corps du Christ, que nous sommes les membres les uns des autres. Un membre souffre t-il, tous les membres souffrent. Un membre est-il à l'honneur, tous les membres se réjouissent. Nous voulons constituer ce Corps du Christ, le rendre efficient, fécond, visible, montrer le vrai visage du Christ. C'est la grâce que nous demandons aujourd'hui pour grandir dans la communion, que seul l'Esprit Saint peut réaliser.

Et le deuxième mot qui définit la nature de l'Église, c'est la mission. Nous entrons aujourd'hui dans la Semaine missionnaire mondiale. Le souci de la mission d'annoncer l'évangile du salut à toute la Création. Combien y a-t-il de personnes autour de vous, dans vos familles, dans vos lieux de vie et de travail, dans vos lieux de loisir, d'engagement associatif, caritatif, culturel, social, politique, qui ne connaissent pas Jésus-Christ ? Qui n'ont pas la grâce du Salut qu'il veut donner à tous ? Sommes-nous inquiets au fond de nous-mêmes qu'il y ait des hommes et des femmes qui ne connaissent pas Jésus-Christ ? "L'Église existe pour évangéliser", disait Saint Paul VI dans l'exhortation apostolique sur l'évangélisation dans le monde moderne. C'est la nature de l'Église que d'être missionnaire. Saint Jean-Paul II disait : "l'Église est un mystère de communion missionnaire".

Le but du Synode, c'est de nous faire prendre conscience à tous, vous m'entendez bien, tout les membres du peuple de Dieu, que nous avons à participer, le troisième mot : participation, à la construction de la communion de l'Église en un seul corps, même s'il faut exercer la charité fraternelle à travers ce que Jésus appelle la correction fraternelle. Il n'est pas interdit que l'Esprit Saint suggère au plus petit de corriger le plus grand, mais de manière fraternelle, avec le désir au cœur de gagner son frère et non pas de le dénoncer sur la place publique et de le traiter de publicain et de pécheur. Cela n'appartient qu'à l'Église dans son magistère quand tout a été essayé pour gagner son frère. La participation de tous, en vertu du baptême qui nous est commun, même si nous avons des ministères et des charismes qui sont diversifiés dans l'Église. Comme le dit le Pape François dans son discours inaugural du 9 octobre dernier :" Le Synode n'est pas un parlement, le Synode n'est pas une enquête d'opinion, c'est un temps spirituel, et spirituel vient de l'Esprit Saint". Si l'Esprit Saint n'est pas présent, il n'y a pas de Synode. Nous n'arrivons pas avec nos idées préconçues, ce que nous avons puisé dans notre raison ou dans le monde qui nous entoure et qui fait tellement pression pour obtenir que l'Église se réforme selon ses intentions. Nous arrivons avec un cœur ouvert pour accueillir ensemble l'Esprit Saint car le peuple de Dieu tout entier a reçu l'onction de l'Esprit Saint. Le peuple de Dieu tout entier est un peuple de prophètes, de prêtres et de rois par le don de l'Esprit Saint reçu au baptême, à la confirmation ou, pour nous, dans le sacrement de l'Ordre. C'est pourquoi l'exercice du Synode, qui sera bref pour nous, puisqu'il faut que nous rendions notre rapport avant la fin du mois d'avril, consistera en trois mots qui ont été déclinés par le pape François dans son homélie dimanche dernier en introduisant cette démarche synodale qui s'achèvera à Rome en octobre 2023 : se rencontrer, s'écouter et discerner.

Il y aura des temps pour se rencontrer au niveau diocésain; deux assemblées synodales. Une qui aura lieu le samedi 13 novembre à l'Immaculée Conception de Pau et qui rassemblera des représentants de tous les membres du peuple de Dieu; le Conseil épiscopal, le Conseil presbytéral, le Conseil pastoral diocésain, les curés et responsables des Conseils pastoraux paroissiaux les diacres permanents, les services diocésain, les mouvements et les associations de fidèles, les communautés religieuses, les consacrés… Tous seront représentés dans cette première assemblée synodale qui sera d'abord faite pour se rencontrer. Puis ensuite, cette première rencontre se déclinera dans les communautés paroissiales, dans les communautés religieuses, dans les mouvements, dans les services, dans les associations de fidèles. Pour quoi faire ? Pour écouter, écouter d'abord le Seigneur, sa Parole, écouter l'Esprit Saint car ce que les pasteurs veulent en consultant l'ensemble du peuple de Dieu, c'est discerner, c'est le troisième mot, ce que l'Esprit dit à l' Église. Ce ne sont pas des avis calqués sur les opinions du monde que nous solliciterons, chers frères et sœurs, chez vous tous, mais c'est le sens "surnaturel de la foi", éveillé, soutenue par l'Esprit Saint sous la conduite du magistère, pour peu qu'on lui obéisse fidèlement, qui nous donne d'accueillir la Parole de Dieu non pas comme une parole humaine, mais comme ce qu'elle est : la Parole de Dieu. Ce sens surnaturel de la foi, par lequel l'ensemble du peuple de Dieu, des évêques aux derniers des fidèles laïcs, apporte à toutes les vérités concernant la foi et la morale, un consentement universel. C'est l'à priori de départ qui nous rassemble dans la communion et qui nous permettra de le dire, car l'Esprit Saint parle par la bouche de tous, à commencer par les plus petits, comme saint Benoît le dit dans sa Règle: il faut que le Père Abbé écoute tous les frères à commencer par le plus jeune parce que l'Esprit-Saint parle parfois et souvent par le plus jeune. Être à l'écoute de ce que l'Esprit Saint dit à travers chacun, et à nous pasteurs de retenir ce qui plaît à Dieu et ce qui permettra de faire grandir la communion dans notre diocèse en vue d'être toujours plus efficace ou fécond dans la mission qui nous est confiée d'annoncer l'évangile du Salut. Et c'est ainsi que nous nous retrouverons pour une assemblée synodale conclusive sous le signe de Saint-Joseph le samedi 19 mars 2022, pour récolter les perles que nous espérons de l'Esprit Saint qui aura inspiré les uns et les autres, chacun, prêtre, diacre, fidèle laïc, consacré, pour la part qu'il a reçue, afin de l'envoyer ensuite au siège de la Conférence des évêques de France et de continuer ce chemin synodal qui se poursuivra par un Synode continental, et qui aboutira finalement à l'Assemblée générale ordinaire des évêques en octobre 2023. 

Comme je disais hier à une communauté religieuse, c'est vrai qu'à vue humaine, un Synode pourrait ressembler à une « usine à gaz ». À nous, chers frères et soeurs, d'en faire une « chaudière de l'Esprit Saint » ! Apportons nos charismes, l'Esprit Saint qui parle dans nos vies de baptisés, pour que nous puissions réchauffer l' Église qui en a tant besoin et réchauffer le monde avec l'é


Lettre à tous les diocésains pour recevoir le Rapport de la CIASE Auteur : Mgr Marc Aillet

Lettre à tous les diocésains de Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 7 octobre 2021, en la fête de Notre-Dame du Rosaire

 

Chers frères prêtres et diacres,

Chers frères et sœurs fidèles laïcs et consacrés,

Mardi 5 octobre, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France, et Sœur Véronique Margron, Présidente de la Conférence des Religieux et Religieuses de France, ont reçu solennellement le Rapport de la CIASE, présidée par Monsieur Jean-Marc Sauvé. Vous vous rappelez que la création de cette Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise avait été décidée par les évêques en leur Assemblée plénière de novembre 2018. Nous recevons donc ce rapport et ses recommandations avec gratitude pour le travail accompli très professionnellement par les membres de cette commission.

L'ampleur numérique des victimes, révélée par ce rapport, est accablante, et un sentiment de honte et d'effroi nous saisit. Sans doute s'agit-il d'une estimation et le nombre doit-il être lissé dans le temps, sur 70 ans, de 1950 à 2020. Il reste que nous mesurons l'ampleur d'un phénomène qui, s'il n'est pas inconnu pour nous, avec la prise de conscience qui se fait jour dans l'Eglise depuis les années 1990, nous invite à l'humilité, en particulier nous, les évêques, qui sommes les premiers responsables de la vie de l'Eglise. Et nous devons reconnaître que nous avons mis du temps à écouter les victimes et à prendre la mesure du drame existentiel, humain et spirituel, dont elles éprouvent si douloureusement, dans leur chair et dans leur âme, les effets destructeurs. Depuis le début des années 2000, nous avons certes pris des mesures de prévention, de formation et de protection des mineurs au sein de notre Institution, mais le travail entrepris de manière institutionnelle autour de la reconnaissance de la souffrance des victimes est relativement nouveau.

La grande leçon de ce rapport, outre la révélation de l'ampleur de la pédocriminalité dans l'Eglise - estimation de 216000 victimes de prêtres ou de religieux, qui s'élève à 330000 si l'on ajoute les victimes abusées par des laïcs engagés dans nos institutions ecclésiales-, c'est la place centrale qui a été donnée aux victimes, et dans la méthodologie adoptée et dans les mesures envisagées. Il leur a fallu en effet, en s'organisant parfois en collectifs, crier leur souffrance pour être vraiment entendues ! Comme j'ai eu l'occasion de vous le confier, c'est l'écoute attentive, et dans la durée, de victimes qui ont bien voulu me donner leur témoignage et avec qui j'entretiens parfois une relation de compagnonnage fraternel, qui m'a permis de mesurer le drame vécu:« C'est moins mon corps que ce prêtre a violé que mon âme. Il m'a séparé de Dieu », me confiait l'une d'entre elles. Comme je le dis souvent, l'Eglise n'est pas d'abord une Institution à protéger, car elle est un Corps, le Corps du Christ qui s'identifie aux membres les plus petits et les plus blessés: ce sont eux qui doivent occuper la première place dans notre sollicitude pastorale.

Nous sortons progressivement d'une culture de la minimisation, voire du déni, en tout cas du silence qui a été largement partagé au sein de notre société, y compris dans les familles, mais qui représente pour l'Eglise, à commencer par les évêques, un immense défi à relever. La vérité ne doit pas nous faire peur, c'est elle qui nous rendra libres (cf. Jn 8, 32) !

Ma pensée va donc d'abord vers les victimes qui attendent de nous de vraies mesures en vue de leur reconstruction humaine et spirituelle. Les évêques auront à analyser ce volumineux rapport et à étudier de près les recommandations faites par la CIASE. Nous nous attellerons à ce travail nécessaire lors de notre prochaine Assemblée plénière de novembre. On y abordera en particulier la délicate question de « l'indemnisation » pointée par le rapport, là où nous étions engagés depuis avril dernier dans une démarche de« contribution financière », à partir d'un« fonds national de dotation », abondé volontairement par les évêques, les prêtres et les fidèles qui le souhaiteraient. Sans renier le cœur de la théologie du sacerdoce et de l'Eglise, nous devrons aussi définir la meilleure posture à adopter pour que le ministère des prêtres les protège et protège les fidèles contre certains abus de pouvoir et de conscience, pouvant engendrer des abus sexuels. En revanche, nous ne pourrons pas toucher au « secret de la confession »,quine saurait être réduit au« secret professionnel », levé par le droit dans certaines circonstances, parce qu'il garantit la relation de confidentialité et de liberté du pénitent avec Dieu lui-même, au-delà du confesseur qui n'est qu'un instrument au service de cette relation.

Il est difficile, dans le feu de l'action, de prendre de la hauteur et du recul pour identifier les raisons de fond qui rendent compte d'un tel drame. Elles ne sont pas seulement liées à l'Institution et à ses structures d'organisation et de gouvernance, que l'on voudrait parfois calquées sur celles des démocraties modernes. Il y a certes le regard entretenu par le peuple chrétien sur le prêtre, enfermé parfois dans la « bulle du sacré », conduisant non seulement à en faire un « mis à part» (Rm 1, 1), ce qui appartient somme toute à l'identité du prêtre, mais un « séparé », avec un risque d'isolement, de mise sur un piédestal, et donc de distance excessive avec ses frères chrétiens et avec sa propre humanité sujette, comme pour tout un chacun, à des faiblesses et au péché. Mais il y a aussi, à l'inverse, une certaine sécularisation du prêtre qui a pu le conduire à vivre comme tout le monde dans une société où les barrières et les verrous ont sauté de toute part. Sans compter la part de pathologie compulsive, mieux identifiée depuis quelque temps par la psychologie et la psychiatrie et pas assez détectée au moment de la formation, qui explique nombre d'abus révélés.

La Commission Sauvé a relevé que plus de 50% des agressions sexuelles dans l'Eglise se sont déroulées dans les décennies 1950 et 1960. C'est la période, après la grande fracture de la seconde guerre mondiale, où l'on connaît une flambée des vocations-sans doute pas assez contrôlée du point de vue du discernement et de la formation - au nom d'une grande générosité qui s'orientait de plus en plus vers l'engagement social, et, paradoxalement, c'est l'époque où l'on enregistre une grave crise spirituelle du clergé, repérée par les historiens. Dans les années 70, où s'installe une société de contestation de l'autorité et des interdits, où l'on assiste à l'explosion de l'émancipation sexuelle, qui n'épargne pas l'Eglise, et où les évêques sont d'abord préoccupés par le départ d'un nombre important de prêtres, on est moins regardant sur le péché et moins enclin à appliquer des sanctions pénales dans l'Eglise. Dans le nouveau Code de Droit canonique, publié en 1983 pour mettre en œuvre l'Ecclésiologie du Concile Vatican 11, la partie pénale est très insuffisante, au point de faire actuellement l'objet d'une révision, liée pour une large part à la question des abus sexuels dans l'Eglise.

Les victimes et le peuple des fidèles seront assurément associés à l'élaboration des décisions que les évêques auront à prendre dans les mois qui viennent. Le Synode sur la « synodalité » pourra, en ce sens, y contribuer.

En attendant, nous devrons renforcer et parfaire le fonctionnement de notre cellule d'écoute des victimes, mise en place en 2016 dans notre diocèse. De même, nous nous engagerons les uns et les autres, chacun pour sa part de responsabilité, à les assurer de notre prière, de notre soutien et d'une vigilance renforcée.

Devant la Vérité qui éclate, j'imagine aussi que les prêtres et les religieux vont devoir essuyer des attitudes instinctives de défiance et de stigmatisation, voire de rejet, de la part de certains, dans l'Eglise et en dehors de l'Eglise. Je tiens à rappeler toutefois que si les prêtres qui ont gravement failli sont beaucoup trop nombreux (3% des prêtres sur 70 ans) - et un seul, ce serait déjà trop -, l'immense majorité des prêtres et des religieux sont de bons serviteurs et méritent que l'on évite tout amalgame. Les prêtres, à qui je redis ma confiance, accueilleront cependant cet inconfort dans un grand esprit de foi et d'humilité et nous profiterons de cette épreuve de vérité pour ajuster toujours mieux notre attitude vis-à-vis des fidèles, à commencer par les plus petits et les plus vulnérables: « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas » (Mc 10, 14), dit Jésus; autrement dit : mettons largement notre ministère au service de leur relation avec Dieu par la sainte humanité du Christ, présente et agissante dans les sacrements, mais sans jamais céder à la tentation de les accaparer à notre pouvoir, à notre profit et à nos désirs égoïstes. Cela est aussi vrai pour tous les laïcs engagés dans nos institutions et mouvements éducatifs - éducateurs chrétiens, acteurs de notre enseignement catholique - que je tiens à remercier pour leur engagement et leur vigilance, aidés par des protocoles éprouvés, tant dans les mouvements que dans les établissements scolaires.

A vous, chers fidèles, qui portez aussi la honte que nous éprouvons tous, je vous invite à ne pas céder au découragement ni à la défiance. Accompagnez vos prêtres, ne les laissez pas seuls, aidez-les, en vérité et fraternellement, à trouver toujours la juste attitude. Nous formons un seul corps, nous sommes les membres les uns des autres (cf. Rm 12, 5) : puisse cette épreuve nous faire grandir dans une vraie communion, voire dans la correction fraternelle (cf. Mt 18, 15-18), et nous prémunir contre tout germe de division.

En donnant aux victimes la première place dans notre prière, nous nous confierons mutuellement, en ce temps d'épreuve, à la Vierge Marie, que nous invoquons, en ce mois d'octobre, sous le vocable de Notre Dame du Rosaire : elle est notre plus puissante alliée dans les combats que nous aurons à mener, afin que l'Eglise en sorte grandie et purifiée pour annoncer au monde l'Evangile du Salut, de manière toujours plus crédible. Nous devons tout entreprendre pour accompagner les victimes dans leur chemin de guérison et faire de notre Eglise une maison plus sûre. Mais nous croyons que Jésus seul est Sauveur, lui qui a promis à son Eglise que les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle.

En me confiant à votre prière et en vous assurant de mes sentiments dévoués et fraternels, je vous bénis.

 

   + Marc Aillet


Homélie XXVIII° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXVIII Dimanche ordinaire B

Le jeune homme riche est devenu, pour des générations de personnes croyantes, un symbole de l’appel de Jésus à chacune et à chacun d’entre nous. Saint Marc situe le contexte de cette rencontre dans le cadre d’un enseignement de Jésus sur la richesse.

En effet, après que le jeune homme se soit défilé en entendant le « Si tu veux être parfait », Jésus commente cette attitude en affirmant avec force qu’entrer dans le Royaume de Dieu ne sera pas facile pour les riches ! C’est comme passer par le trou d’une aiguille, dit-il. Il faut donc prendre acte de ce contexte pour comprendre le sens de cet épisode que saint Marc nous raconte pour le bénéfice des premiers chrétiens et pour le nôtre.

Si on y regarde de plus près, on voit que l’appel du jeune homme riche est un appel qui ne s’adresse pas seulement à lui. Jésus redit l’appel qui est lancé à tous les chrétiens quels qu’ils soient. Il est porteur d’une invitation qui reprend celles des Béatitudes dont la première est « Bienheureux les pauvres car ils verront Dieu ».

D’ailleurs, en d’autres endroits de l’évangile, Jésus met en garde contre les richesses. Ici saint Marc ne dit pas que le jeune homme riche s’est éloigné et séparé de Dieu en partant avec un air penaud, mais il veut nous montrer que le jeune homme a comme manqué l’occasion qui lui était présentée d’aller au bout de son engagement de croyant, ce qui aurait fait de lui un disciple remarquable de Jésus, comme l’ont été les apôtres Pierre, Jacques, Jean et les autres.

Le jeune homme riche représente chacun et chacune d’entre nous. Dans nos vies, il se présente plusieurs situations où, comme au jeune homme riche, le Seigneur nous lance un appel. Ce peut être à l’occasion d’une perte, d’une séparation, de diminutions physiques, de problèmes de santé, d’amitiés et de joies partagées, d’une étape de vie comme le passage à la retraite, etc.

Il faut se souvenir que les appels de Dieu sont une grâce qui nous est donnée. « Jésus le regarda et il l’aima ». Ils sont le regard et l’amour de Jésus qui nous sont manifestés. Nous pouvons répondre comme le jeune homme riche : «Seigneur, j'ai bien vécu et j’ai été un bon chrétien». «Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse». Mais ce que l’évangile d’aujourd’hui illustre, c’est que cet appel est toujours à l’œuvre et qu’il n’a pas de limites. L’appel à suivre Jésus est le même pour tous comme l’évangile est le même pour tous.

Les chemins de la sainteté, pour nous comme pour le jeune homme riche, ne peuvent faire l’économie des appels évangéliques que Jésus a lancés tout au long de sa vie et qui sont résumés dans les Béatitudes. Le mot “heureux” ou “bienheureux” devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit pleinement de sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur.

Que notre rencontre fraternelle en ce dimanche soit pour nous un soutien sur les chemins de la vie et, comme les premiers chrétiens auxquels s’adresse saint Marc, redisons notre désir de suivre Jésus quels que soient les difficultés et les détachements à consentir, car, avec lui, nous entrons déjà dans le Royaume de Dieu.


Homélie XXVII° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXVII Dimanche ordinaire B

En écoutant la première lecture et l’évangile, nous abordons un sujet controversé puisqu’il touche toute l’Église et les communautés chrétiennes. Il s’agit du rapport de l’homme et de la femme, de leur union dans le mariage et de leur témoignage dans la société.

Dans l’évangile on voit que, du temps de Jésus tout comme aujourd'hui, des questions concrètes se posaient. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit des réglementations concernant le divorce par lequel un mari pouvait renvoyer sa femme.

Le temps a passé et ce ne sont plus seulement les juifs qui ont établi des règles pour le divorce. Nos états modernes l’ont fait. Ils ont prévu aussi une protection pour les couples qui ne veulent pas s’engager dans un mariage même civil. D'un autre côté, la question des divorcés remariés suscite de nombreuses interrogations dans l’Église. En 2015 le pape François a convoqué les évêques pour un Synode sur la famille, où la question a été discutée. On y a rappelé la doctrine traditionnelle de fréquenter ou non l’Eucharistie, pour les personnes divorcées et remariées, en faisant un cheminement de discernement.

Dans une société comme la nôtre où les situations de couples sont si diversifiées, où existent même des reconnaissances juridiques de couples de même sexe, les paroles de Jésus paraissent à contre-courant. Pourtant, en reprenant ce qu’on trouve dans le récit du livre de la Genèse que nous a rappelé la première lecture, ces paroles de Jésus font état d'un héritage à conserver: « Ce que Dieu a uni, que homme ne le sépare pas ». Il s’agit ici de ce qu’on a appelé, par un terme technique, l’indissolubilité du mariage que saint Paul explique clairement dans sa lettre aux Corinthiens.

Cet héritage est basé sur une vision de l'être humain dans sa nature d’être sexué, d’homme et de femme, et sur la complémentarité de ceux-ci. Toute cette vision conduit à favoriser le développement d’un amour stable dans le couple chrétien et de ce fait l’amène à produire en même temps une richesse étroitement liée à celui-ci dans la famille, laquelle, au travers des enfants, crée une nouvelle église. Les époux chrétiens deviennent, comme le dit saint Paul, une image des relations du Christ et de l’Église, avec leurs enfants ils forment le noyau d’une église domestique où tous sont accueillis.

Le document final du Synode sur la famille en 2015 le constate lorsqu'il écrit : « Dans la formation à la vie conjugale et familiale, l’approche pastorale devra tenir compte de la pluralité des situations concrètes. » J'aimerais toutefois rappeler qu'il y a un principe qui doit toujours être mis en avant, c’est celui de respecter les personnes sans les juger.

Dans les cheminements des couples qui ont la foi, il sera parfois difficile de réaliser pleinement les souhaits des paroles de Jésus, mais il faut toujours être attentif aux valeurs qui, elles, doivent être protégées et développées.

Chaque couple et chaque famille est appelé à être à sa façon une image de l’amour et de la fidélité de Dieu pour son Peuple. Les difficultés d’aujourd’hui touchent les jeunes couples en particulier, ils ont besoin de notre soutien et de notre prière.

 


Homélie XXVI° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXVI Dimanche ordinaire B

Jésus dit aux Apôtres qui veulent empêcher un homme d’agir en son nom : "N'empêchez pas celui qui agit en mon nom". "Agir au nom de Dieu, de Jésus", voilà le message des lectures d'aujourd'hui. Tous les baptisés, comme dit Paul, reçoivent de l’Esprit des dons qui sont différents selon la grâce qui leur est accordée. Et Dieu répand ces dons à profusion selon la vocation de chaque personne.

On constate que les gestes et les actions des personnes remplies de la présence de l'Esprit suscitent parfois étonnement et interrogations. Ce ne sont pas alors des gestes anodins. Ils sont qualifiés de "miracles" par Jésus au sujet des esprits mauvais qui sont chassés. Mais ce sont aussi des gestes de la vie ordinaire qui sont remplis de la présence de l'Esprit comme donner un verre d'eau, dit Jésus: "Et celui qui vous donnera un verre d'eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense".

"Agir au nom de Jésus" dans l'Esprit, ce n'est pas toujours faire des choses éclatantes. C'est d'abord laisser apparaître notre foi dans la vie de tous les jours. Dans ta famille, auprès des gens que tu rencontres, dans tes centres d’intérêts et tes loisirs, tu laisses transparaître cette source qui est en toi. Ton appartenance au Christ n'est pas une fantaisie. Tu peux vraiment dire alors comme saint Paul "Ma vie c'est le Christ". Tu peux avec humilité, affirmer que tu agis "au nom de Jésus" parce que tu l'as laissé prendre toute la place en toi.

Pour y arriver, il faut se reconnaître pécheur. Il est nécessaire de se redire souvent: "Seigneur Jésus, Fils de Dieu Sauveur, aie pitié de moi, pécheur". Agir au nom de Jésus ne nous met pas sur un piédestal. Au contraire, cela nous enfouit dans le coeur du Christ miséricordieux.

Pour avoir un coeur semblable à celui du Christ, il est nécessaire d'acquérir une liberté intérieure qui permette d'entrer dans ses sentiments. Ce cheminement vers une liberté intérieure de plus en plus grande passe par des renoncements difficiles parfois.

Saint Jacques, dans la deuxième lecture, nous dit dans des termes très puissants: "Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés par les mites, votre or et votre argent sont rouillés... vous avez recherché sur la terre le plaisir et le luxe ".

Ces exhortations sont des invitations à cultiver la liberté intérieure. Les possessions humaines: talents, argent, renommée etc, aussi bonnes soient-elles, peuvent éloigner du chemin de l'imitation et de l'union à Jésus. C'est pourquoi, il faut demander au Seigneur qu'elles ne deviennent jamais notre raison de vivre car notre demeure est au ciel.

Pour arriver à progresser sur le chemin de notre union au Christ, la prière est une des voies privilégiées. Se recueillir soit en privé soit en groupe autour de la Parole de Dieu nourrit notre proximité avec Jésus. Ainsi la prière permet d'entendre dans notre coeur les inspirations que Jésus lui-même y met.

Et alors, nous pouvons, en toute confiance, aller "au nom de Jésus" qui nous envoie et qui nous donne les dons nécessaires à cet envoi. Le baptisé est toujours quelqu'un qui est en mission, envoyé non pour parler de lui, mais pour annoncer la Bonne Nouvelle qui le fait vivre, celle de Jésus, Seigneur, ressuscité des morts et toujours vivant.

C'est toujours "au nom de Jésus" que le baptisé proclame sa foi dans sa vie, dans le quotidien.


Homélie XXV° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXV Dimanche ordinaire B

Dimanche dernier nous avons pu méditer sur la première annonce de la Passion qui a surpris Pierre au point qu’il s’est permis de prendre Jésus à l'écart et de lui faire des reproches que Jésus a rejeté sur le champ en affirmant « tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

Dans la seconde partie de l'évangile d'aujourd'hui, la dispute qui prend place entre les disciples est l'occasion pour l'évangéliste saint Marc de revenir sur l'idée de service dans la communauté chrétienne. « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Saint Marc ici nous invite à purifier, à questionner, à vérifier l'authenticité de notre service dans la communauté chrétienne.

Après avoir parlé, il prend un enfant, il l'embrasse et il dit : "Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé ».

Cette scène nous dit d'abord ce qui vient spontanément à l'esprit lorsqu'on parle du service : des gestes, des sentiments de soutien, de bienveillance, même des gestes d'affection pour les personnes: «il plaça l'enfant au milieu d'eux, il l'embrassa».

L’Evangile nous dit aussi que le service c'est de regarder l'autre, de se tourner vers les autres, non vers soi, d'aider, de se donner pour les autres, allant jusqu'à leur laver les pieds comme le fera Jésus le soir du Jeudi Saint. Jésus nous présente l'enfant comme si c'était lui-même. L'enfant est ici l'image de Jésus, le parfait Serviteur. Lorsqu'on sert les autres, c'est Jésus lui-même qu'on sert. «Jésus est dans le pauvre, dans les petits, dans l'enfant, dans l'autre, dans tous ceux et celles qui sont sans aide ni protection».

Cet enseignement de Jésus est au coeur de l'Évangile. En effet, si Jésus est présent et agissant dans l'Eucharistie, dans la Parole proclamée, dans les Sacrements, il l'est tout autant, et il l'est réellement, dans mon frère, dans ma soeur.

Voilà où les attitudes du serviteur doivent s'enraciner. Si j'ai une mentalité de serviteur, mes attitudes ne sont pas dictées d'abord par le souci de plaire, de réussir des projets, d'avoir un bon climat de travail, non, elles sont dictées par cette réalité que dans mon frère, dans ma soeur, c'est Jésus lui-même que je sers.

Si les disciples comprennent cela, ils ont déjà accueilli Dieu le Père dans leur vie : « Celui qui m'a envoyé », dit Jésus. Ils accueillent de ce fait même l'amour sauveur du Père qui s'adresse à tous et à toutes.

En conclusion, très concrètement pourquoi ne pas faire un effort dans les groupes de pastorale, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos travaux, dans nos relations humaines pour nous questionner nous-mêmes en nous demandant: est-ce que je vois le Seigneur dans les autres? Demandons-nous, en somme, jusqu'où vont nos désirs d'être, à l'exemple de Jésus, serviteurs nous aussi. Et demandons à l'Esprit Saint de nous donner la force de l'être, selon notre vocation.


Homélie XXIV° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXIV Dimanche ordinaire B

Dans notre évangile de ce matin, Jésus se lance dans une sorte de sondage pour voir ce qu’on dit et pense de lui. Jésus va de village en village. Il est maintenant aux alentours de Césarée-de-Philippe. Au cours de ces longs déplacements à pied, les conversations occupent le temps agréablement. Elles se font sérieuses par moments. Nous assistons ici à un de ces moments où Jésus procède à un sondage le concernant avec deux questions adressées à ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » et « Pour vous, qui suis-je? »

Les réponses sont des plus intéressantes. Elles nous donnent comme une photographie de Jésus, le prédicateur recherché et le guérisseur couru. Les gens reconnaissent en lui une dimension qui n’est pas le lot commun. Les gens soupçonnent chez cet homme une mission extraordinaire.

Les disciples, eux, pour répondre à la question « Pour vous, qui suis-je? » vont plus loin que les gens questionnés auparavant. Ils ont fréquenté Jésus de près. Ils l’ont écouté. Il leur a expliqué en particulier certains de ses propos, de ses paraboles. C’est Pierre qui affirmera sans hésitation que pour eux Jésus est l’Envoyé de Dieu venu apporter le salut au monde. Il est le Christ, c’est-à-dire celui qui a été choisi et qui a reçu l’onction de Dieu.

Mais ce n’est pas fini. Jésus décide de profiter de ces réponses pour aller plus loin. Jésus reconnaît sa relation particulière avec Dieu et sa mission de Sauveur, mais il entre dans les détails de celle-ci. Et c’est là que les disciples sont sidérés. Il commence par parler d’une première annonce de sa Passion dont le prophète Isaïe donne un aperçu dans la première lecture.

On comprend la surprise des disciples qui attendent un Messie qui redonnera la royauté à Israël, qui libérera les juifs du joug des Romains et qui sera comme un nouveau David. Rien à voir avec un Messie qui souffre, qui est rejeté, qui meurt et qui ressuscite.

Pierre se lance et intervient au nom du groupe. « Cela ne se passera pas ainsi.» Et Jésus, tout entier consacré à sa mission, rejette de façon brutale l’intervention de Pierre : « Retire-toi, tu es comme Satan qui essaie de me faire dévier de ma mission. Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Jésus est déjà tout imprégné des attentes de Dieu sur lui. Il a cheminé et il sait que le plan de Dieu pour le salut de l’humanité passe par un amour fou.

Écoutons les mots mêmes que les premiers chrétiens ont retenu de cette intervention de Jésus. Tout d’abord : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Prendre sa croix n’est pas autre chose qu’imiter Jésus, que le suivre. L’important est la relation personnelle avec lui qui entraîne le disciple dans celle que Jésus lui-même vit avec Dieu son Père. Deuxième phrase à retenir : «Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera».

Jésus nous invite à faire les choix qu’il propose et à mettre à la base de ceux-ci les Béatitudes qui sont la « carte d'identité» du véritable disciple de Jésus. Que cette Eucharistie soit une occasion de cheminer tout à côté de Jésus qui y est présent réellement par sa Parole et par son Pain. À la table de la Parole et du Pain, nous l’écoutons et nous nous nourrissons de sa vie pour être des témoins, nous aussi, de l’amour de Dieu pour toute l’humanité.


Homélie XXIII° ordinaire BAuteur :

XXIII Dimanche ordinaire B

L’évangile d’aujourd’hui nous raconte un autre miracle de Jésus. On s’imagine bien la scène. Il amène le sourd-muet à l’écart, il lui met les doigts dans les oreilles, puis avec de la salive, il lui touche la langue et il le guérit. C’est l’allégresse et la joie tout autour. C’est admirable. Un autre miracle parmi les nombreux miracles qu'a fait Jésus. Jésus (ne fait pas) n’accomplit pas des miracles pour la galerie, il y a toujours un message derrière les miracles. Avec celui d’aujourd'hui, le message tient (dans) en un mot important dans l’Évangile; c’est « Effata », un mot en araméen, la langue de Jésus, qui se traduit par «Ouvre-toi».

Jésus ne dit pas aux oreilles « Ouvrez-vous », à la bouche « Ouvre-toi », c’est à l’handicapé, au sourd et muet lui-même qu’il dit « Ouvre-toi ». C’est un peu comme s’il lui disait : « Écoute, il ne suffit pas d’entendre des mots, il faut aussi écouter, accueillir avec son cœur. Il ne suffit pas de dire des mots, de parler, il faut aussi communiquer. »

Jésus nous enseigne ici que l’important dans les relations, c’est la personne. « Tu parles plus par ce que tu es que par ce (que par ce) que tu dis ». Jésus veut que notre cœur et toute notre personne se mettent à l’écoute de ses paroles. Ses paroles, il nous les dit à l’écart, dans l’intime de notre cœur. Il vient guérir et sauver toute la personne, donner un sens à sa vie. Entendre et parler sont des images pour nous faire comprendre comment ouvrir nos coeurs aux paroles de Jésus et les (dire) transmettre autour de nous lorsque l'occasion se présente (et) pour devenir(s) à notre façon des témoins de l'Évangile de Jésus.

Si nous accueillons le salut de Dieu avec Jésus, tous les miracles sont possibles. Voilà le message de l’Évangile d’aujourd’hui : Ouvrez vos cœurs à Jésus et avec lui vous verrez, dans vos vies, des changements, de belles choses.

Cette leçon, ce message, tombe bien en ce début de septembre. Nous retournons à nos occupations. Les enfants retournent en classe. Diverses activités se préparent, sociales ou pastorales, pour l’automne. C’est une période nouvelle qui commence avec la reprise de nos activités habituelles durement touchées par la Covid depuis un an et demi. Grâce à Dieu, la 4e vague est en train de passer.

Au lieu de voir ce temps comme un fardeau après l’été, pourquoi ne pas s’ouvrir à de nouvelles activités, à un nouveau rythme de vie avec confiance et en profiter pour nous renouveler nous-mêmes.

Pourquoi, durant la semaine, ne pas nous arrêter un petit moment « à l’écart » pour faire à Jésus une prière où nous lui dirons notre ouverture vis-à-vis de ce qui nous attend dans les prochains mois ? Nous pourrions aussi dans cette prière (en silence) silencieuse écouter ce qu’il nous inspirera comme priorité.

C’est ainsi, mes frères et sœurs, que le salut de Jésus continuera d’être créateur dans nos vies concrètes, comme il l’a été pour le sourd-muet qu’il a changé totalement. Jésus nous changera pour le mieux nous aussi. C’est ce que je vous souhaite de tout cœur à tous. Les miracles sont toujours possibles.


Homélie XXII° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXII Dimanche ordinaire B

L'évangile d'aujourd'hui nous invite à mettre les choses à la bonne place, à laisser de côté ce qui est accessoire et non-essentiel, à dépasser les pratiques de toutes sortes pour aller au fond de l'âme, au fond du cœur des personnes, pour accueillir les « dons les meilleurs » qui viennent d’en-haut.

Jésus discute avec les autorités de l’époque du lavage des mains avant les repas. On constate avec la pandémie que nous vivons actuellement que ce n'est pas banal. Le lavage des mains est devenu une pratique obligatoire un peu partout maintenant.

Pour les Juifs du temps de Jésus, il ne s'agissait pas seulement d'une pratique sanitaire, mais aussi d'une prescription religieuse à laquelle on ne pouvait en aucun cas se soustraire. Jésus ici apporte une nuance et il n'en fait pas un absolu religieux. Ce qui fait qu'il laisse ses disciples passer par-dessus cette prescription.

Jésus ne dit pas de ne pas se laver les mains, mais il profite de cette discussion pour délivrer un message. Le voici en deux mots : ce qui est caractéristique de ses disciples, et donc de nous aujourd’hui, c’est que la religion et la morale vont ensemble. Il n’y a pas de séparation: les rites extérieurs, les comportements extérieurs pour faire le bien, cela doit aller avec le cœur, avec l’intérieur.

Parce que Jésus veut que ce que l’on croit se manifeste dans notre agir. Il invite à aller au-delà des pratiques et des rites. Comme le dira saint Jacques plus tard dans sa lettre: «Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde».

Ceci étant dit, il ne faudrait pas, en parlant de ce message de Jésus, juger le monde autour de nous, car parfois les actions extérieures posées peuvent s’expliquer de diverses façons et seul Dieu sonde les reins et les cœurs; comme on dit c’est l’intention qui compte, ce qu’il y a dans le cœur. Dieu voit dans le secret.

Jésus dénonce, en passant, les personnes qui laissent leur intérieur s’enténébrer et qui ainsi produisent toutes sortes de comportements malsains. Jésus nous invite à réveiller notre conscience et à développer une conscience droite. Trop souvent, on la laisse s’endormir. On agit sans trop se poser de questions. On prône une tolérance excessive, une liberté sans retenue, une spontanéité sans questionnements. Or ici Jésus nous montre que toute morale vraiment chrétienne et évangélique c’est la conscience qui se laisse éclairer et guider par la foi et par l’évangile.

Aujourd’hui, il faudrait peut-être penser à restaurer l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, s’isole pour se poser la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si on ne s’arrête pas de temps à autre, on s’endort.

Aujourd’hui Jésus nous invite par Sa parole à nous arrêter, à nous interroger sur nos motivations pour faire la lumière sur ce qui est à l’intérieur de nous. Ce que Jésus veut, c’est qu’on agisse avec une liberté intérieure, par nous-mêmes, en prenant nos responsabilités au sérieux. Que cette messe nous aide à nous ouvrir de plus en plus à la lumière de Celui qui est pour nous le Chemin, la Vérité et la Vie.


Homélie XXI° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XXI Dimanche ordinaire B

Ce dimanche nous avons la conclusion des quatre dimanches précédents sur le pain de vie où la foi des apôtres et la nôtre est mise à l’épreuve. Aujourd’hui, il y a trois choses à retenir du texte de l’évangile qui vient d’être lu.

Premièrement: avoir la foi ce n’est pas tout comprendre. Jésus n’explique pas comment il se fera chair et sang, il en rajoute même en annonçant sa résurrection: «Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !». Il met ses disciples en dificulté. Les autres qui l’écoutent s’en vont. Et Jésus demande aux douze apôtres: «Voulez-vous partir, vous aussi?»

C’est une question claire un peu comme celle d’un époux qui demande à sa conjointe ou d’une épouse qui demande à son époux: « M’aimes-tu moi tel que je suis, as-tu confiance en moi? » On n’attend pas des explications, ni une longue discussion, mais une réponse claire: un oui ou un non qui se manifeste par une parole. Le « oui » c’est la confiance en une personne.

Ainsi saint Pierre et les apôtres restent avec Jésus parce qu’ils ont foi en lui, ils ont une confiance totale en lui. Tout comprendre n’est pas une exigence de la foi, mais faire confiance à Jésus l’envoyé de Dieu qui ne peut me tromper, voilà la foi que Jésus demande.

En second lieu, croire c’est aussi rester avec Jésus. Rester avec parce qu’on le veut. Dieu nous laisse libres. On peut partir comme les Juifs… Ne pas croire. Rester avec Jésus veut dire qu’on désire le fréquenter, que notre foi va cheminer, va s’approfondir.

Si on continue de rester avec Jésus, il y a peut-être des choses à changer ou encore à améliorer. Il y a même certains risques, car suivre quelqu’un peut nous réserver des surprises, nous engager sur des chemins inconnus. Au cours de la vie, il y a des choix à refaire. On recommence tous les jours comme dans le mariage où on doit rechoisir le conjoint chaque jour.

En troisième lieu: Croire c’est changer petit à petit notre vision des choses Le chrétien croyant cherche à découvrir le côté caché, invisible de l’existence. Il est comme les apôtres qui voient, par la foi, en Jésus qu’ils touchent et avec qui ils mangent « le Saint, le Saint de Dieu » comme il est dit à la fin de notre évangile. Dans Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry fait dire au Renard : « Adieu, voici mon secret, on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Ainsi dans la foi, on n’arrive à l’essentiel qui est spirituel, invisible, caché bien souvent, que si on y met tout notre cœur.

Mais ce n'est pas facile, on le voit dans notre évangile où plusieurs refusent les paroles de Jésus. Ils ne veulent pas entrer en relation avec lui. « Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas… À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner ».

Les autres disciples, même s’ils n’ont pas encore tout compris, font confiance. Ils s'ouvrent à l'invisible, à ce qu'ils ne comprennent pas. Leurs regards, leurs pensées et leurs actions se laissent inspirer par les paroles de Jésus : «Tu as les paroles de la vie éternelle ». Que notre participation au Corps et au Sang du Christ nous aide à découvrir, comme les apôtres, cet essentiel, invisible pour les yeux, qui est la personne même de Jésus, lui qui a les paroles de la vie éternelle.


Homélie Assomption BAuteur : Père Arturo

ssomption de la Vierge Marie

Ni dans le Nouveau Testament, ni pendant les premiers siècles de la vie de l'Église, il n'y a de témoignages sur l'assomption de Marie au ciel. Les premières données connues sur la fête de l'Assomption datent du VIe siècle. La croyance à l'Assomption s'est imposée au Moyen Âge.

Le dogme de l'Assomption a été officialisé par le pape Pie XII le 1er novembre 1950 alors qu’on célébrait la fête de l’Assomption depuis des siècles. Dans cette proclamation du dogme de l'Assomption, le pape dit : «Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.»

Il y a deux choses à retenir dans cette proclamation : d’une part, la fin du cours de la vie sur terre de Marie, sa mort paisible tel un sommeil, que la tradition appelle la « Dormition de la Vierge » et, d’autre part, la montée de Marie au ciel, son « Assomption » qui est la non-corruption de son corps et sa montée au ciel. L’Assomption ne veut pas dire que Marie n’est pas morte. Elle veut dire que sa mort paisible a été suivie immédiatement de sa montée au ciel près de son Fils Jésus ressuscité qui y siège à la droite de Dieu le Père.

Si nous nous demandons quel est pour nous le sens de ce mystère de l’Assomption de Marie, nous comprenons facilement qu’il est comme le sommet d’une vie toute donnée à Dieu. Ce don a commencé dans la réponse à l’ange Gabriel : « Qu’il m’advienne selon ta parole ». Par ce oui, Marie acceptait, dans la foi elle aussi, de porter en elle en tant que maman le Sauveur du monde. Et tout de suite, comme nous le raconte l’évangile qu’on vient de lire, elle est partie visiter sa cousine Élisabeth enceinte de Jean le Baptiste, le précurseur du Messie qui plus tard baptisera Jésus.

Élisabeth reconnaît la grâce que Dieu a faite à Marie et lui dit : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni ». La suite de l'extrait de l'évangile que je viens de lire reprend les paroles du Magnificat que saint Luc met dans la bouche de Marie. Ce poème chante le salut offert par Dieu en Jésus, le fils de Marie et le Sauveur qu’il donne à son peuple.

Comme Marie nous avons à devenir pauvre ou à le rester pour accueillir le don de Dieu. Notre pauvreté, comme celle de Marie, est une ouverture et une disponibilité totale à la volonté de Dieu.

Et déjà nous pouvons non seulement la prier, mais nous unir à elle dans la gloire du Ciel. Cette gloire qui est la sienne maintenant ne l’empêche pas de se pencher vers nous comme une mère vers ses enfants. Retenons que c’est le rôle particulier et unique de Marie au ciel de rester toujours tournée vers ses enfants de la terre. Elle est toujours à l’écoute.

Cette solennité est une excellente occasion de faire mémoire de ce qu'a été la vie de Marie dans ce monde et de renforcer nos convictions chrétiennes. Que cette Eucharistie où nous sommes rassemblés par la présence de Jésus dans son Corps et dans son Sang, nous garde proches de sa Mère qui l’a rejoint dans la gloire du ciel. Dans l'attitude de Marie et son Magnificat, je trouve le fondement de ma vie et de ma vocation. C'est une excellente journée pour rendre grâce pour tous les dons reçus et pour méditer sur ces 23 années de ministère et de quête du divin.


Homélie XIX° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XIX Dimanche ordinaire B

Aujourd’hui nous voyons le prophète Élie qui parle au nom de Dieu. Il interpelle, il ouvre à ce que Dieu désire pour son peuple. Il fait connaître les volontés de Dieu. Un prophète intervient souvent dans l’adversité pour inviter le peuple hébreu à garder courage, pour lui dire que son Dieu est toujours fidèle à l’Alliance qu’il a faite avec Abraham et Moïse. Parfois le prophète est aussi quelqu'un qui dérange, car il combat les idées préconçues sur Dieu.

L’histoire du prophète Élie dans la premiere lecture, est une image remplie d'enseignements pour chacun de nous. Pour nous aussi, la route de nos vies se fait parfois longue, lourde, remplie d’obstacles, de souffrances, de difficultés de toutes sortes, de maladies, de deuils etc. Bien souvent nous nous retrouvons démunis. Il peut aussi arriver que nous ayons posé des gestes qui ont fait beaucoup de mal. Nous pouvons avoir atteint les limites du supportable et penser que la meilleure solution serait de mourir.

Mais c’est là où les paroles de l’Évangile prennent tout leur sens. Sur notre route quelle qu’elle soit, il y a un pain de vie, pour la route du quotidien. C'est un pain pour nous garder en vie, c’est un pain pour restaurer notre vie, c‘est un pain qui est aussi Parole, parole de tendresse, d’amour, de pardon. Ce pain c’est l'Eucharistie.

Il est important que chaque dimanche nous profitions de la messe dominicale pour venir nous nourrir. Nous pouvons même le faire plus souvent. Certaines personnes le font chaque jour. Notre pain de vie c’est le Corps de Jésus présent dans l’Eucharistie.

Jésus nous redit ce jour en répondant aux récriminations et à l’incrédulité des personnes qui l’entourent : « Prenez, mangez, buvez, Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel: si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.» La chair dont parle ici Jésus ce n’est pas son organisme biologique, c’est toute sa personne vivante et agissante par ses actes et ses paroles.

L’Eucharistie vient nourrir notre propre histoire de la présence de Jésus lui-même comme la nourriture qui a relevé le prophète Élie. Cette présence nous relève, nous remet debout quels que soient nos manques, nos péchés. Elle nous redonne force et énergie pour reprendre ou simplement continuer notre route vers la montagne de Dieu, où nous attend le Père. L’Eucharistie nous permet de vivre notre vie la tête haute et de marcher jusqu’à Dieu lui-même parce que Jésus nous en fait la promesse: «Le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas… si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ».

Que cette messe aujourd’hui soit ce moment de ressourcement et que la communion que nous ferons nous fortifie et nous soutienne comme la nourriture que l’ange a fournie à Élie pour qu’il continue sa route. Ainsi au terme de notre vie terrestre, nous pourrons entrer dans la vie qui ne finit pas et qui est déjà commencée pour la continuer en union avec le Christ toujours vivant dans la gloire du ciel.


Homélie XVIII° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XVIII Dimanche ordinaire B

Aujourd’hui, les lectures nous parlent de nourriture, les cailles et la manne, présentées comme une nourriture merveilleuse. De cet épisode de l’Ancien Testament qui a inspiré Jésus dans le passage de l’évangile qu’on vient de lire, il ressort deux choses importantes que Jésus veut nous faire comprendre: croissance et soutien de la vie qu'il applique à la nourriture que lui-même nous donne.

En premier lieu, la nourriture est là pour assurer le développement et la croissance des êtres. Voilà donc une première caractéristique de toute nourriture: la croissance et le développement de la personne.

La deuxième caractéristique de la nourriture, c’est le soutien de la vie. C’est grâce à la nourriture que nous demeurons en vie. Sans nourriture, pas de vie.

Dans le passage de l’évangile, Jésus, après avoir fait le miracle de la multiplication des pains, nous enseigne des leçons. Il commence par une invitation: «Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme.»

Jésus veut sensibiliser ses auditeurs à ce qui est important dans la vie. Il faut être conscient que les besoins physiques ne sont pas les seuls que nous ayons. En tant qu’humains, nous sommes des êtres non seulement corporels mais aussi spirituels par notre intelligence et notre esprit. Nous en avons besoin si nous voulons croître et nous développer comme personne humaine. Jésus ajoute que toutes ces nourritures humaines, physiques ou spirituelles n’apportent pas ce que lui-même donne. Elles sont limitées alors que la nourriture qu’il donne, lui, est bien supérieure, car elle conduit à la vie éternelle.

Par la suite, Jésus continue en révélant que cette nourriture spirituelle qu’il donne, et dont toute personne humaine a besoin a son origine en Dieu. La multiplication des pains est l’occasion pour Jésus de nous révéler la nourriture dont notre être a besoin. Ce serait une vision incomplète que de se limiter aux nourritures humaines, physiques, intellectuelles ou même spirituelles, en les séparant de leur auteur qui est Dieu, lui qui les donne comme un père qui nourrit ses enfants.

Notre Dieu est un Père qui s’occupe de nous nourrir pour nous faire grandir et nous développer dans la foi en nous gardant remplis de la vie même de Dieu qui est en nous par le sacrement du Baptême. Aujourd’hui et toujours, prenons la peine de répéter avec confiance la prière que font les disciples: «Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là».

Ce pain-là viendra au moment où nous aurons faim. Il sera donné en abondance. Il permettra d’avancer avec vigueur sur la route qui est la nôtre par les voies où le Seigneur nous conduit. Que cette Eucharistie qui nous présente la vraie nourriture que Dieu donne soit notre vie et qu’elle se développe en vie éternelle pour tous, ce que je vous souhaite de tout cœur


Homélie XVII° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XVII Dimanche ordinaire B

Sur le sol de la petite église de Tabgha en Israël, qui a été plusieurs fois détruite et restaurée, ce qui retient l’attention, c’est la mosaïque au pied de l’autel principal. On y voit deux poissons assez gros et au centre un panier avec des pains.

La multiplication des pains que raconte saint Jean est un signe fort dans le ministère de Jésus. Il est décentré de lui-même et se préoccupe de donner à manger à ceux qui le suivent. Il le fait ici de façon matérielle, mais sa mission est de les nourrir par sa parole, son exemple et ses enseignements.

Quand il dit à ses apôtres : « Donnez-leur vous-mêmes à manger », il les invite à faire eux aussi comme il fait. On comprend qu’ils se demandent comment ils vont faire avec cette foule nombreuse. Pourtant ils le font en faisant confiance à Jésus.

Nous nous demandons comment faire pour rejoindre ces nombreux frères et sœurs qui ont faim non seulement de pain matériel mais de sens à leur vie. La nourriture dont ils ont besoin, c’est Jésus lui-même. À nous de les inciter à s’ouvrir à une rencontre personnelle avec Jésus. Ce qui n’est pas toujours facile, même pour nous qui sommes déjà baptisés et disciples de Jésus.

A cette merveilleuse réalité de l’action de Jésus toujours vivant au cœur de notre monde, s’ajoute l’assurance que son action dépasse tout ce qu’on peut imaginer. C’est ce que signifient les douze paniers en surplus. L’action de Dieu n’est jamais limitée. Ses voies ne sont pas nos voies. Quand il agit, il le fait avec largesse et en abondance.

C’est ce qui est arrivé à Élisée comme nous le raconte la première lecture. Faisant confiance à Dieu avec seulement vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac, il nourrira cent personnes, « car ainsi parle le Seigneur: ‘On mangera, et il en restera.’ »

Ce beau récit de la multiplication des pains peut servir à nous motiver dans notre vie chrétienne aujourd’hui. Plutôt que de rester accroché au merveilleux qui est présenté dans ce récit, il est important d’aller au message qu’il apporte.

« Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt » dit le proverbe. L’idiot ne sait pas voir ce que le signe qui lui est fait indique. Ne faisons pas la même chose avec les miracles de l’évangile qui sont toujours pour nous des signes à déchiffrer bien sûr, mais des signes qui nous révèlent des vérités essentielles de notre foi.

Ne sommes-nous pas appelés à être nous aussi nourriture pour nos frères et sœurs, pour notre entourage, pour le monde? La personne baptisée ne s’isole jamais. Elle accepte d’être mangée par ceux qui ont besoin de sa présence et de son amour. Ce n’est pas toujours évident, ni toujours facile, mais Jésus nous redit ce matin à chacun : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

 

 


Homélie XVI° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XVI Dimanche ordinaire B

De quoi s’agit-il dans l’Évangile d’aujourd’hui? Derrière ces scènes charmantes sur le bord du lac de Galilée, une constante se dégage : Jésus attire les foules. Nous voyons ici comme ailleurs dans l’évangile les gens courir après Jésus au point de lui enlever le temps de repos qu’il était en droit de prendre. Jésus et les apôtres qu’il a envoyés en mission ne peuvent se dérober aux foules qui ont le désir de les entendre de nouveau.

C’est bien sûr la personne même de Jésus qui attire : il fait des miracles, il guérit autour de lui, il est à l’écoute des gens, il ne condamne pas, il va vers les plus démunis et vers les petits. Jésus a sûrement été une personne fascinante qui attire les foules par sa simplicité, son ouverture et sa proximité avec les plus pauvres.

Ce qui attire les foules c’est l’enseignement, le message qui est livré. De Jésus, saint Marc dit : « Il se mit à les instruire longuement ». Il les enseignait longuement. Il ne s’agit pas d’un message théorique, de vérités à croire seulement ou d’une doctrine intellectuelle, mais d’un enseignement qui apporte aux gens une parole d’amour et d’espoir. Jésus n’impose pas de fardeaux, il ne vient pas écraser les personnes, il vient les libérer, les rendre responsables et libres. Des paroles qui ouvrent sur la compassion, la bonté et l’amour du prochain qui est le message central de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres. »

Aujourd’hui, en tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à apporter au monde ces paroles d’espoir, d’amour, de tendresse et de compassion dont il a tant besoin. Laissons-nous émouvoir comme Jésus pour les foules dont on nous dit qu’il était pris de pitié devant elles.

La vraie pitié, c’est la bonté, la compassion. Compatir, c’est se laisser toucher le cœur, se mettre à la place de l’autre, prendre le temps de le comprendre, de l’écouter, de lui apporter aussi de l’aide quand on peut . C’est cela que veut dire l’évangéliste saint Marc lorsqu’il note que Jésus regardait les foules avec pitié.

Retenons cette leçon si vous le voulez bien, et essayons nous aussi de regarder les gens autour de nous avec pitié, c'est-à-dire avec bonté et compassion. Au besoin, demandons au Seigneur de changer nos cœurs, et acceptons de donner parfois de notre temps pour aider. Ce qui est important, c’est que les malheurs des autres ne passent pas inaperçus à côté de nous.

Hélas ! Notre société invite plutôt à la dureté, c’est pourquoi les catholiques croyants doivent lutter de diverses façons pour que la bonté, la compassion pour les autres soient au rendez-vous dans notre société.

Que cette Eucharistie nous aide à partager un peu plus ce que nous avons, pas seulement nos ressources, notre argent, mais surtout notre cœur, notre temps, notre sourire, et pour finir, notre vie.


Homélie XV° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XV° Dimanche ordinaire B

Il y a des fois où il est difficile de bien saisir le message de l’évangile le dimanche. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Si nous regardons de plus près ce que Jésus fait aujourd’hui avec les Douze Apôtres, nous pouvons penser que c’est un peu, toutes proportions gardées, ce qu’il veut faire avec chacun de nous.

Aujourd’hui, il envoie ses disciples en mission en leur donnant des conseils, qui s’adressent également à chaque chrétien envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle autour de lui. Les apôtres d'aujourd'hui, c'est nous. Dieu compte sur nous pour l’évangélisation du monde, pas seulement sur le pape, les évêques et les prêtres, mais sur tous.

Pourquoi Dieu compte-t-il ainsi sur nous? La réponse se trouve dans la deuxième lecture où saint Paul nous dit que Dieu nous a comblés de sa bénédiction. Il a fait de nous ses enfants. Il nous a choisis. Il nous a prédestinés à être des fils et des filles de Dieu.

Alors si Dieu nous a beaucoup donné, nous devons donner à notre tour. S'il nous a fait connaître son amour pour nous, nous devons en retour le faire connaître autour de nous. Dieu compte sur nous pour répandre la Bonne nouvelle.

Comment faire pour évangéliser? L’évangile d’aujourd’hui nous donne une réponse. Qu'est-ce que Jésus donne comme conseils aux Douze? Il dit de ne rien emporter sinon un bâton, d’aller deux par deux, sans argent, pas de sandales, pas de vêtement de rechange, et si on refuse de les accueillir, d’aller ailleurs. Ces conseils sont bien adaptés à la vie en Palestine au temps de Jésus, mais ils ne sont pas à prendre à la lettre. Toutefois, même s’il faut savoir adapter nos manières de faire pour parler de Dieu, il faut se rappeler qu’il y a des choses qui ne changeront jamais.

Pour annoncer l’Évangile, il faut tout d’abord se débarrasser de l’accessoire, de ce qui n’est pas important. C’est la simplicité qui compte. Ce qu’il faut donc, c’est une richesse d’amour dans le cœur pour nos frères et sœurs. Le reste, l’accessoire: argent, techniques de marketing, publicité, tout cela est utile mais jamais indispensable.

Ensuite, Jésus nous dit que le succès de notre évangélisation ne dépend pas uniquement de nous. «Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison…» Le résultat de l'évangélisation ne dépend pas seulement de nos efforts, mais de la grâce de Dieu.

Aujourd’hui on rencontre souvent des insuccès. Autrefois tous étaient chrétiens: beaux-frères, belles-sœurs, cousins et cousines, amis, relations, voisins. Aujourd’hui beaucoup autour de nous ont tourné le dos à l’Église, à Jésus parfois, et se disent même athées. C’est une souffrance. En écoutant Jésus ce matin, nous sommes invités à respecter la liberté des personnes et à poursuivre nos efforts et notre prière avec patience et persévérance. Il ne faut pas se décourager trop vite, et même si les fruits se font attendre, il faut continuer sans se lasser. Il faut faire confiance à la grâce de l'Esprit qui la fera croître et s’épanouir, car c'est Dieu qui donne la croissance, comme dit saint Paul.

Le message de l’évangile de ce dimanche est clair: annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour nous, c’est notre mission à tous et à toutes. Nous avons beaucoup reçu, il est normal de donner en retour. Que cette Eucharistie nous aide à être toujours de plus en plus, à la suite de Jésus, la lumière du monde et le sel de la terre.


Homélie XIV° ordinaire BAuteur : Père Arturo

XIV Dimanche ordinaire B

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. » Cette phrase est même devenue un dicton dans le langage courant. L’épisode de la vie de Jésus qui nous est raconté aujourd’hui est assez banal en somme. C’est le fils du village qui s’est fait connaître dans tout le pays qui revient chez lui.

L’accueil n’est pas aussi sympathique qu’on pourrait l’espérer vue la renommée de Jésus à l’extérieur de Nazareth. Quelque chose ne fonctionne pas. La communication ne se fait pas. C’est un faiseur de miracle, il cherche à impressionner, il se prend pour un autre, pensent-ils en eux-mêmes.

Ces situations d’incompréhension, de non-acceptation, nous les avons vécues nous aussi parfois, j’en suis sûr. Comme prêtre, j’ai reçu beaucoup de confidences de jeunes qui ne se sentent pas compris de leurs parents, de personnes âgées qui ne savent plus quoi faire et qui se sentent abandonnées, de couples dont la relation est difficile parce qu’ils ne dialoguent pas.

La visite à Nazareth que saint Marc nous raconte ne marche pas pour Jésus. Il est réduit à l’impuissance. Il ne fait là aucun miracle. Malgré cette hostilité, il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu, même à des gens au visage dur et au cœur obstiné. Jésus n’insiste pas. Chaque chose en son temps. Il s’en va sans chercher à s’imposer.

Jésus vient vers nous mais il ne s’impose pas. Il est écrit dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.» C’est ce que Jésus attend de nous : une ouverture du cœur. Il ne regarde pas qui est la personne. Il regarde le cœur.

Bien souvent, lorsque le Seigneur passe, les portes se referment comme à Nazareth et on cherche des prétextes de toutes sortes pour se justifier, des prétextes pour ne pas croire au salut de Dieu, à sa tendresse, à sa miséricorde, à son amour.

On ressemble alors aux gens de Nazareth qui cachent leur incrédulité, leur manque de foi derrière des paravents, des préjugés : « on connaît ses parents », « il n’est pas mieux que nous », « pour qui se prend-il? ».

Cela dérange de croire vraiment en Dieu, de pratiquer sa religion alors que beaucoup s’en détournent. Croire aujourd’hui n’est pas aussi facile qu’auparavant. Cependant il y a de beaux gestes d’hommes et femmes qui n’ont pas peur de dire qu’ils sont croyants et même pratiquants. Jésus attend de nous un cœur ouvert. Il nous redit le même message qu’à saint Paul dans la seconde lecture: « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse »

« Esprit Saint, nous t’en prions : maintiens en nous la confiance face à notre manque de foi, face à nos échecs de croyants et face aux échecs de l’Église. Toi qui es toujours à l’œuvre dans le monde et dans nos cœurs, garde l’Église et garde-nous debout malgré les difficultés, les incompréhensions, à l’image du prophète Ezékiel ».


Homélie Sainte Trinité BAuteur : Père Arturo

Sainte Trinité B

En commençant le temps ordinaire, la liturgie dominicale met devant nos yeux le mystère de la Très Sainte Trinité. Elle le propose à notre méditation mais non d’une façon intellectuelle. Beaucoup de gens croient en Dieu. Les musulmans, par exemple, affichent leur foi en un Dieu unique comme le font aussi les Juifs. La première lecture nous le dit clairement : « C’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre ».

Nous croyons en un Dieu Père, Fils et Esprit Saint. Le texte de saint Matthieu est clair là-dessus : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Les chrétiens ont reçu cette mission et l’ont intériorisée au cours des siècles, notamment durant les premiers temps de l’histoire de l’Église où l’on s’est posé un certain nombre de questions telles que : « Le Fils est-il en-dessous du Père ? », « Jésus est-il Dieu ? » ou encore « L’Esprit Saint est-il une personne ? » etc. On est parvenu, à force de prière et de méditation, à une synthèse vivante de la foi en la Trinité où ce sont les relations des trois Personnes entre elles et avec nous qui prennent le devant de la scène.

Le salut annoncé nous est donné dans une vie nouvelle, dans une communion intime avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint. Dieu ne s’est pas contenté de nous faire savoir qu’il existait, ce qui est déjà très beau, mais il nous a révélé qu’ils sont trois à l’œuvre dans le monde pour sauver toute l’humanité : le Père qui nous aime, qui veut notre salut, qui est à l’origine de notre salut; le Fils, l’envoyé du Père en qui se réalise notre salut par sa Mort et sa Résurrection, et le Saint-Esprit qui habite en nos cœurs, qui nous fait vivre et prier en fils et filles de Dieu.

Voilà la Parole de Dieu qui nous est proposée aujourd’hui: notre Dieu est un Dieu Vivant, il n’est pas une abstraction, un Dieu lointain, froid et impersonnel, mais il est un Dieu en qui se vivent une communion et des relations vivantes. On pourrait dire que la Trinité est comme une famille où chacun et chacune a sa place et où chaque personne contribue à l’unité de l’ensemble.

Quelle est maintenant la portée actuelle de cette révélation du Dieu Un et Trine ? Cette révélation qui rejoint nos cœurs est évoquée à chaque fois que nous faisons le signe de la Croix où nous disons, un peu machinalement parfois, « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Ce signe de la croix que nous traçons sur nous en l’honneur des trois personnes de la Trinité n'est pas un geste proposé à notre seule intelligence. Savoir qu'il y a trois Personnes en Dieu et un seul Dieu, c’est bien, c’est même très bien, mais aujourd’hui la Parole de Dieu nous montre que la Trinité c’est le mystère d’un Dieu présent dans nos vies et dans son Église. C’est l’expérience vitale de quelqu'un qui se rend compte que, par le Baptême reçu, il est en communion avec des personnes vivantes. Quelqu'un qui se sait fils ou fille d’un Père qui l’aime.

Chers frères et sœurs, est-ce que c’est cela le mystère de la Sainte Trinité pour vous ? Est-ce que c’est cette relation vivante avec un Dieu Père, Fils et Saint-Esprit qui agit dans nos vies, avec qui nous partageons la vie nouvelle ? C’est ainsi que les paroles de notre Credo ne sont plus vides de sens, mais pleines d’une richesse vivifiante : «Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, je crois en Jésus-Christ, son Fils unique notre Seigneur, je crois au Saint-Esprit ».

 


Homélie Pentecôte BAuteur : Père Arturo

Dimanche de Pentecôte B

La fête de la Pentecôte est une des plus grandes fêtes de l’année liturgique. Elle termine le cycle liturgique de Pâques. Les textes que nous avons lus ont une chose en commun : ils redisent que l’Évangile qui a été annoncé par Jésus a une dimension universelle. Il ne s’agit pas du message d'un club sectaire et fermé, mais d’un message à portée universelle.

Saint Luc, dans la description qu’il donne de l’événement de la Pentecôte qu’ont vécu les apôtres, Marie, la mère de Jésus et quelques autres disciples, insiste tout au long de son récit pour signifier que ce moment est une mission tournée vers le monde entier.

Ainsi, comme illustration, il nous présente un phénomène où tous entendent les disciples « parler dans leurs langues des merveilles de Dieu ». « Chacun d’eux entendait (ent) dans son propre dialecte ceux qui parlaient » écrit-il. Phénomène inexplicable scientifiquement, mais signe évident de l'universalité du message de Jésus qui rejoint tout le monde, peu importe son histoire, son origine ou sa langue. «Chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit » commente saint Luc.

Voilà un message important à retenir : le don de l’Esprit n'est pas une charge qui écrase, mais plutôt un souffle qui libère ce qu’il y a de mieux en chacun et chacune de nous. L’Esprit nous est donné, comme pour les apôtres, Marie et les disciples, pour nous permettre d’être nous-mêmes à la suite de Jésus. Dans l’Évangile, Jésus dira que le rôle de l’Esprit est de recevoir ce qui vient de lui, Jésus, pour nous le faire connaître.

Comment bien discerner l’action de l’Esprit? Nous avons la réponse en relisant l’extrait de la lettre de saint Paul aux Galates qui nous est présenté ce matin. Pour saint Paul, le fruit de l’Esprit a plusieurs facettes : il est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Et il explique que là, ce n’est pas la Loi qui intervient, c’est l’action de l’Esprit qui se manifeste.

Toutes ces facettes de l’action de l'Esprit se résument dans le premier mot qu’emploie saint Paul et qui contient tout le reste : le fruit de l’Esprit est l’amour. Ainsi, se manifeste le grand mouvement qui habite la Trinité où l’Esprit Saint est l’Amour du Père et du Fils que Dieu nous donne avec abondance lorsque nous savons l’accueillir.

Les apôtres l’ont fait et ils ont été transformés pour toujours. De peureux qu’ils étaient, ils sont devenus des missionnaires qui sont allés partout. De pauvres pêcheurs illettrés, l’Esprit a fait des prédicateurs charismatiques. D'hommes et de femmes sans moyens, mais à présent remplis de l’Esprit, il les a conduit à manifester la puissance de Jésus Ressuscité.

Ce qu’il y a de beau dans la fête d’aujourd’hui, c’est qu’elle n’est pas qu’un simple souvenir, mais la prise de conscience dans nos vies et dans nos communautés chrétiennes de l’action de l’Esprit Saint que Jésus dans l’évangile appelle le Défenseur ; ce Défenseur qu’il a promis de nous envoyer d’auprès du Père et qui restera avec nous pour nous permettre de rendre témoignage.

Cette mission de l’Esprit Saint, bien sûr, ne se réalise pas forcément en un instant. Elle accompagne le chemin des disciples de Jésus au cours de leur vie et de leurs choix. L’action de l'Esprit se déroule dans le creux de la vie quotidienne comme une inspiration et une présence qui élève nos cœurs, anime nos actes et guide nos choix.

Bonne fête de Pentecôte à chacun de vous !


Homélie VII° Pâques BAuteur : Père Arturo

VII Dimanche de Pâques B

En ce dimanche entre l’Ascension et la Pentecôte, nous sommes invités à faire une pause pour nous préparer à la venue de l’Esprit Saint. La semaine qui commence pourra être pour nous comme une retraite de préparation à une nouvelle effusion ou venue de l’Esprit Saint en nous.

Au soir de sa vie terrestre, Jésus a prié pour notre unité. Il n’avait pas besoin qu’on lui en conte sur la nature humaine. Il avait prêché l’Amour et appelé les hommes à la conversion: en vain. Il avait vu les forces de divisions à l’œuvre autour de Lui jusqu’au sein du groupe de ses propres disciples et Il s’apprêtait à payer chèrement sur la Croix son obstination à vouloir nous réconcilier avec Son Père et entre nous. Il savait que les querelles fratricides ne manqueraient pas d’éclater et que, au fil des siècles, des schismes sanglants décrédibiliseraient Son message. D’où l’intensité de Sa prière, qui devient supplication: « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. »

Tout est dit. L’unité n’est pas qu’une affaire « de civilités » entre adhérents du même club, de diplomatie dans des dialogues œcuméniques, ni même de relations chaleureuses entre les membres d’une même famille. Autant de comportements louables et nécessaires mais qui ne devaient pas être la première préoccupation du Christ ce soir-là.

 

Non, en demandant à Son Père de nous garder unis dans son nom, Jésus nous invite à prendre conscience de notre filiation divine qui fait de chacun de nous non seulement « un enfant adoptif du Père », mais un frère universel et un témoin vivant de la relation unique qui unit le Christ à Son Père de toute éternité. Alors notre unité est « signe » de l’Amour qui unit le Père et le Fils.

Notre monde a plus que jamais besoin de ce témoignage. Par l’entremise des réseaux sociaux, les anathèmes, les procès inquisitoriaux et les jugements définitifs n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui: notre époque manque cruellement de nuance et de modération. Et parce qu’ils sont dans le monde, les chrétiens n’échappent pas à cette tendance. Avouons-le, l’Église aujourd’hui offre parfois le spectacle déchirant où des gens se battent pour des choses mesquines et des luttes de pouvoir.

 

Alors faisons nôtre la prière du Christ. Supplions le Père de nous garder dans l’unité de son nom. Cette unité qui ne gomme pas les différences, mais permet à chacun de nous d’accomplir sa vocation propre, en tant que membre unique et donc indispensable du Corps du Christ qu’est l’Église.

Prions dans notre cœur au cours de la semaine en disant « Viens Esprit Saint! Viens Esprit de vie! Viens Esprit de sainteté! »

Préparons ainsi nos cœurs à la fête de la Pentecôte pour qu’elle devienne pour nous cette année comme une nouvelle Pentecôte remplie de dons et de grâces, et qu’ayant ainsi part à l’Esprit, nous soyons comme le souhaite Jésus dans l’évangile «sanctifiés dans la vérité » et « comblés de sa joie». Demandons à Marie de nous rendre comme elle toujours plus accueillants à l’action de l’Esprit Saint dans nos vies.


Homélie VI° Pâques BAuteur : Père Arturo

VI Dimanche de Pâques B

Ce passage de l’évangile de saint Jean s’inscrit dans une longue réflexion, le Jeudi Saint, après le lavement des pieds. On l’a appelé le « Discours des adieux ». On a ici comme le testament spirituel de Jésus. Le passage qui nous est proposé ce matin se comprend bien si on le situe dans un parcours d'amour qui part de l’amour de Dieu, puis se concentre en Jésus, pour enfin se manifester en nous.

Commençons par l’amour de Dieu. Dans notre langage courant, quand on parle de « l’amour de Dieu », on pense spontanément à l’amour que nous avons pour Dieu comme on parle de « l’amour du sport ». Or il n’en va pas ainsi lorsqu’il est question de l’amour de Dieu. Quand l’Écriture parle de l’amour de Dieu, il s’agit toujours de l'amour que Dieu a pour nous. L’amour vient de Dieu. L’amour ne vient pas de nous. « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » dit clairement l’extrait de la Lettre de saint Jean que nous avons lu.

Saint Paul, pour exprimer cette belle réalité, a utilisé pour parler de l’amour qui vient de Dieu le mot « agapè ». En latin on dit « caritas » qui a donné le mot « charité » en français. On veut dire par là que c’est Dieu qui nous aime d’abord et que nous, nous répondons à un amour qui nous précède. Quelle réalité extraordinaire à nous rappeler sans cesse en tant que disciples de Jésus !

Passons maintenant à l'amour du Christ. Dans l'évangile de saint Jean, Jésus se révèle comme celui qui s’est laissé remplir totalement par la puissance de l’amour de Dieu, au point de vivre cet amour tellement à fond qu’il va jusqu’à porter les péchés de l’humanité et s’offre pour le salut de tous.

Voyez comment se développe le don de Jésus pour notre salut. D’un côté, il se laisse remplir de l’amour de Dieu. De l’autre, parce qu’il en est rempli, il peut à son tour laisser se répandre et transparaître cet amour autour de lui : « Comme le Père m’a aimé », dit-il au début de l’évangile de ce jour, « moi aussi je vous ai aimés ».

On est dans une logique de don qui se répand, et non d’utilisation de l’autre. L'amour de Dieu est tourné vers l’autre. Il est comme une bonne odeur qui se dégage de la personne qui en vit. C’est cet « amour-agapè » qui a illuminé toute la vie de Jésus. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Il est important de se redire souvent : «Je me laisse aimer par Jésus », parce que cet amour il le reçoit de Dieu lui-même, et tout ce qu’il a reçu de son Père il nous le donne. Cet amour est répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Romains: «L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné».

Cet amour ne peut rester enfermé dans le cœur des personnes, car l’amour est communicatif. Il se diffuse, il produit des fruits autour de nous parce que Dieu nous a choisis. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis pour que vous portiez du fruit. » Le fruit principal de l'amour, c'est la rencontre et l'accueil de tous ceux qui nous entourent, mais aussi de ceux qui sont loin pour diverses raisons.

Que cette célébration soit un moment de pause où nous prenons le temps de goûter ce riche don de l’amour de Dieu en Jésus. Rendons gloire à Dieu pour ce don que nous n’avons pas mérité, qui nous dépasse. Que notre Eucharistie fasse croître en nous la « charité », afin que nous devenions de plus en plus semblables à notre Dieu qui est le Dieu Amour.


Homélie IV° Pâques BAuteur : Père Arturo

IV Dimanche de Pâques B

L’image du bon pasteur qu’emploie Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui est plus qu’une image. Jésus le précise d’entrée en disant « Je suis le bon pasteur ». Il ne dit pas « je suis comme le bon pasteur », mais « je suis le bon pasteur ». Puis il se charge lui-même de décrire ce que cela signifie pour lui.

En premier lieu, Jésus insiste sur l’amour des brebis qu’il y a dans son cœur de « pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ». C’est ce qu’il met en premier. Comme bon pasteur, Jésus aime ceux vers qui il est envoyé. Il ne s’agit pas d’un amour de convenance.

Le berger mercenaire, par contre, regarde avant tout son intérêt. Les brebis passent en second. Il les abandonne s’il voit venir le loup, lorsque des difficultés ou des dangers apparaissent. Il n’en va pas ainsi dans le plan de Dieu sur l’humanité que Jésus vient accomplir.

Jésus n’agit pas comme le berger mercenaire, il entre dans ce plan de Dieu en donnant sa vie pour montrer à quel point Dieu aime l’humanité. Les brebis comptent pour lui. De la plus faible à la plus forte, de la plus jeune à la plus âgée, de la plus agile à la plus malhabile, toutes sont l’objet de son attention et de son soutien.

La seconde application de l’image du bon pasteur que fait Jésus à sa mission réside dans le mot connaître. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». Le terme « connaître » revêt ici une grande richesse. Il ne se réfère pas à une connaissance avec (sa) la tête seulement ou à une connaissance théorique. Connaître une personne, c’est aller plus loin que le côté superficiel qu’on voit d’elle tous les jours. C'est aller vers ce qui la fait vivre, c'est entrer dans ses sentiments et ses attentes, c'est porter ses fardeaux et ses deuils parfois, c’est marcher à côté d’elle, c’est la relever lorsqu’elle est abattue et blessée.

Tous ces gestes sont ceux que Jésus a faits pour nous et qu’il continue de faire : il porte nos fardeaux, il marche avec nous, il nous relève, il nous guérit. Car son rôle de bon pasteur n’est pas terminé. Toujours vivant, le Christ Ressuscité est le pasteur de nos âmes.

Le troisième volet de la mission du bon pasteur, c’est d’aller vers les brebis qui ne sont pas encore dans l’enclos. Jésus est explicite : « J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi il faut que je les conduise ». Le pape François reprend souvent cette idée en nous invitant à aller vers les périphéries ou encore à voir l’Église comme un hôpital de campagne où les blessés de toutes sortes sont accueillis. En effet, Jésus, le Bon Pasteur, ne s’enferme pas dans un enclos.

C’est une leçon qui nous interpelle aujourd’hui. Accueillons cet amour dans la présence de Jésus Ressuscité qui est là au milieu de nous, dans notre rassemblement, comme le bon pasteur, le vrai berger. Dans la foi, nous le reconnaissons comme Seigneur et Sauveur sous les signes du Pain et du Vin consacrés, et nous lui disons comme les premiers chrétiens : « Maranatha! Viens Seigneur, viens!


Homélie III° Pâques BAuteur : Père Arturo

III° dimanche de Pâques B

Il y dans les lectures de ce dimanche une admirable leçon pour le profit de notre vie chrétienne. Cette leçon nous est donnée par la prédication des apôtres dans les premières communautés chrétiennes et par les paroles de Jésus qu’ils ont retenues. C’est cette prédication que nous sommes invités à faire nous aussi.

La première lecture illustre parfaitement la nécessaire référence aux Écritures. Toute la prédication de Pierre qui nous est rapportée est remplie de ce lien entre ce qui se passe ou s’est passé et les paroles données par Dieu par les prophètes au cours de l’histoire du peuple d’Israël. Pierre annonce qu’une nouvelle alliance s’est conclue dans le sang versé de Jésus. « Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait. » Les paroles de Pierre sont très dures pour les juifs qui ont laissé tomber la première alliance en refusant d’en suivre l’aboutissement en Jésus, le Messie promis.

On peut comprendre que cette réalité d’un Messie souffrant était difficile à accepter pour les contemporains de Jésus qui attendait un libérateur et un nouveau David. Mais Jésus manifeste une obéissance totale à Dieu, obéissance qui lui fait porter les péchés de tous devant le Père et obtenir pour eux le pardon et la réconciliation. La gloire de la résurrection ne peut être séparée de son obéissance totale au Père qui réconcilie le monde avec Lui.

Notre foi en la résurrection de Jésus se doit d’entrer dans le mouvement dont elle est l’aboutissement. Elle est le fruit d’un long périple de Dieu avec son peuple et avec toute l’humanité. C’est ce périple qui nous est raconté dans les Écritures.

C’est pourquoi Jésus dans cette apparition aux disciples que nous raconte saint Luc met les points sur les i. « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »

Les apparitions de Jésus après la résurrection, comme celle-ci et celle aux disciples d’Emmaüs, n’ont d’autre but que de faire vivre aux disciples la continuité du plan de Dieu qui s’accomplit devant leurs yeux. Forts de cette expérience, les disciples sont invités par Jésus Ressuscité à la partager jusqu’aux confins du monde. Nous sommes les héritiers des premiers disciples comme les chrétiens auxquels s’adressaient saint Luc. Nous cherchons comme eux à incarner notre foi en Jésus en le reconnaissant comme le Seigneur de nos vies.

Notre cheminement peut être assez lent, il peut prendre des directions inappropriées parfois, mais permettons à l’Esprit de nous accompagner sur notre route de croyants. Le monde où nous vivons a besoin d’entendre encore ce message d’amour de Dieu pour l’humanité. En ce dimanche, demandons au Seigneur de mettre dans notre cœur l’amour qui a habité Jésus, un amour plus grand que notre cœur. Ainsi nous vivrons comme des personnes ressuscitées, nées à une vie nouvelle dans le Christ

 


Homélie II° Pâques BAuteur : Père Arturo

II Dimanche de Pâques B - Fête de la Divine Miséricorde

 

Nous avons aujourd'hui dans l’évangile que je viens de lire deux rencontres de Jésus Ressuscité avec les siens. Saint Jean raconte en détail ces deux rencontres. Il les situe dans le temps, la première, le soir de la Résurrection, et la seconde, huit jours plus tard.

Commençons par le soir de Pâques. Saint Jean insiste pour montrer que celui que les disciples voient n'est pas un fantôme. Il est différent, mais il est le même qu’ils ont connu. Il n’est plus limité par les barrières humaines, comme « les portes du lieu où se trouvaient les disciples verrouillées par crainte des Juifs ». C’est réellement lui, pas de doute possible. Il leur montre ses mains et son côté marqués par les blessures de la Passion.

C’est bien le Jésus qu’ils ont connu et aimé. Ils le voient réellement. Saint Jean décrit comment les disciples vivent cette visite surprenante pour eux. Ils le font dans une attitude ouverte et fraternelle. Le souhait de la paix les pénètre et ils auront à coeur de le transmettre à leur tour par la suite. Les disciples sont remplis de joie car ils peuvent vivre de nouveau leur relation avec Jésus dans la proximité et la confiance. Cette relation les fait entrer dans une vie qui n’a plus les limites qu’on connaît habituellement. Elle est un don de Dieu que le Ressuscité fait partager.

Jésus Ressuscité impose les mains aux disciples en leur disant: « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Et il ajoute en soufflant sur eux :

« Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ».

Cette reconnaissance de Jésus Sauveur éclate à la fin de la rencontre dans le célèbre « Mon Seigneur et mon Dieu » que lance Thomas en se jetant aux pieds de Jésus. Cet acte de foi qui deviendra le modèle de tous les actes de foi que nous sommes appelés à faire s’est produit au coeur du doute.

Thomas, nous raconte saint Jean, se faisait provocant en disant : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »…. Et le Ressuscité entend cette provocation, il y répond de façon spectaculaire en disant à Thomas « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas reconnaît son erreur, car oui! Jésus est bien toujours vivant, sa présence est bien vraie. Il s’écrie « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Nous en avons un merveilleux exemple dans ce texte de la première lecture. La présence du Ressuscité est au milieu des premiers chrétiens comme elle l'était au milieu des disciples le soir de Pâques. C'est cette présence du Seigneur Ressuscité qui fait que « la multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ». Ils forment ainsi une communauté unie qui partage et met tout en commun, même les ressources matérielles.

Nous sommes, en effet, les héritiers de ces premiers chrétiens. Il nous revient à nous aussi d'aller proclamer le message de Jésus dans notre monde d’aujourd’hui. « Croire et dire que Jésus est le Fils de Dieu », quelle belle mission ! Pour ce faire nous avons avec nous l’Esprit de Jésus qui ne nous fera jamais défaut. En ce 2e Dimanche de Pâques ou Dimanche de la Miséricorde divine, à la demande de sainte Faustine Kowalska nous prions : « Jésus, j’ai confiance en toi ».


Homélie Pâques BAuteur : Père Arturo

Dimanche de Pâques - B

Joyeuses Pâques à tous! Fêter Pâques n'est pas uniquement se souvenir de l'événement qui a changé le cours de l'histoire. Fêter Pâques, c'est se greffer sur le mouvement qui crie au monde injuste qu'une autre société est possible; qu'une autre manière d’entrer en relation est possible; qu'une autre façon de vivre et de partager est possible. Les disciples de Jésus ont vécu une journée de crise profonde le samedi saint, après la mort du Maître. Ils avaient cru que Jésus allait entrer triomphalement à Jérusalem et là, qu’il instaurerait définitivement le royaume de Dieu. Ils croyaient qu’eux-mêmes seraient importants et qu'ils aideraient le Maître à bâtir un royaume de paix, de justice et d'amour sans pauvreté, maladie ou mort.

La résurrection transcende l'histoire, et c'est pourquoi nous devons reconnaître l'énorme difficulté que nous avons tous à comprendre et accepter la résurrection de Jésus. La résurrection est l'espérance. C'est le message et la promesse d'espérance que le christianisme apporte à la condition humaine, à nous qui sommes inévitablement destinés à mourir. L'Evangile donne un sens parfait à la vie, dans des circonstances où le «non-sens» de la vie nous accable.

Si la résurrection ne se produit pas dans l'histoire, mais au-delà de l’histoire, il est logique de dire qu’elle est reconnue et acceptée, non par une évidence qui s’impose, mais par la foi à laquelle nous décidons d’adhérer par une libre décision de notre esprit. La liberté ne donne jamais une sécurité totale. C'est pourquoi le Ressuscité est une source d'espoir.

Croire à la Résurrection, ce n'est pas croire à un événement passé, c'est en finir avec la mesquinerie et la médiocrité qui subsistent encore en nous. La victoire de Jésus ne peut être réduite à une action passée. C'est cette victoire qui nous pousse à mettre la fraternité au-dessus des rituels, au-dessus des mouvements et des groupes, au-dessus de tant de petites choses qui nous séparent souvent les uns des autres. C'est le sentiment d'appartenir à la communauté chrétienne; que j'y suis accueilli et aimé; qu'en moi, il n'y a d'exclusion pour personne. C'est chasser de moi tout égoïsme, toute hypocrisie, toute fierté, toute peur, tout ce qui ne me permet pas d'être moi-même.

Célébrer Pâques, ce n'est pas se souvenir d'un événement du passé comme on se souvient du 14 juillet ou de l'anniversaire d'une personne historique. Fêter Pâques, c'est prendre conscience que nous aussi, nous sommes appelés à nous élever à une nouvelle vie.

Comment vivre la résurrection AUJOURD'HUI? Je pense que nous tous, certains plus que d'autres, vivons déjà la vie du Ressuscité. Donner notre temps et nos talents sans rien attendre en retour - c'est aussi vivre la résurrection aujourd'hui. Alors qu’attendons-nous pour suivre le Christ et vivre dans sa joie? Le Christ est ressuscité! Alléluia, alléluia!


Semaine Sainte 2021Auteur : Nicole BOULET

Vidéo de Semaine Sainte à la paroisse

Si vous n'arrivez pas à ouvrir le lien prendre l'adresse suivante

https://youtu.be/ONZJPAmHBVU


Homélie Vigile pascale BAuteur : Père Arturo

Vigile pascale B

Les chrétiens des premiers siècles étaient très clairs que la nuit du samedi saint était la nuit la plus importante de l'année, c'était la nuit du feu et la lumière du Christ. Plus importante que la nuit de Noël. Ils ont vécu la nuit de Pâques comme une nuit spéciale, comme une explosion de lumière salvatrice, comme l'annonce d'une liberté tant désirée. Les images favorites pour exprimer le sens et la signification théologique de cette nuit sainte étaient le feu et la lumière. En cette nuit de Pâques, nous voulons voir le Christ comme notre lumière. Pour cette raison, l'Église qualifie cette nuit de bienheureuse, car elle seule a connu le moment où le Christ est ressuscité des morts.

La résurrection n'est pas le retour de Jésus à cette vie. Il ne revit pas. Il n'entre pas à nouveau dans l'histoire humaine. Jésus ressuscite, c'est-à-dire transcende l'espace et le temps, transcende les conditions de cette vie et inaugure ainsi les conditions d'une vie nouvelle. Une vie bien remplie qui répond à tous les désirs de vie que nous ressentons tous, même si nous ne réalisons pas toujours que nous avons ces désirs. La résurrection est un événement qui est au-delà de l'histoire, et cela n'est pas connaissable par la raison ou les sens. Ceci n'est réalisable que par la foi. C'est pourquoi la foi en la résurrection est le point culminant de notre foi.

En cette nuit, nous célébrons le passage de la mort à la vie. Pour cette raison, cette nuit-là, les catéchumènes sont baptisés. Avec quelle joie, avec quelle ferveur les catéchumènes quittent les fonts baptismaux, en y laissant leurs péchés! Pour les catéchumènes, c'est le moment le plus émouvant et le plus important de leur vie. En ce jour saint, ils voient comment le Seigneur a lavé leur culpabilité et les a rétablis dans leur innocence originelle pour les faire accéder à la dignité d’enfant de Dieu.

Nous, chrétiens du XXIe siècle, devons aussi vivre cette nuit de Pâques avec la joie de savoir que le Christ veut continuer à être pour nous feu et lumière, chemin, vérité et vie. Ce soir, nous avons allumé le cierge pascal, la Lumière du Christ. Nous avons besoin de lui pour continuer à allumer en nous le feu de son amour, la lumière de l'intelligence, pour que la flamme de notre cœur continue de brûler et d'illuminer nos vies et la vie de tous ceux que nous aimons.

Ce soir, nous demandons au Seigneur d'éclairer le cœur et l'esprit de tous les dirigeants du monde, afin qu'ils sachent comment se repentir de leurs péchés et gouverner avec sagesse, afin que personne ne meure faute de pain, de tendresse et de miséricorde. Allumons dans le cœur de tous les peuples du monde la lumière et la flamme de notre cierge pascal, la Lumière du Christ, afin qu'elle brûle et illumine la vie de toutes les personnes de bonne volonté.


Homélie Jeudi Saint BAuteur : Père Arturo

II Dimanche de Pâques B - Fête de la Divine Miséricorde

Nous avons aujourd'hui dans l’évangile que je viens de lire deux rencontres de Jésus Ressuscité avec les siens. Saint Jean raconte en détail ces deux rencontres. Il les situe dans le temps, la première, le soir de la Résurrection, et la seconde, huit jours plus tard.

Commençons par le soir de Pâques. Saint Jean insiste pour montrer que celui que les disciples voient n'est pas un fantôme. Il est différent, mais il est le même qu’ils ont connu. Il n’est plus limité par les barrières humaines, comme « les portes du lieu où se trouvaient les disciples verrouillées par crainte des Juifs ». C’est réellement lui, pas de doute possible. Il leur montre ses mains et son côté marqués par les blessures de la Passion.

C’est bien le Jésus qu’ils ont connu et aimé. Ils le voient réellement. Saint Jean décrit comment les disciples vivent cette visite surprenante pour eux. Ils le font dans une attitude ouverte et fraternelle. Le souhait de la paix les pénètre et ils auront à coeur de le transmettre à leur tour par la suite. Les disciples sont remplis de joie car ils peuvent vivre de nouveau leur relation avec Jésus dans la proximité et la confiance. Cette relation les fait entrer dans une vie qui n’a plus les limites qu’on connaît habituellement. Elle est un don de Dieu que le Ressuscité fait partager.

Jésus Ressuscité impose les mains aux disciples en leur disant: « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Et il ajoute en soufflant sur eux :

« Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ».

Cette reconnaissance de Jésus Sauveur éclate à la fin de la rencontre dans le célèbre « Mon Seigneur et mon Dieu » que lance Thomas en se jetant aux pieds de Jésus. Cet acte de foi qui deviendra le modèle de tous les actes de foi que nous sommes appelés à faire s’est produit au coeur du doute.

Thomas, nous raconte saint Jean, se faisait provocant en disant : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »…. Et le Ressuscité entend cette provocation, il y répond de façon spectaculaire en disant à Thomas « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas reconnaît son erreur, car oui! Jésus est bien toujours vivant, sa présence est bien vraie. Il s’écrie « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Nous en avons un merveilleux exemple dans ce texte de la première lecture. La présence du Ressuscité est au milieu des premiers chrétiens comme elle l'était au milieu des disciples le soir de Pâques. C'est cette présence du Seigneur Ressuscité qui fait que « la multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ». Ils forment ainsi une communauté unie qui partage et met tout en commun, même les ressources matérielles.

Nous sommes, en effet, les héritiers de ces premiers chrétiens. Il nous revient à nous aussi d'aller proclamer le message de Jésus dans notre monde d’aujourd’hui. « Croire et dire que Jésus est le Fils de Dieu », quelle belle mission ! Pour ce faire nous avons avec nous l’Esprit de Jésus qui ne nous fera jamais défaut. En ce 2e Dimanche de Pâques ou Dimanche de la Miséricorde divine, à la demande de sainte Faustine Kowalska nous prions : « Jésus, j’ai confiance en toi ».


Homélie Rameaux BAuteur : Père Arturo

Dimanche des Rameaux et de la Passion – Année B

Aujourd'hui, nous commençons solennellement la Semaine Sainte. Avec le dimanche des Rameaux, nous sommes appelés à porter une attention particulière aux paroles de Jésus.

Jésus, accompagné de ses disciples, se dirige vers sa mort. L'émotion impliquée dans la marche vers la ville sainte revêt à ce moment-là des aspects plus profonds. C’est la dernière fois qu’il monte au Temple avec ses disciples. Lors de cette Pâque, le véritable Agneau pascal sera tué comme expiation finale pour les péchés de tous.

Jésus sait ce qui l'attend là-bas. Mais le plus surprenant est qu'il n'approche pas sa fin comme un vaincu, ni n'entre dans la ville en tant que vainqueur. Avec une simplicité, une humilité et une gentillesse impressionnantes, il organise lui-même l'entrée pour qu'elle ne soit pas l'entrée triomphale d'un vainqueur, mais une manifestation populaire de paix et de joie des personnes les plus humbles et simples, celles qui l'ont toujours accompagnées et ont été avec lui.

L'âne sur lequel il monte, les disciples qui l'acclament, les miracles et les guérisons, la nourriture donnée aux pauvres, ses paroles d'amour, le pardon, la libération qu'il a offerts aux pécheurs, et les acclamations de paix et de gloire dans le ciel, tout cela évoque la réalisation des aspirations des plus faibles de ce monde. En Jésus triomphe tout ce qui échoue dans l'ordre actuel. Telle est la signification la plus profonde de l'entrée de Jésus à Jérusalem.

C'est le moment de réfléchir à ce que Jésus a fait pour nous et à ce que nous faisons pour lui, il est devenu le Chemin, la Vérité et la Vie. Pourtant, nous marchons souvent sur nos propres chemins, croyons en nos vérités et ne le laissons pas donner un sens à notre vie. Nous n'osons pas affronter la réalité de notre vie. Nous cherchons des voies faciles, nous rejetons l'engagement et la croix.

Ce n'est pas une tâche facile d'être l'un des amis du Christ. Les idées du Christ, sa prédication, n'ont pas laissé indifférents les pouvoirs établis de l'époque et, aujourd'hui encore, face aux nouveaux pouvoirs, il n'est pas facile d'utiliser les enseignements de l'Évangile comme mesure de la société. Cela n'a pas été facile du temps où le Christ vivait parmi nous, et encore moins aujourd'hui, bien que sacramentellement et par l'Esprit, il habite notre Église.

Le récit présente les pharisiens protestant et exigeant une réprimande pour les humbles et les simples. La religion peut endurcir le cœur de nombreuses personnes. Cela montre qu'ils veulent seulement que la religion triomphe. Et ils ne peuvent pas supporter que ce soit les humbles qui chantent leur joie. Ceux qui crient “Hosanna” aujourd'hui sont les mêmes qui crieront “Crucifie-le” vendredi prochain.

Et l'histoire se répète ...


Homélie V° carême BAuteur : Père Arturo

V Dimanche de Carême B

Aujourd’hui nous voyons des Grecs qui demandent à voir Jésus. Avez-vous remarqué que Jésus à qui on transmet la demande n'y répond pas directement ? Il parle plutôt de lui. Dans les derniers jours de sa vie, il est totalement concentré sur sa mission. Et au lieu de répondre à la demande des Grecs, il partage aux personnes présentes ce qui l'habite. Jésus a vécu les derniers moments de sa vie dans une confiance totale à son Père, même si le plan de Dieu sur lui prenait une direction qui le mènerait à la croix.

La deuxième lecture tirée de la Lettre aux Hébreux décrit ce qu’ont pu être les sentiments de Jésus en voyant venir la croix. Des sentiments d'abandon et d'obéissance à son Père. Le texte de la Lettre aux Hébreux ne peut être plus clair.

Ces paroles nous préparent avec à propos à la Semaine Sainte qui s’en vient. Elles nous placent sur le bon chemin pour vivre les Jours Saints, car elles mettent devant nos yeux l’offrande que fait Jésus sur la croix, le sacrifice de sa vie pour que ses frères et sœurs soient réconciliés avec Dieu.

Cette réconciliation est la Nouvelle Alliance annoncée par le prophète Jérémie dans la première lecture. Sur la croix et dans des souffrances inouïes, Jésus consomme la Nouvelle Alliance. Cette Nouvelle Alliance ne tiendra plus dans des prescriptions à sauvegarder et à appliquer, mais elle se développera dans une intériorisation personnelle. La Nouvelle Alliance se fera dans le cœur des personnes. Les personnes devront, à l'exemple de Jésus, choisir de s'y abandonner dans l'obéissance et dans la confiance.

Jésus compare son Heure au parcours d'une semence mise en terre. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». La semence est remplie de vie et de puissance de vie nouvelle, pourtant elle doit être enfouie en terre, se laisser défaire pour pouvoir donner toute son énergie à de nouvelles pousses qui apparaîtront petit à petit.

Ainsi en est-il de la mort de Jésus, elle est une semence. Sur la croix Jésus est non seulement élevé, mais son humanité est enfouie dans la masse humaine. Il porte toute l'humanité en lui avec ses limites et ses faiblesses. Il porte les péchés du monde. Il pourrait s'y refuser, mais c'est l'abandon à la volonté de son Père qui prend le dessus. C’est pourquoi celui-ci le ressuscitera après trois jours, et sa mort deviendra ainsi le début d'une vie nouvelle dans laquelle, ressuscité par la puissance de Dieu, il entraîne derrière lui tous ceux et celles qui l'acceptent comme le Seigneur de leur vie.

Comment le fait-il ? En nous associant à lui par le Baptême. C’est dans le sillage de cette transformation qui ressemble à celle de la semence que toute la vie du baptisé sera désormais, en union avec le Christ et à sa suite, une vie pour Dieu.

Demandons aujourd'hui au Seigneur d’entrer avec tout notre cœur dans cette Nouvelle Alliance avec Dieu que Jésus est venu établir et de laquelle nous sommes partie prenante depuis notre baptême.

 


Homélie IV° carême BAuteur : Père Arturo

V Dimanche de Carême B

Dans la première lecture de la messe d'aujourd'hui, il est question d’une incroyable délivrance vécue par le peuple d’Israël. Celle-ci fait partie d’une histoire du salut pleine de rebondissements et remplie de bouleversements. Et dans son entretien avec Nicodème, Jésus, dans le texte de l’évangile, explique l’aboutissement de toute cette histoire avec l’image du serpent de bronze qu’il s’applique à lui-même élevé sur la croix.

L'Ancien Testament célèbre l'action de Dieu pour son peuple sous le mode de la victoire. C'est Lui qui l'a fait sortir d'Égypte et entrer dans la Terre promise. Des dirigeants comme Cyrus dont il est question dans la première lecture deviennent instruments de Dieu pour la libération de son peuple. Celui-ci retrouve une demeure et une terre où il peut s'épanouir en paix. C’est la victoire de son Dieu.

Mais, en même temps, les prophètes mettent devant les yeux du peuple une image où la victoire ne se réalise pas avec éclat, mais dans le dénuement et la souffrance. Ils annoncent un Sauveur - un Messie – souffrant qui sera un homme de douleur mené à l'abattoir comme un agneau sans défense. Jean-Baptiste va utiliser ces images et ces paroles et il va les appliquer à Jésus en le déclarant l’ «Agneau de Dieu».

Dans l’évangile de ce jour, Jésus utilise une autre image avec Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle ». Après la Passion et la Résurrection, les premiers chrétiens ont compris, à travers cette image du serpent de bronze, que sur la croix où Jésus est élevé se réalise une victoire d’un nouveau genre. Sur la croix naît un nouveau monde et les ténèbres sont vaincues.

Cette victoire de la croix n'était pas évidente pour les disciples lorsque les événements se sont produits. Lors des événements des derniers jours de la vie terrestre de Jésus, les apôtres s'enfuiront tous, sauf Jean accompagné de Marie, la mère de Jésus, et de quelques femmes qui se retrouveront sur le Calvaire.

Tout l'enseignement de Jésus qui parlait de son Heure, qui annonçait à mots couverts sa Passion, avait passé par-dessus la tête des apôtres. Son annonce d'un messie crucifié ne correspondait pas à leur lecture des Écritures. Ils attendaient un Messie flamboyant, victorieux. La victoire, c'est celle de la croix qui deviendra le signe incroyable de l'amour de Dieu: « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » dit Jésus à Nicodème.

Le sens de la croix est amour, salut, vie. Amour. La crucifixion de Jésus est l'expression ultime de l'amour de Dieu le Père pour le monde. Comme le dit Jésus, il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.

Salut. La croix exprime le don que Jésus fait de sa vie pour le salut de tous et non pas d’une minorité. Sa mort réconcilie le monde avec Dieu. Elle est le moyen par lequel Dieu sauve le monde.

Vie. Enfin, la mort du Christ sur la croix ouvre à quiconque croit en Lui une vie éternelle. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » dit Jésus au bon larron. Le Christ nous entraîne à sa suite. Par le baptême nous sommes morts au péché avec le Christ pour ressusciter avec lui à une vie nouvelle et éternelle. Saint Paul le dit très bien dans la deuxième lecture.

Le mystère de la croix occupera nos pensées lors des célébrations pascales où nous relirons par deux fois le texte de la Passion de Jésus à partir de la Cène jusqu'à son ensevelissement. Aujourd’hui dans notre célébration eucharistique, reconnaissons la présence de Jésus, de son Corps et de son Sang sous les signes du pain et du vin consacrés que nous partageons. L’offrande qu’il fit alors demeure éternellement présente et nous pouvons toujours nous y associer dans la foi, ce que nous faisons à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie.


Homélie III° carême BAuteur : Père Arturo

III Dimanche de Carême B

La scène de l’expulsion des vendeurs du Temple est l’une des plus violentes dans la vie de Jésus. On peut dire avec justesse que Jésus fait ici une « sainte colère ». Il renverse les tables, il disperse les animaux, il interpelle les personnes présentes.

Pour comprendre cette interpellation par laquelle il dit que les vendeurs de toutes sortes ont profané la Maison de Dieu, il faut se rappeler que le Temple de Jérusalem, où se trouvait l’Arche de l’Alliance avec le peuple d’Israël, était un lieu sacré. Sa partie la plus secrète qu’on appelait le Saint des Saints abritait la présence de Dieu. Seul le Grand-Prêtre pouvait entrer dans le Saint des Saints une fois par an. Jésus dénonce ce qu’on en a fait en disant « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ».

Pour Jésus, le Temple de Jérusalem est une figure qui disparaîtra. « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ». « Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. » Le vrai temple c’est son corps ressuscité. Les premiers chrétiens après la résurrection ont compris le sens profond des paroles de Jésus. «Ils se rappelèrent et ils crurent ».

Le récit de l’expulsion des vendeurs du Temple permet d'éclairer la prédication de Jésus d’un bout à l’autre, en particulier le discours sur le Pain de vie au chapitre 6 où Jésus, après la multiplication des pains, annonce que son Corps est une vraie nourriture pour ses disciples.

Les disciples de Jésus et les apôtres comprendront petit à petit que cet homme bien en chair n'est pas un substitut de Dieu, il est Dieu parmi nous. Sans la chair, il n’y a pas d’Incarnation.

L’expulsion des marchands au Temple de Jérusalem recèle une valeur et une richesse remarquables. Il ne faut surtout pas la réduire à une crise de colère de Jésus et faire de lui une sorte d’activiste avant la lettre.

Bien sûr, le geste de Jésus dénonce des façons de faire qu’il abhorre. Mais les premières communautés chrétiennes ont surtout retenu que Jésus voyait la fin et la disparition d’un monde déphasé et d’une religion de préceptes fatigants, et qu’il était venu proposer une nouvelle façon de rejoindre Dieu où lui-même, Jésus, dans son humanité habitée par la présence de Dieu, lui le Verbe incarné, ouvrait la voie vers Dieu.

Dans le Carême de cette année, en effet, nous sommes invités à approfondir le mystère de Jésus qui donne sa vie pour nous. Les textes choisis par l’Église veulent nous guider vers les réalités essentielles de notre foi en Jésus qui n’est pas seulement un grand personnage, mais qui est le Fils de Dieu incarné, Jésus de Nazareth, le fils de Marie, le Sauveur de l'humanité.

Et ce « corps », pouvons-nous ajouter, est aussi tout pour nous, car le Jeudi Saint, en mémoire de sa mort et de sa résurrection, Jésus nous a donné son Corps et son Sang sous les signes du Pain et du Vin consacrés comme moyen par excellence de le suivre et d’aller à Dieu. En recevant dans la communion le Corps de Jésus, nous sommes projetés, au-delà de nos élans personnels, dans l’élan toujours nouveau de l’Amour de Dieu pour l’humanité. C’est le but de chacune de nos messes dominicales.


Homélie II° carême BAuteur : Père Arturo

II Dimanche de Carême B

L'histoire de la transfiguration de notre Seigneur a toujours attiré l'attention des artistes chrétiens et des mystiques à travers les siècles. La chose la plus fascinante dans cette histoire est qu'elle est l'évocation très claire d'une expérience mystique.

L'expérience mystique est l'expérience du spirituel au milieu de l'ordinaire, c'est-à-dire vivre extraordinairement les choses ordinaires. Nous parlons d'événements qui ne peuvent être expliqués par des mots, de ce que la littérature sacrée appelle l'ineffable, des situations qui ne peuvent être décrites avec notre langage ordinaire. Les apôtres ont eu une expérience mystique dans leur relation avec Jésus.

Il est clair que le récit de la Transfiguration pointe vers la résurrection de Jésus, en la présentant de manière éblouissante. Il se réfère lui-même à sa propre résurrection d'entre les morts. Nous sommes confrontés à un évangile de vie qui transcende la mort pour garder l'espoir vivant. De plus, le Père a dit très clairement, depuis la nuée, de n'écouter que Jésus. Ce qui devait donner la plus grande garantie de crédibilité à ce que Jésus allait dire aux disciples.

Le récit se termine sur le manque de compréhension des apôtres concernant ce que Jésus leur avait annoncé. Alors ils discutaient de ce que cela signifiait. Ce n'était ni la première ni la dernière fois que les disciples étaient réunis avant l'annonce de sa mort et de sa résurrection. Chaque fois que Jésus leur annonçait cette issue fatale, ils ne savaient pas de quoi il parlait et cela ne servait pas non plus de raison d’espérer. La preuve en est que, selon les récits des apparitions du Ressuscité, les disciples étaient réticents à croire que c'était vrai. La même chose peut nous arriver, nous ne comprenons pas tout à fait ce que cela signifie que Jésus est ressuscité. La Résurrection est une personne.

La transfiguration est l'avant-goût de quelque chose que beaucoup d'entre nous ne comprennent pas pleinement : la vie de Jésus n'est pas un souvenir de l'histoire passée, mais est toujours présente dans notre histoire, dans l'histoire de tous les temps. Parce que Jésus est le Vivant, qui transcende l'espace et le temps. Alors maintenant et toujours, nous pouvons continuer à «écouter» sa parole, même s’il nous est difficile de comprendre ce que la résurrection signifie.

La résurrection nous fait vivre dans l'espérance de la vie éternelle que le Christ nous promet. Pour nous, l'amour est notre loi et aimer est notre devoir. Arrêtons de rivaliser et de haïr les autres, et repartons d'ici transfigurés parce que nous avons vu Dieu.

 


Homélie I° carême BAuteur : Père Arturo

I Dimanche de Carême B

Nous venons de lire les premières phrases de l’évangile selon saint Marc en ce premier dimanche du Carême qui, cette année, nous amènera à scruter et à mieux connaître la vie de Jésus pour nous préparer à célébrer avec foi le mystère de sa Mort et de sa Résurrection. 


Pour saint Marc, tout commence au désert. Aujourd’hui il nous présente en trois lignes ce qu’il est convenu d’appeler la tentation de Jésus. Saint Marc n'entre pas dans les détails comme saint Matthieu. Il se contente de nous rappeler que, pendant son séjour au désert, Jésus a vécu un moment fort au départ de la mission qui sera la sienne.


Jésus sent peser sur ses épaules tout le poids de cette mission qu'il découvre de façon plus claire maintenant. Il s’y est préparé intérieurement jusqu’alors, mais maintenant c’est le passage à l’action. Retiré au désert, il va se préparer pour la suite.  « Parmi les bêtes sauvages », il vit en harmonie avec la nature et « les anges le servaient » précise saint Marc pour indiquer la teneur spirituelle de ce temps de passage et de rencontre intérieure. Ainsi, Jésus affermit en lui la volonté de répondre totalement au plan de Dieu. Il triomphe des peurs et des attaques sournoises de Satan. Au terme de ces quarante jours, Jésus, après l’arrestation de Jean-Baptiste, part en Galilée pour « proclamer l’Évangile ». 


Jésus se lance donc avec confiance dans sa mission. Pour lui, comme le souligne saint Marc, «Les temps sont accomplis». Sans hésitation, Jésus donne le signal de l'entrée dans les temps nouveaux. Il sait maintenant qu’il porte en lui depuis sa naissance une mission qui va maintenant se dévoiler au cours des trois prochaines années.


Les temps nouveaux dont il est question sont la réponse à l’attente du peuple d’Israël. «Le Règne est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile». Dieu se fait non seulement proche mais il se fait humain avec les humains, portant leurs limites, leurs espoirs et leurs désirs les plus profonds. Jésus, Fils bien-aimé du Père, est l’un de nous. Il est l’Évangile, la Bonne Nouvelle.


Souhaitons que notre foi se laisse illuminer par la lumière de Dieu comme celle des premiers chrétiens. Comme Jésus au désert, nous sommes dans un temps de passage, nous aussi, en ce temps de pandémie. Chaque année, le temps du Carême nous est donné comme un moment où nous pouvons faire le point pour aller plus loin, ce que nous permettent les pauses dues à la COVID, nous l'espérons. Ce temps du Carême nous permet aussi de nous libérer de nos poids et de nos péchés en rencontrant le Seigneur dans le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation.


Le chemin du Carême se nourrit de la Parole de Dieu et des gestes que l’Église nous a proposés le Mercredi des cendres : la prière, l’aumône et le jeûne. Que ce temps du Carême nous aide à « progresser dans la connaissance de Jésus-Christ » pour être plus solidaires et attentifs aux besoins des autres et « nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle ».

 


Homélie VI°ordinaire BAuteur : Père Arturo

VI Dimanche ordinaire B

L'Évangile de ce dimanche nous présente l'une des guérisons les plus impressionnantes du ministère de Jésus. Dans l'Évangile de Marc, Jésus est particulièrement décrit comme un guérisseur. À cette époque, la lèpre était une honte du fait de la souffrance physique, mais surtout de la marginalisation sociale et religieuse. Les lépreux étaient considérés comme séparés de la communauté et devaient vivre à l’écart de tout le monde. La lèpre, disait-on, était une conséquence de leurs péchés, ils devaient agiter une clochette et crier lorsqu'ils passaient qu'ils étaient impurs, ce qui était extrêmement humiliant.

Nous sommes tous des lépreux d'une certaine manière. Avec nos manies et nos coutumes étranges, avec nos faiblesses et nos péchés, avec notre culpabilité, nos peurs et nos insécurités, nous sentons parfois que nous ne sommes pas dignes et que nous devons nous éloigner de la communauté. C'est pourquoi il est frappant de voir dans l’Evangile un lépreux venir à Jésus. Il se moque de ce que les autres pensent. En s'approchant du Christ, il nous montre son courage, sa foi, sa détermination et aussi son désespoir face à l’épreuve qu’il traverse.

Cela doit aussi être notre attitude car Jésus ne nous rejette pas. Le lépreux s'est prosterné devant Jésus parce qu'il savait qu'il n'était pas simplement un autre guérisseur, mais l'incarnation du Dieu d'Israël. Quel que soit notre problème ou notre péché, nous devons nous approcher de Jésus avec foi. Nous reconnaissons Dieu comme le centre de nos vies et le reste nous est indifférent.

Jésus, devant un lépreux qui lui demande de le guérir, oublie la Loi et écoute ce que son cœur compatissant lui dicte. Après la guérison du lépreux, Jésus lui (a) interdit de le dire. Jésus ne voulait pas que les merveilles qu'il a faites soient révélées, mais cela était impossible. Comment les aveugles et les estropiés pouvaient-ils se cacher dans leurs petits villages ?

Les chefs religieux étaient fâchés que Jésus aide les gens et qu'il fasse cela contre ce que la religion ordonnait, guérir le jour du sabbat. Ils disaient qu'il violait les lois religieuses, qu'il était subversif et représentait même un danger pour la stabilité du pays.

Aujourd'hui, quelque chose de similaire se produit. Beaucoup se demandent pourquoi, si Dieu est Dieu, il ne guérit pas toutes les maladies, le diabète, le cancer, le sida, etc. Le lépreux a dit: “Si tu veux, tu peux me guérir”, et en le touchant, il a été guéri. Jésus ne voulait pas de gloire. Il n'a pas non plus cédé à la tentation du pouvoir, il est devenu le “serviteur de tous”, on comprend pourquoi il ne voulait pas de publicité sur le bien qu'il faisait.

Une fois que nous avons été guéris par Dieu, nous ressentons le besoin d’en témoigner. Nous devons reconnaître nos maladies et demander au Seigneur de nous guérir. L'évangélisateur est celui qui s'approche de Dieu malgré son péché et qui reçoit la guérison.

 


Homélie V° ordinaire BAuteur : Père Arturo

Homélie V° Dimanche ordinaire B

Ce dimanche, nous célébrons la journée mondiale des malades, et aujourd'hui nous voyons Jésus qui guérit tous les malades qui le recherchaient, à commencer par la belle-mère de Pierre. Ce jour, nous prions pour tous les malades au milieu de la situation sanitaire qui menace le monde entier.

Dans l’évangile de ce jour, on a le portrait d’une journée typique de Jésus que je résumerais avec la formule des trois «P» pour «Présence, Prière et Parole». Pendant tout le ministère public de Jésus, ses journées seront vécues la plupart du temps sur ce modèle: présence, prière et parole. 

La deuxième lecture de ce dimanche, dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens, traite du thème de l'évangélisation. Paul, dans sa prédication de l’Evangile, présente la mort et la résurrection du Christ comme une nouveauté qui doit être annoncée à tous pour nous libérer des puissances du monde, de nos peurs, de nos péchés, de nos faiblesses, de la fausse idée que nous avons de nous-mêmes.

Paul n'était pas un ignorant ou un crédule insensé, c'était un homme intelligent, qui, après sa rencontre avec Jésus, fait le tour du monde pour annoncer la libération. Tel est le sens des paroles du Pape François quand il parle d'une Église en sortie, et non une Église autoréférentielle, et qu’il nous invite à abandonner les exigences de notre moi, et à quitter notre sécurité, nos peurs et notre résistance pour répandre la bonne nouvelle. Il ne s'agit pas de faire du prosélytisme ou de fonder une nouvelle ONG, mais plutôt d'annoncer l'expérience intime et personnelle de la rencontre avec le Christ ressuscité. Tant que nous n'aurons pas vécu cette expérience, nous continuerons à vivre notre religion uniquement de préceptes et non de convictions.

Dans l'Evangile, nous voyons un résumé de la vie quotidienne de Jésus. Nous voyons que la prière était très importante et fréquente dans sa vie. La vie de Jésus était axée sur la guérison des malades, le partage de la nourriture et le remède aux chagrins et aux souffrances des gens.

Jésus savait qu'il avait besoin de passer beaucoup de temps avec le Père. Il s’est retiré dans des endroits isolés. Il a passé des nuits entières à prier. Les gens sont venus à Jésus, car ils ont trouvé en lui la réponse à leurs besoins et aspirations les plus profondément humains, qui sont les nôtres: la santé, la nourriture et surtout l'accueil et quelqu'un qui nous comprend, nous respecte, nous aime tels que nous sommes. Jésus ne contraint pas, il n'impose pas, il ne force pas. Son enseignement humanise et libère les gens.

La clé de l’humanité de Jésus réside dans la profondeur et la fréquence de sa relation avec son Père à travers la prière. Et c'est pourquoi nous en avons tous besoin, si nous voulons vraiment être profondément humains. Jésus accueille, comprend, accepte tout le monde, peu importe comment ils sont et peu importe comment ils vivent.


Homélie IV° ordinaire BAuteur : Père Arturo

IV Dimanche ordinaire B

Aujourd'hui, le Christ lance un cri énergique: «Tais-toi et sors de cet homme.» Il le dit aux mauvais esprits qui vivent en nous et qui entravent notre liberté humaine, tels que Dieu nous a créés.

Dans la première lecture, nous voyons Moïse qui a combiné en sa personne les fonctions de prêtre, de prophète et de roi, qui a libéré son peuple de l'esclavage et lui a donné la loi de Dieu, prophétisant la venue d'un prophète comme lui, qui serait la voix-même de Dieu. Bref, Moïse a prophétisé la venue du Christ.

La tâche essentielle des scribes et des rabbins et leur raison d'être, était d'enseigner, de répéter et d'expliquer la loi de Moïse. Non seulement la loi écrite et contenue dans la Bible, mais aussi les nombreuses explications et interprétations de la Loi divine, que les rabbins avaient inventées au fil du temps. Les scribes n'étaient que de simples répétiteurs des règles auxquelles ils soumettaient les gens. Ce que Jésus a fait a été de libérer les personnes opprimées par les forces du mal qui leur ont causé la souffrance, la soumission et la force de porter le «joug» de la religion.

Les gens qui ont entendu Jésus prêcher étaient étonnés de ses paroles parce qu'il parlait avec autorité. Il est la parole faite chair, en Jésus, c'est Dieu lui-même qui nous parle. C'est ce qui explique le conflit qui a eu lieu dans la synagogue de Capharnaüm à partir du moment où les chefs religieux se sont rendu compte qu'un prophète complètement différent était apparu. L’esprit démoniaque est celui qui le reconnaît non seulement comme un scribe ou un enseignant, ou encore comme un prophète de plus parmi tant d’autres sur une longue liste, mais comme celui que Moïse avait annoncé dans la première lecture. Celui dont Dieu emplira la bouche de ses propres paroles, c'est pourquoi Jésus a pu avec sa propre autorité expulser l'esprit impur.

Jésus n'a pas imposé de fardeaux ni de règles au peuple, mais il l’a libéré. Les scribes sont devenus agités et ils sont devenus nerveux. Ils ont vu en Jésus un ennemi qui les expose et les laisse sans disciples fidèles et soumis.

Jésus ne parle pas d’une manière «imposante» qu'il soumettrait par la force, mais avec une puissance «séductrice» qui attire par ses qualités, son prestige et sa transparence. Les fidèles qui se trouvaient dans la synagogue ont immédiatement réalisé que «l'autorité» de Jésus n'était pas comme celle des «scribes». Jésus n'a jamais exigé la soumission de quiconque, car il ne veut pas de sujets soumis, mais des disciples libres, des compagnons de voyage et des amis fidèles.

Lorsque nous écoutons la voix de Jésus, nous découvrons les parties désordonnées de notre vie qui commencent à se mettre en ordre. Tout comme cet homme infesté, nous avons aussi des vies désordonnées, ce qui ne veut pas dire que nous sommes possédés, et la voix qui leur commande est la voix du Christ, qui parle avec autorité et qui avait été annoncée par Moïse et tous les prophètes. Laissons-nous séduire par la voix du Christ pour vivre en paix.


Homélie III° ordinaire BAuteur : Père Arturo

III Dimanche ordinaire B

Le Temps ordinaire, dans lequel nous sommes entrés depuis dimanche dernier, est un temps où la liturgie nous déroule plus en détail la mission et la prédication de Jésus. Elle le fait cette année avec l’évangéliste saint Marc. Le texte de l’évangile que nous venons d’entendre présente les souvenirs des débuts de la prédication de Jésus. On y voit Jésus se lançant sur les routes de Palestine pour proclamer ce qu’il a dans le cœur depuis longtemps.

Jésus sort de l’ombre de Nazareth. Il parcourt la Galilée. Il se rend dans les villes plus peuplées. Son message est simple, c’est un Évangile, c’est-à-dire une Bonne Nouvelle. « Croyez à l’Évangile ». Saint Marc le rapporte explicitement en écrivant que Jésus disait: «Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».

La tâche d’annoncer cette Bonne Nouvelle est immense. Jésus perçoit tout de suite, au commencement de son ministère, qu’il ne peut se contenter d’y aller en solo. Il choisit de s’adjoindre des aides, des personnes qui collaboreront avec lui au fil des jours, qui le suivront, qui l’aimeront et qui le soutiendront. Nous avons aussi dans l’évangile de ce matin, l’évocation du choix des premières personnes qui s’attacheront à Jésus de façon radicale et absolue.

Ils étaient pêcheurs sur le lac de Galilée près de Nazareth, et ils sont interpellé par Jésus de façon claire et directe. On voit que Jésus est décidé à s’entourer d’aides et de disciples qui s’attacheront à lui. En effet, il ne se contente pas de leur dire « J’ai besoin de vous ». Il les invite à le suivre, à vivre avec lui et à quitter leurs occupations actuelles. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ».

C’est toute une invitation pour des pêcheurs qui ne sont jamais sortis de chez eux. Ils acceptent de quitter la pêche qui les fait vivre et de plonger dans un avenir inconnu que Jésus leur décrit avec les mots suivants : « je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ».

Ces premiers disciples de Jésus sont pour nous des modèles comme ils le furent pour les premiers chrétiens. Après la Résurrection de Jésus et après la descente de l’Esprit Saint sur eux à la Pentecôte, ils sillonneront le monde connu d’alors en proclament la Bonne Nouvelle que Jésus est toujours vivant et qu’il ne meurt plus. Avec des compagnons et des compagnes animés du même feu, ils créeront les premières Églises dont parle saint Paul : l’Église de Corinthe, d’Éphèse, de Thessalonique, de Rome etc. Ils ont pu dire alors « l’Évangile, la Bonne Nouvelle, est proclamée à toute créature dans le monde entier » comme le souhaitait Jésus.

Nous nous retrouvons chaque dimanche pour un moment de pause et de ressourcement dans la messe dominicale. Nous y rencontrons, sous les signes du Pain et du Vin, Jésus lui-même. Sa voix résonne en notre cœur comme pour les premiers disciples : « Venez à ma suite ». N’ayons pas peur de quitter nos filets et de répondre à son invitation.

 


Homélie Baptême du Seigneur BAuteur : Père Arturo

Le Baptême du Seigneur - B

Le Baptême de Jésus dans le Jourdain, que nous fêtons aujourd'hui, c’est l’inauguration du ministère de Jésus. Aujourd'hui est un jour particulièrement spécial car un jeune de la paroisse demande à être admis pour commencer le catéchuménat et se faire baptiser plus tard. Nous accompagnons Mario Togores avec nos prières. Saint Marc place au début de son évangile le Baptême de Jésus qui s'est préparé depuis longtemps. Les prophètes et Jean-Baptiste espéraient et annonçaient la venue d'un Sauveur. Leur foi ne se laissait pas ébranler même lorsque tout paraissait perdu. Isaïe en témoigne ici dans la première lecture. « Consolez mon peuple…Voici votre Dieu… Comme un berger, il conduit son troupeau: son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.»

Jean-Baptiste, lui, reconnaît que les temps sont venus où Dieu va manifester son amour pour ses enfants en leur envoyant son Fils lui-même. C'est le grand mérite de Jean-Baptiste d'avoir su reconnaître en Jésus l'Envoyé du Père, celui qu'on attendait. « Moi, je vous baptise avec de l’eau : Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » lit-on dans l’évangile qui vient d’être proclamé.

Liturgiquement, cette solennité du Baptême du Seigneur arrive à la fin du temps de Noël et dans le sillage de l'Épiphanie, la manifestation du Christ aux nations. Elle est, elle aussi, une manifestation de la mission de Jésus pour le salut du monde dont elle marque l’inauguration publique de son ministère.

Comment se passe cette inauguration du ministère de Jésus? Jésus arrive de Nazareth. Il vient vers Jean-Baptiste pour se faire baptiser. Jean-Baptiste donne depuis quelque temps, dans l’eau du Jourdain, un baptême de conversion qui invite les gens à changer leur cœur et à se tourner vers Dieu.

Pour Jean-Baptiste, Jésus est le Sauveur promis. Pour lui, Jésus n'a pas besoin de ce genre de conversion. Cependant, en se mêlant à tout le peuple, Jésus fait comprendre à Jean-Baptiste qu'il désire être baptisé lui aussi, non parce qu'il a besoin de se convertir, mais parce qu'il porte les péchés et le poids des souffrances de ses frères et sœurs qu'il est venu libérer et sauver. Jésus, en entrant dans le Jourdain, assume cette mission extraordinaire qui sera la sienne: donner sa vie pour la multitude..

La scène du Baptême de Jésus telle que racontée par saint Marc prend une allure théophanique. Des symboles l'accompagnent: les cieux se déchirent, l'Esprit descend sous la forme d'une colombe et une voix se fait entendre. Ces trois symboles viennent confirmer à Jean-Baptiste qu'il a vu juste. Jésus, en descendant dans l'eau du Jourdain, s'engage à suivre le chemin que Dieu son Père lui a tracé. Il dit déjà dans son cœur ce qu'il dira au Jardin des Oliviers lors de son agonie : « Père, que ta volonté se fasse et non la mienne ».

Jésus sait que la route ne sera pas toujours facile, mais il accepte de la prendre avec générosité et sans regarder en arrière. Il ira de l'avant dans la voie d'un amour fou pour ses frères et sœurs. Il rétablira la créature blessée dans sa beauté originelle et, comme l’explique saint Paul aux Romains, par le baptême il fera de toute personne qui le suit une créature nouvelle. “De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.”

Cette fête fixe notre regard sur Jésus quittant sa vie tranquille d'humble artisan à Nazareth pour celle de prédicateur, de messager de l'amour de Dieu pour l'humanité. Nous le voyons répondre avec confiance à cette vocation qui est la sienne et qu'il suivra sans faillir, même dans les pires souffrances. Demandons-lui de nous garder, comme Lui, confiants en Dieu qui dit aujourd'hui à chacun de nous: « Tu es mon fils bien-aimé, ma fille bien-aimée et je t'aime».


Homélie Sainte Marie Mère de Dieu BAuteur : Père Arturo

Sainte Marie, Mère de Dieu, 1er Janvier B

L'année qui se termine nous a demandé beaucoup d'adaptation, beaucoup d'ajustement pour suivre les règles sanitaires et, dans certains cas, certaines personnes parmi vous ont vécu des deuils imprévus.

Notre accueil de la vie à travers ce contexte nouveau a été remis en question. Nous en avons découvert la richesse et la beauté. Les périodes de confinement nous ont permis, je l'espère, d'aller plus en profondeur dans nos relations et de nous dégager de l'accessoire auquel nous nous arrêtons trop souvent.

Je souhaite que l'année 2021 vous trouve encore plus ouverts aux surprises de l'Esprit et que votre foi s'en trouve raffermie. Je souhaite que vous preniez le temps de dire à vos proches et à vos amis que vous les aimez. Ce sont des mots qui souvent restent là dans notre coeur, mais il est bon, parfois, de les dire de vive voix.

Chaque nouvelle année ouvre un espace où se bâtit non seulement un avenir mais où se déroule notre vie présente. Celle-ci sera marquée par les expériences de la pandémie de 2020, mais aussi par celles des années passées.

Les personnes plus âgées se plaisent à faire le point et à revenir sur ce qu’a été leur vie. Ils la revoient avec joie et avec peine parfois. Mais il savent qu’elle n’est pas terminée. Ils la chérissent et ils la reçoivent de Dieu comme un cadeau.

Les plus jeunes sont remplis d'énergie, de projets, de rêves et ils sont souvent emportés dans un tourbillon d'activités. Ils feront bien au cours de la prochaine année de s’asseoir et de tenter de faire un bilan de temps à autre. Je vous souhaite d'avoir une belle année 2021 et d'en profiter au mieux dans les circonstances actuelles.

« Marie, Mère de Dieu » : ce titre donné à Marie a été l’objet d’une longue réflexion. C’est un concile œcuménique, le concile de Nicée en 431, qui consacre définitivement le titre de Mère de Dieu (Theotoxos) donné à Marie. Tout le mystère de la maternité divine réside dans la phrase de saint Paul dans la deuxième lecture : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ».

Jésus est pleinement humain. Il a été porté par sa mère comme tous les enfants. Elle l’a mis au monde puis avec saint Joseph elle l’a nourri, élevé et éduqué comme un bon Juif attaché à l’Alliance de Dieu avec son peuple choisi et portant dans sa chair le signe de cette appartenance. Jésus est donc pleinement humain dans son corps, dans sa chair, dans son esprit et Marie est sa mère bénie entre toutes les femmes.

C’est notre foi et nous reconnaissons le Fils de Dieu dans l’enfant de Marie. C’est pourquoi, on peut la vénérer comme la Mère de Dieu, non pas qu’elle ait engendré Dieu, mais parce qu’elle a engendré Celui qui a été reconnu comme le Fils de Dieu envoyé par le Père pour le salut du monde.


Homélie Noël BAuteur : Père Arturo

Noël B

Joyeux Noël, chers frères et soeurs! "A différentes occasions et de bien des manières, Dieu a parlé, et cela se vérifie tout au long de l'histoire humaine, Dieu n'a jamais cessé de nous parler. Et cela devrait nous sembler une évidence, si nous prenons en compte que Dieu est notre Père et qu’il nous aime. Quand une personne en aime une autre, elle aime communiquer avec elle, lui transmet ses souhaits et révèle ses sentiments, exprime ses peurs et ses espérances, présente ses plaintes et ses satisfactions. Aujourd'hui et toujours, Dieu continue de nous parler, d’une autre façon peut-être, mais il continue à nous aimer et continue donc à communiquer avec nous.

La joie de l'Évangile remplit le cœur et la vie entière de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui acceptent d'être sauvés par Lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l'isolement. Avec Jésus-Christ, la joie naît et renaît toujours.

Le signe que Dieu a donné aux bergers et qu’il nous donne aujourd’hui encore n'est pas un miracle frappant. Le signe de Dieu est son humilité. Il devient petit; il devient un enfant; il se laisse toucher et demande notre amour. Et ainsi il nous invite à lui ressembler dans l'humilité.

La Parole de Dieu n'est pas un rêve fantastique de l'évangéliste. C'est une réalité sensible et tangible, dont le nom est Jésus de Nazareth. La réalité de la présence de Dieu a commencé à influencer les hommes historiquement avec le début de la vie de Jésus: cet événement est le moment décisif de l'histoire du salut; les chrétiens en témoignent. Le mot «chair» désigne chez Jean tout ce qui constitue la faiblesse humaine, tout ce qui conduit à la mort comme étant la limite de l'homme. L'incarnation n'est pas une apparence: c'est par l'expérience de notre humanité que nous devons nous approcher de Dieu en Jésus. La révélation définitive de Dieu a un visage humain.

La grâce de Dieu a certainement touché très profondément les simples bergers, provoquant en eux un fort renouveau spirituel, pour lequel «ensuite ils glorifiaient et louaient Dieu parce que tout ce qu'ils avaient vu et entendu était tel que cela leur avait été annoncé».

Les bergers sont ces «pauvres en esprit» que Jésus mentionne plus tard dans Ses Béatitudes en affirmant «que le Royaume des Cieux leur appartient» ... Et ce Royaume peut aussi être le nôtre, si nous sommes comme eux: simples et humbles. Ils ont cru, sans se poser de questions et sans hésitation, ils ont tout laissé pour répondre à l'appel de Dieu, et ils l'ont cherché et rapidement trouvé. Quand nous disons que nous connaissons Dieu, ce que nous savons n'est plus Dieu mais un objet que nous fabriquons... Ce que nous pouvons savoir de Dieu, c'est ce qui nous a été révélé dans l'enfant «emmailloté et couché dans une crèche». Cette année a été très difficile pour beaucoup. La douleur de tous ceux qui passent un mauvais moment me fait mal. Au milieu de cette crise, et grâce au témoignage de ma paroisse, ma foi s'est renforcée et je vis mes jours dans la joie et la paix. Merci Seigneur ! Aujourd'hui, je voudrais croire à nouveau comme quand j'étais enfant: aux gens, aux miracles et que le monde peut être meilleur. Aujourd'hui, je souhaite que Noël soit vraiment la naissance de l'enfant de Dieu en moi, en vous, que ce soit l'occasion de recommencer, de réfléchir à comment être meilleur. La grandeur de Dieu est la grandeur de cet enfant qui n'a d'autre grandeur que la grandeur de son humanité.

Efforçons-nous donc de transformer ce monde de sauvages en l’humanisant, et ce monde humain en le divinisant.


Homélie IV° avent BAuteur : Père Arturo

IV Dimanche Avent B

Les lectures de ce dimanche nous présentent deux personnages majeurs de l’histoire du salut: David et Marie. Le premier désire construire une demeure pour Dieu et l’autre est elle-même la demeure que Dieu s’est choisie.

Commençons par Marie. La scène de l’Annonciation qui nous est décrite dans le texte de saint Luc a été représentée de plusieurs façons dans l’art. En général on voit l’ange dans une position debout et Marie agenouillée dans une attitude de prière. Il y a cependant une autre tradition qui inverse les attitudes. Marie est assise ou même agenouillée, mais l’ange s’approche en mettant un ou deux genoux à terre, dans une attitude de vénération pour cette jeune fille devant lui. Ce dernier type de représentation de l’Annonciation nous fait tourner nos regards vers Marie plutôt que vers le messager. Il met en évidence le mystère d’une présence en elle.

Noël n’est rien d’autre que la venue à la lumière de Celui qui est la Lumière du monde. Porté par Marie pendant neuf mois, il est offert au monde, mais il continuera de demeurer spirituellement en elle jusqu’à la fin de sa vie et pour l’éternité. Elle se retrouvera au pied de la croix, Mère des douleurs qui devient alors notre mère puisque Jésus la donne à toute l’Église en disant à l’apôtre Jean qui nous représente: « Voici ta mère ».

Pour comprendre le caractère unique de ce rôle de Marie, nous pouvons réécouter la première lecture. Dans ce passage du livre de Samuel, on entend Dieu qui parle à David par le prophète Nathan. Il se cherche une demeure chez les humains. David dans un premier temps pense à une demeure de pierre. Mais Dieu lui indique qu’il habitera plutôt dans la famille de David. Il veut se bâtir une maison humaine et non une maison de pierre.

C’est cette continuité de l’amour de Dieu qui se déploie en Jésus. Saint Paul le proclame en disant aux Romains que l’Évangile qu’il proclame c’est Jésus-Christ, mystère maintenant manifesté et «porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi » comme il est dit dans la deuxième lecture. La célébration de la Nativité de Jésus est l’occasion de le dire avec force aujourd'hui, « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Le temps de l'Avent nous aide à nous préparer à fêter Noël. Lorsque nous nous retrouverons à Noël autour de la crèche, nous ne ferons pas autre chose que de nous agenouiller devant un enfant qui est le Sauveur du monde, le Fils de Dieu qui établit sa demeure parmi nous: Dieu avec nous. Sa faiblesse nous montre comment notre Dieu se penche avec amour sur notre humanité.

Le mystère de Noël exprime dans la simplicité d’une naissance la grandeur et la beauté d’un Dieu qui habite chez nous, avec nous et en nous. Cette demeure a pris un visage humain en David et en Marie. Elle peut aussi prendre ton visage ou le mien. Tu es toi-même appelé à être une demeure pour l’enfant qui naîtra, et ainsi le mystère de Noël sera pour toi celui d’une nouvelle naissance du Verbe de Dieu dans ta vie et dans celle des personnes de ton entourage.


Homélie III° Avent BAuteur : Père Arturo

III Dimanche Avent B

Nous retrouvons aujourd’hui Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Il était le cousin de Jésus et c’est vers lui que Jésus est allé pour se faire baptiser au Jourdain. Dans notre préparation à Noël en ce 3e dimanche de l’Avent appelé domenica de gaudete ou dimanche de la joie, la liturgie de ce jour nous présente ce témoignage.

Jean-Baptiste est le témoin de la Lumière. Celui dont il annonce la venue, dont il prépare les voies, comme le souhaitait le prophète Isaïe: « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert» - porte en lui quelque chose d’unique, de divin, de transcendant. Il est la Lumière née de la Lumière comme le dit si bien le Symbole de Nicée-Constantinople.

La « Lumière » dont le Baptiste parle ici est à l’origine du monde, elle est Dieu lui-même qui s’est manifesté en Jésus, le Fils unique de Dieu qui s’est fait homme, qui s’est incarné. Cette présentation de Jean-Baptiste reflète la foi des premières communautés chrétiennes mais aussi la nôtre. Jean-Baptiste a entrevu la réalité du salut se réalisant en Jésus. Nous recevons son témoignage, confirmé par celui des apôtres proclamant «Jésus est Seigneur» après la résurrection , et nous affirmons aujourd'hui notre foi en Celui qui est la « Lumière du monde ». Jean-Baptiste en est le témoin privilégié.

L’attitude de Jean-Baptiste se caractérise par l’accueil et l’ouverture. Il précède Celui qui doit venir. Il invite à se débarrasser de ce qui empêcherait un accueil chaleureux. « Redressez le chemin du Seigneur » proclame-t-il. Concrètement, notre réponse à son appel pourrait cette année se traduire durant le temps de l'Avent par une démarche de pénitence en allant recevoir le Sacrement de la Réconciliation.

Le mouvement de préparation à Noël nous amène à sortir de nous-mêmes pour accueillir le Tout-Autre qui s’incarne en Jésus. L’accès à la Lumière commence en sachant reconnaître le Don de Dieu dans l’Enfant de la crèche dont nous célébrerons la naissance à Noël. Dieu se fait l'un de nous. Le Verbe se fait chair, dira saint Jean.

Dans le temps de l’Avent, cherchons à renouveler notre foi et notre attente de la vraie Lumière. Nous la voulons présente en nous et dans toute notre vie, mais nous savons que ce n’est pas nous qui apportons la Lumière. Nous recevons les rayons de cette Lumière à travers Jésus.

En ce dimanche de la joie que célèbre saint Paul dans la deuxième lecture, nous pouvons laisser celle-ci déborder en tout temps, en nous nourrissant de la prière et de l’action de grâces comme il le suggère: « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance». Le prophète Isaïe le souhaitait déjà en écrivant ce que nous avons lu dans la première lecture: «Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu...

La joie traduit une présence qui nous habite. Cette présence est au-delà des signes et des mots. Nous sommes invités à devenir de plus en plus lumière, clairs et purs, avec la grâce de Dieu.


Homélie II° Avent BAuteur : Père Arturo

En ce 2e dimanche de l’Avent, nous commençons à lire l’évangile de saint Marc qui nous accompagnera tout au long de l’année liturgique. C’est l’évangile qui rapporte ce que saint Pierre donnait dans sa prédication alors que Marc le suivait comme compagnon. C’est le premier des quatre évangiles, le plus court et concret.

Il est important de signaler, en premier lieu, le mot employé par saint Marc pour décrire son ouvrage, c'est le mot Évangile. Le mot « Évangile » formé à partir d’un mot grec signifie « Bonne Nouvelle ». On peut comprendre que la « Bonne Nouvelle », c’est le message qu’a proclamé Jésus ou encore que c’est Jésus lui-même qui est la « Bonne Nouvelle ».

Aujourd'hui, pour certains, cette « Bonne nouvelle » est classée comme fake news (c’est-à-dire fausse nouvelle) et pourtant, elle nous ouvre des chemins inédits et parfois étonnants. En employant ce mot « Évangile », saint Marc se situe à la suite des prophètes de l’Ancien Testament qui, comme Isaïe, invitaient le peuple d’Israël à accueillir le Seigneur comme une bonne nouvelle.

En second lieu, saint Marc, au tout début de son évangile, nous invite à nous ouvrir à la « Bonne Nouvelle » en mettant devant nos yeux le personnage de Jean-Baptiste, qui est comme la voix qui crie dans le désert dont parlait le prophète Isaïe. C’est l’invitation qui nous est faite à nous ce jour: «Préparez le chemin du Seigneur». Dans le temps de l’Avent, nous sommes invités à préparer la venue de la « Bonne Nouvelle » par un effort renouvelé d'ouverture.

Cet effort se nourrira des textes des évangiles. Ces évangiles sont faits de paroles et de mots dans lesquels s’est transmise la « Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu ». Est-ce que nous prenons la peine d’y revenir dans nos pensées et dans nos prières? Est-ce que ces paroles et ces mots viennent éclairer nos choix et nos décisions? Est-ce que nous y trouvons réconfort et inspiration pour notre vie ?

Ce sont des questions...Les mots des évangiles ne sont pas seulement des mots et des paroles qu’on connaît, qu’on se rappelle, qu’on transmet. Les paroles des évangiles sont les paroles de la « Bonne Nouvelle » et celle-ci ne peut s’enfermer dans les mots et les paroles. Elle va au-delà. Elle devient vie chez ceux et celles qui la reçoivent avec un cœur et une attitude d’attente et d’ouverture qui va au-delà de la simple compréhension intellectuelle.

Le temps liturgique de l’Avent nous aidera cette année à progresser dans cet accueil personnel renouvelé de la « Bonne Nouvelle » que nous avons choisie comme chemin de vie. C'est un choix qui demande ouverture et écoute. Quand je lis l’évangile, je dois le faire avec un désir de lumière sur ma propre vie et aussi dans une démarche de vérité dans mon existence.

Baptisés dans l’Esprit Saint, nous sommes entrés dans le chemin de la conversion qui, ainsi commencée, dure toujours et se continue tout au long de notre existence comme le souligne la deuxième lecture. D’ici Noël, restons éveillés et attentifs aux appels de la « Bonne Nouvelle ». Que cette Eucharistie où Jésus, Christ, Fils de Dieu nous rejoint personnellement par son Corps et son Sang soit pour nous un moment de vérité, d’accueil et de paix comme le dit si bien le passage de la lettre de saint Pierre.


Homélie I° Avent BAuteur : Père Arturo

Ier Dimanche Avent B

Aujourd'hui, nous remercions Dieu de pouvoir nous rassembler en tant que communauté pour célébrer le jour du Seigneur. Comme chaque année, au début du cycle liturgique, l'Église nous rappelle que ce monde finira un jour. Ainsi il nous prépare à nous souvenir de la venue sur terre du Fils de Dieu fait homme, sa naissance à Bethléem qui inaugure la Rédemption.

L'Avent nous prépare à vivre Noël. Préparer Noël, c'est avant tout attendre la venue de Jésus pour l'accueillir dans nos vies. Noël est un fait qui se répète tous les jours, pas seulement le 25 décembre, car chaque jour Jésus est dans la vie de chacun de nous, dans tout ce que nous faisons. Jésus est présent dans la bonté, l'amitié, la sincérité, dans la vérité, et l'honnêteté, dans la civilité, et l'éducation, dans le bien que nous faisons et le bonheur que nous transmettons à ceux qui sont tristes.

La liturgie est la meilleure catéchèse qui nous rassemble. L'écoute des textes sacrés nous permet de recevoir de manière synthétique un enseignement important, qui résonne surtout dans les messes dominicales. Les lectures de ce premier dimanche de l'Avent sont en continuité avec les textes de dimanche dernier où nous avons célébré la solennité du Christ-Roi. Il faut être vigilant car la venue du Seigneur est proche.

Chaque fois qu’à la messe nous disons "Viens, Seigneur Jésus!", nous prions pour la seconde venue de Jésus, la Parousie. Même si le moment où cela se produira reste inconnu, il n'en est pas pour autant moins désiré par ceux d'entre nous qui nous disons disciples du Christ..

Viens Seigneur Jésus, disons-nous dans les prières de la messe, et c'est l'expression que nous renouvelons spécialement au temps de l'Avent. Mais voulons-nous vraiment qu’Il vienne? Voulons-nous qu'il résolve nos problèmes, pour répondre à nos exigences et à nos caprices? Ce Noël, comme toujours, allons-nous lui demander quelque chose ou allons-nous enfin lui donner ce qu'il demande? Nous nous plaignons constamment de tout, de la situation de l'Église, du mal que font ceux qui nous gouvernent, du fait que nous sommes confinés, de la pandémie, des vaccins, des mensonges que nous entendons dans les media. La bonté infinie que Jésus nous a enseignée est la force qui peut mettre fin à tout ce qui ne va pas dans notre monde. De quoi avons-nous peur? En ce moment d’épreuve, le pire qui puisse nous arriver est que nous restions ici. N'ayez pas peur de la mort. Nous sommes citoyens du ciel !

Préparer Noël, c'est renforcer notre honnêteté, notre intégrité et notre sensibilité à la souffrance des autres. Pour cela, il est important que nous priions et que nous allions à Jésus sans nous évanouir, soyons vigilants et attendons l'entrée imminente de Jésus dans nos vies.


Homélie Christ Roi AAuteur : Père Arturo

Le Christ-Roi A

Les évangiles donnent à Jésus plusieurs titres. Le plus fréquent est celui de Christ qui veut dire l’Envoyé de Dieu, le Messie. D’autres noms sont aussi utilisés comme Berger, Maître, Serviteur, Fils de l’homme, Fils de Dieu, Agneau de Dieu etc. Aujourd’hui, nous fêtons Jésus sous son titre de Roi. Ce titre il se l’est attribué lui-même lorsque durant sa passion Pilate lui a demandé « Es-tu le roi des Juifs ? » La fête du Christ-Roi est donc pour nous une occasion d’entrer plus à fond dans le mystère de Jésus dont nous voulons être les disciples. 


L’évangile choisi pour la fête du Christ-Roi nous présente notre Roi sous un jour particulier. Dans son Royaume, les « grands » et les « nobles » sont les pauvres et les marginaux, ce que nous illustrent les paroles très connues de l’évangile qui vient d’être lu. « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi! »


Ces paroles mettent au premier rang du Royaume de Jésus les gens dans le besoin, les pauvres, les marginaux etc. Elles retentissent toujours avec force dans nos assemblées. Elles ne peuvent nous laisser indifférents. Ce sont elles qui ont inspiré des gens comme saint François d’Assise qui a épousé Dame Pauvreté, ou comme sainte Mère Teresa qui a donné sa vie pour les mourants et les personnes abandonnées. 


Les paroles de l'évangile selon saint Matthieu s’adressent à l’Église et à nous tous. Elles sont une invitation à ouvrir la porte pour que le Christ entre dans nos vies à travers des gestes simples: moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète...en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique. 


Le message à retenir aujourd’hui en cette fête du Christ, Roi de l’Univers, c’est que nous ne pouvons pas célébrer la Royauté du Christ et son Royaume sans mettre devant nos yeux ceux et celles qui sont sa présence réelle dans le monde.

 
Nous sommes invités à faire l’effort de les reconnaître autour de nous. Pour ce faire, il nous est donné un critère que l’Église a reconnu comme étant le signe indissociable de la sainteté des disciples de Jésus: reconnaître la présence de Jésus dans l’autre, en particulier dans le plus démuni et le plus pauvre, en d’autres mots, dans le service du prochain. C’est l’occasion aujourd’hui de demander pardon de nos torts, et de nous lancer à nouveau sur le chemin de l’accueil inconditionnel que nous propose Jésus.


Que cette Eucharistie, en nous unissant au Christ glorieux, nous aide à reconnaître la présence de Jésus dans les personnes que nous rencontrons, dans celles qui s’adressent à nous, dans celles qui dépendent de nous, dans toute personne dans le besoin : enfants, parents âgés, grands-parents, pauvres, handicapés, malades etc. 

 


Homélie XXXIII° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXXIII Dimanche ord A

Cette parabole de Jésus sur les « talents » nous renvoie encore une fois aux usages de son temps. Pour nous le mot « talent » est utilisé dans un sens bien différent. Pour les contemporains de Jésus, le mot « talent » se réfère à la mesure de poids ainsi qu’à l’unité monétaire la plus répandue dans la Grèce antique, correspondant à une certaine quantité d’or ou d’argent, environ 25,86 kg au temps de Jésus, dit-on. Ce qui représentait une somme très importante.


Pour Matthieu, le mot « talent » est utilisé comme une image. Pour lui cette image s’applique à la Parole de Dieu et à tous les dons que Dieu met en nous. Dans la parabole, on voit le maître qui part en voyage remettre à chacun des serviteurs une partie de ses biens pour qu’il la garde en son absence.  Ce maître représente Dieu qui, par son Fils Jésus, vient nous faire partager l’héritage des enfants de Dieu. Cet héritage nous est transmis par la Parole annoncée au cours de l’histoire du salut, depuis Abraham jusqu’à Jean-Baptiste en passant par Moïse et les prophètes.


Cette Parole de Dieu est toujours vivante et active. C’est ce cadeau que les serviteurs que nous sommes reçoivent. Il prend diverses formes. Il s’agit en premier lieu du don de la foi qui est au cœur de nos vies, mais il y a aussi tous les « talents » qui l’accompagnent.


Comme dans l’Évangile, certaines personnes peuvent reconnaître qu’elles en ont reçu en grande quantité, et d’autres en moins grande quantité. Ce qui est à retenir, c’est que dans tous les cas, ces « talents » font partie des biens du maître. Ils sont ainsi pour nous des dons de Dieu quels qu’ils soient. Dans nos communautés chrétiennes, ils pourront se transformer en charismes et en ministères si nous savons les cultiver et les faire croître .


Au retour du voyage du maître, les serviteurs sont convoqués pour rendre compte de ce qu’ils ont fait des « talents » reçus. Le premier et le second des serviteurs sont heureux de faire état d’une croissance importante des sommes qui leur avaient été confiées. Grâce à leur initiative et à leur créativité, ils les ont doublées. Le troisième quant à lui s’est contenté de conserver la somme en l’enfouissant en terre. 


Le maître qui représente Dieu va faire l’éloge des deux premiers et renvoyer le troisième sans ménagement. Ainsi pour Jésus, il ne s’agit pas seulement de conserver ses « talents », ses dons. Il est important de les mettre en œuvre. Le salut ne se résume pas à dire « Seigneur, Seigneur ». Les œuvres et les gestes d’amour, de compassion, de partage font partie de la vie du disciple de Jésus autant que les paroles.


La parabole des talents nous renvoie à nous-mêmes dans la façon de vivre notre vie chrétienne. Elle est une source d’inspiration et de questionnements. Comment développer les dons reçus du Seigneur? Comment incarner dans notre vie la Parole de Dieu? Quels chemins prendre pour aller plus loin dans notre cheminement spirituel?


Il est important de laisser ces questions monter en nous. Dans le temps de l'Église, nous sommes comme des voyageurs en marche vers la demeure où Jésus nous attend. Nous attendons dans la foi le Retour du Christ. Nous avançons tendus vers l’avant, poursuivant notre course en mettant en oeuvre les dons reçus du Seigneur. Comme le dit saint Paul dans la seconde lecture: « Ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants ». Le maître, le Christ, laisse à chacun et à chacune la liberté de faire ses choix. La réponse appartient à chaque personne. Rendons grâces à Dieu aujourd’hui dans notre Eucharistie pour tous les « talents » donnés, particulièrement le don de sa Parole et demandons la grâce de savoir les recevoir et les faire fructifier pour sa plus grande gloire. 


Homélie XXXII°ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXXII Dimanche ord A

L’histoire des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes (les vierges sages et les folles) est bien étrange pour les gens du 21e siècle. C’est donc un récit marqué par les usages du temps de Jésus, un très beau message concernant la venue de Jésus aujourd’hui dans nos vies et à la fin des temps.

La parabole fait référence aux rites des noces en Palestine au temps de Jésus. Deux cortèges de jeunes filles sont mis en scène. L’époux quittait sa résidence pour venir rencontrer celle qu’il épousait. Celle-ci l’attendait. Ses amies, ses dames d’honneur, formaient un cortège pour aller chercher le futur époux et l’accompagner aux noces.

Nous voyons deux genres de jeunes filles: les prévoyantes et les insouciantes. Les premières ont rempli leur lampe d’huile et en ont apporté en réserve. Les secondes sont parties sans se poser de question. Et ce qui devait arriver arriva, l’époux tarde on ne sait trop pourquoi. Les jeunes filles s’endorment et c’est en entendant le cri « Voici l’Époux » qu’elles se réveillent et rallument leurs lampes. Les prévoyantes ont ce qu’il faut tandis que pour les insouciantes l’huile fait défaut. Elles manqueront la fête et resteront en dehors car la porte leur sera fermée.

Les images de cette parabole sont faciles à comprendre pour nous. L’époux représente, bien sûr, Jésus lui-même qui veut s’unir à chaque disciple dans une relation personnelle d’amour et de fidélité où toute la vie de la personne est engagée. L’huile qui remplit les lampes est l’Évangile lui-même, la Parole de Dieu, qui permet d’être éclairé, de se tenir dans l’attente, d’accompagner l’Époux et de vivre avec lui les noces éternelles.

Les jeunes filles représentent les disciples de Jésus. Les jeunes filles insouciantes ne sont pas de mauvaises personnes. Elles vont à la recherche de l’Époux qui est Jésus. Elles écoutent la Parole de Dieu mais celle-ci ne s’enracine pas. Leurs actes ne correspondent pas à cette Parole. Elle ne remplit pas leur vie comme l’huile remplit la lampe. Elles crient « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous », mais là encore ce ne sont que des mots.

Faire la volonté du Père des Cieux. Voilà le chemin qu’ont choisi les jeunes filles prévoyantes. Elles sont prêtes à suivre l’Époux et à aller jusqu’au bout. Elles remplissent leur lampe de l’huile de l’Évangile, elles savent reconnaître les appels et les passages de l’Époux. Voilà notre modèle de disciples. C’est un chemin qui n'est pas toujours facile.

Dans cette parabole, Jésus reconnaît ceux et celles qui savent le reconnaître. Notre relation avec Dieu est un échange, une alliance, une vie où les mots doivent s’incarner dans des actes et des œuvres. La vigilance qui nous est demandée consiste à porter attention à la présence de Jésus parmi nous maintenant, et lors de son retour à la fin des temps.

La vigilance se traduit par la prière et par des actes concrets : service, partage, compassion, accueil etc. Elle s'appuie sur l’espérance qui nous inscrit dans la durée. Elle nous fait transcender les temps en nous gardant les yeux fixés vers l’invisible que nous attendons pour être « pour toujours avec le Seigneur », comme le dit saint Paul dans la seconde lecture.

Vous voyez que cette histoire des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes est porteuse d’un message très actuel. Cette invitation à la vigilance concerne non seulement les individus disciples de Jésus, mais toutes les communautés chrétiennes. Tous ensemble nous formons le Peuple de Dieu, et je ne suis disciple prévoyant ou prévoyante dont la lampe est remplie de l'Évangile, de la Parole de Dieu, que si je le suis en communion avec mes frères et sœurs.

 


Homélie solennité de la Toussaint ordinaire AAuteur : Père Arturo

Solennité de tous les saints – Année A

Le vrai protagoniste de la fête est certainement la foule des enfants de Dieu, son Peuple, qui est au cœur du Royaume que Dieu a voulu établir. De cette foule, la liturgie nous propose deux aperçus dans les textes d’aujourd’hui d’un point de vue chronologique, la première et la dernière image du Peuple.

+ D’abord le Sermon sur la Montagne: “En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.” L’Incarnation du Verbe marque l’arrivée du Royaume, annoncé par les prophètes. Notre-Seigneur va proclamer la «grande charte» de son Royaume. Il s’adresse aux foules et non pas seulement à un petit groupe de privilégiés : c’est l’appel universel à la sainteté !

+ Ensuite la première lecture, tirée de l’Apocalypse: “Et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.” C’est la même foule que nous avons trouvée sur la Montagne, mais ayant atteint ses dimensions définitives et universelles, alors que là-bas elle n’était qu’un germe du Peuple que Dieu allait constituer.

Voilà deux grands moments de l’histoire du salut : les débuts du Règne du Christ et son parfait achèvement dans le Ciel. Entre les deux : le temps du Christ et le temps de l’Église; et certainement nous-mêmes. Entre les deux, la force salvifique de la Rédemption qui ne se trouve que dans l’Église du Christ ; l’action de la grâce de Dieu qui cherche à nous sauver, en nous faisant entrer dans le Royaume. Soyons-en sûrs, Dieu veut nous sauver, mais en tant que membres de son Peuple, dans l’Église, bien insérés dans la Communion des saints.

Telles sont les prémisses de cette fête qui nous livre un triple message. Quels sont donc les trois messages que l’Église nous adresse aujourd’hui ?

+ Aidé par la grâce, l’homme est capable d’entrer dans le Royaume de Dieu. Cela signifie concrètement que tout homme peut aspirer à la sainteté et à la plénitude de la vie chrétienne. L’Église nous le rappelle sans cesse, en particulier aujourd’hui.

+ Or, deuxième message, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour y accéder. Le Sermon sur la montagne en résume les aspects essentiels. Et, dans ce Sermon, les Béatitudes constituent une présentation synthétique des qualités d’un enfant de Dieu, du bon disciple.

+ Or, les Béatitudes sont avant tout les traits qui dessinent le visage du Christ. Chaque Béatitude met en lumière un aspect de la vie de Notre-Seigneur. Et, pour entrer dans le Royaume, il faut lui ressembler, s’identifier à lui, avec la certitude d’atteindre, par cette voie, le bonheur.

Soyons bien conscients que le chemin des Béatitudes est très différent de celui que suggère la vision humaine de la vie. Celle-ci place le bonheur dans la satisfaction de l’amour propre et de l’égoïsme: richesses, pouvoir, plaisirs. Jésus seul a la bonne réponse, qui est assez surprenante pour l’opinion commune. Heureux les pauvres en esprit, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont un cœur pur…

 


Homélie XXX°ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXX Dimanche ord A

Ce dimanche, l'Évangile de Matthieu nous sert d'exemple pour jeter les bases et l’orientation de toute notre vie. Dimanche dernier, nous avons observé comment les pharisiens voulaient inciter Jésus à se prononcer pour qu'il réponde s'il faut obéir à Dieu ou à l'État. Cette semaine, les pharisiens reviennent, "le mettant à l'épreuve" avec cette question: "Quel est le commandement principal de la Loi?" Ils étaient des adhérents zélés aux 613 lois prescrites aux Juifs. Jésus répond clairement: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit". Et d’ajouter un autre commandement: “Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Bref, ce que Jésus nous dit, c'est que toute notre vie doit être dirigée et concentrée sur Dieu. Il s'agit alors de discerner la volonté de Dieu sur nous, et de la mettre au centre de notre vie. Pas de richesse, pas de plaisir, pas de pouvoir, pas d'honneur, pas de famille, pas de pays, qui sont des biens en eux-mêmes, mais Dieu seul devrait être le centre de notre vie, car ce n'est qu'ainsi que nous pouvons l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit.

L'amour de Dieu est gratuit et universel. Les pharisiens avaient déformé l'esprit initial de la loi et il semble que nous continuions à faire de même. "Celui qui dit qu'il aime Dieu et déteste son frère est un menteur." Dans une société où l'anonymat, la solitude, le vide affectif abondent, il est nécessaire d'annoncer que «Dieu est compatissant».

 

Dieu nous aime follement et c'est pourquoi il nous donne ces commandements d'amour. Il nous a mis au monde pour profiter de la vie, mais nous déformons les paramètres de l'amour qu'Il nous a donnés. L'amour de Dieu devient visible et concret dans l'amour du prochain, sinon tout est un grand mensonge. Nous passons notre vie à prier et à nous frapper la poitrine, et à nous reprocher des crimes dont Dieu ne nous accuse pas. Nous le rendons responsable de notre vie misérable et nous avons peur de lui parce qu'on nous a dit que Dieu juge et punit, et nous oublions que c'est d’amour qu’il s’agit. Dieu ne tient pas compte de nos péchés, ne fait pas de différence entre le bon et le méchant car pour lui nous sommes tous ses enfants.

Jésus unit inséparablement le divin et l'humain. C'est une illusion de penser que vous êtes en relation avec Dieu si vous avez une mauvaise relation avec quelqu'un. En faisant cette union, Jésus sécularise la religion, il la simplifie et nous dit que le plus important dans la vie est d'être toujours respectueux, tolérant, de bonnes personnes et de bons citoyens.

Soyons vigilants dans le moment présent car nous perdons du temps à regretter les choses du passé et à craindre l'avenir. La pandémie a engendré beaucoup de détresse chez de nombreuses personnes. Nous nous sommes fait un Dieu sur mesure. L'Église a manqué de nombreuses occasions de montrer ce Dieu aimant qui nous aime et nous ne sommes préoccupés que par l'accomplissement des commandements et des préceptes. Cela me rend triste de voir tant de jeunes ici en France qui ne connaissent pas Jésus parce qu'ils n'ont jamais entendu parler de lui. Nous cherchons Dieu au dehors en oubliant que nous l'avons à l'intérieur. Vivez le moment présent, arrêtez de compliquer les choses. Si vous ne trouvez pas Dieu dans les choses ordinaires de chaque jour, peut-être que vous ne le trouverez jamais...


Homèlie XXVI° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXVI Dimanche ord A

La lettre de saint Paul aux Philippiens dans la deuxième lecture de ce dimanche est l'un des plus anciens écrits de notre religion: c’est l’adaptation d'une ancienne hymne christologique. Dès le début, la communauté chrétienne a reconnu le Christ comme Dieu. Tout au long de l'histoire, beaucoup ont nié et nient encore aujourd’hui la divinité du Christ, qu'ils considèrent comme un mythe ou une invention de l'Église primitive, donnant lieu à de nombreuses hérésies. Dans ce texte, nous trouvons l'affirmation du contraire, c'est pourquoi il ne peut s'agir d'une invention.

À l'intérieur de chacun de nous, il y a un besoin de se sentir supérieur aux autres, au point même de tomber dans la tentation du serpent dans la Genèse. Nous voulons être comme Dieu, et c'est pourquoi nous avons tendance à nous prendre pour le centre de l'univers, nous décidons du bien et du mal, nous devenons la mesure de toutes choses. Le seul qui pourrait légitimement adopter le titre de Dieu ne le fait pas, Jésus ne s'accroche pas à sa divinité, alors pourquoi le faisons-nous ? Que signifie pour nous être Dieu? Pouvoir, argent, célébrité, etc. Tout le contraire de ce que Jésus nous propose, car en tant que vrai Dieu, il préfère le service, l’humilité. Jésus se vide de lui-même et nous montre l'exemple.

Après l'entrée de Jésus à Jérusalem et la violente expulsion des marchands du temple, l'Évangile de Matthieu présente trois paraboles contre les chefs religieux avec lesquelles Jésus confronte les responsables de la religion. Aujourd'hui, il leur dit que ce sont eux qui ne font pas ce que Dieu veut, c'est-à-dire qu'il les compare au premier fils de la parabole. On comprend pourquoi ils voulaient le tuer. Ces hommes si religieux, c'étaient des traîtres et des lâches !

L'éthique de Jésus n'est pas l'éthique du but et des mots, mais l'éthique des actes. Surtout quand ce qui est dit est exactement le contraire de ce qui est fait. Et c’est ce qui se passe si souvent dans certains environnements religieux dans lesquels les gens se prononcent contre l'attachement aux choses, aux gens, au travail ou à l'argent; ils critiquent l'orgueil de ceux qui occupent des fonctions de pouvoir et de dignité, mais en réalité ils envient ces postes et voudraient être eux aussi très élevés, riches et puissants; ils sont de sévères censeurs des autres, vivant eux-mêmes une double vie.

Les groupes les plus méprisés par l'élite religieuse (les publicains et les prostituées) les précèdent sur la route du Royaume. Pour Jésus, les derniers sur le chemin de Dieu sont ceux qui pensent être en avance sur les autres et ceux qui se considèrent comme l'exemple à suivre. Nous sommes tous des personnes avec des vertus et des défauts. Seul l'amour a le pouvoir de nous transformer intérieurement et nous faire accepter nos défauts et les défauts des autres. Quand nous n'avons pas d'amour dans notre vie, nous devenons xénophobes, homophobes et autres phobies existantes et futures. Nous devons valoriser ce que nous avons en commun car cela nous unit plus que ce qui nous sépare, et être aussi compatissants les uns envers les autres : c'est ce que Jésus est venu nous enseigner et que nous n'avons pas tout à fait compris.