Paroisse Sainte Marie de Billère

Site officiel de la paroisse de Billère

Sous la protection de Saint Gabriel Archange


Messes samedi et dimanche soir à 16h église Saint Laurent
Homélie Baptême du Seigneur BAuteur : Père Arturo

Le Baptême du Seigneur - B

Le Baptême de Jésus dans le Jourdain, que nous fêtons aujourd'hui, c’est l’inauguration du ministère de Jésus. Aujourd'hui est un jour particulièrement spécial car un jeune de la paroisse demande à être admis pour commencer le catéchuménat et se faire baptiser plus tard. Nous accompagnons Mario Togores avec nos prières. Saint Marc place au début de son évangile le Baptême de Jésus qui s'est préparé depuis longtemps. Les prophètes et Jean-Baptiste espéraient et annonçaient la venue d'un Sauveur. Leur foi ne se laissait pas ébranler même lorsque tout paraissait perdu. Isaïe en témoigne ici dans la première lecture. « Consolez mon peuple…Voici votre Dieu… Comme un berger, il conduit son troupeau: son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.»

Jean-Baptiste, lui, reconnaît que les temps sont venus où Dieu va manifester son amour pour ses enfants en leur envoyant son Fils lui-même. C'est le grand mérite de Jean-Baptiste d'avoir su reconnaître en Jésus l'Envoyé du Père, celui qu'on attendait. « Moi, je vous baptise avec de l’eau : Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » lit-on dans l’évangile qui vient d’être proclamé.

Liturgiquement, cette solennité du Baptême du Seigneur arrive à la fin du temps de Noël et dans le sillage de l'Épiphanie, la manifestation du Christ aux nations. Elle est, elle aussi, une manifestation de la mission de Jésus pour le salut du monde dont elle marque l’inauguration publique de son ministère.

Comment se passe cette inauguration du ministère de Jésus? Jésus arrive de Nazareth. Il vient vers Jean-Baptiste pour se faire baptiser. Jean-Baptiste donne depuis quelque temps, dans l’eau du Jourdain, un baptême de conversion qui invite les gens à changer leur cœur et à se tourner vers Dieu.

Pour Jean-Baptiste, Jésus est le Sauveur promis. Pour lui, Jésus n'a pas besoin de ce genre de conversion. Cependant, en se mêlant à tout le peuple, Jésus fait comprendre à Jean-Baptiste qu'il désire être baptisé lui aussi, non parce qu'il a besoin de se convertir, mais parce qu'il porte les péchés et le poids des souffrances de ses frères et sœurs qu'il est venu libérer et sauver. Jésus, en entrant dans le Jourdain, assume cette mission extraordinaire qui sera la sienne: donner sa vie pour la multitude..

La scène du Baptême de Jésus telle que racontée par saint Marc prend une allure théophanique. Des symboles l'accompagnent: les cieux se déchirent, l'Esprit descend sous la forme d'une colombe et une voix se fait entendre. Ces trois symboles viennent confirmer à Jean-Baptiste qu'il a vu juste. Jésus, en descendant dans l'eau du Jourdain, s'engage à suivre le chemin que Dieu son Père lui a tracé. Il dit déjà dans son cœur ce qu'il dira au Jardin des Oliviers lors de son agonie : « Père, que ta volonté se fasse et non la mienne ».

Jésus sait que la route ne sera pas toujours facile, mais il accepte de la prendre avec générosité et sans regarder en arrière. Il ira de l'avant dans la voie d'un amour fou pour ses frères et sœurs. Il rétablira la créature blessée dans sa beauté originelle et, comme l’explique saint Paul aux Romains, par le baptême il fera de toute personne qui le suit une créature nouvelle. “De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.”

Cette fête fixe notre regard sur Jésus quittant sa vie tranquille d'humble artisan à Nazareth pour celle de prédicateur, de messager de l'amour de Dieu pour l'humanité. Nous le voyons répondre avec confiance à cette vocation qui est la sienne et qu'il suivra sans faillir, même dans les pires souffrances. Demandons-lui de nous garder, comme Lui, confiants en Dieu qui dit aujourd'hui à chacun de nous: « Tu es mon fils bien-aimé, ma fille bien-aimée et je t'aime».


Homélie Sainte Marie Mère de Dieu BAuteur : Père Arturo

Sainte Marie, Mère de Dieu, 1er Janvier B

L'année qui se termine nous a demandé beaucoup d'adaptation, beaucoup d'ajustement pour suivre les règles sanitaires et, dans certains cas, certaines personnes parmi vous ont vécu des deuils imprévus.

Notre accueil de la vie à travers ce contexte nouveau a été remis en question. Nous en avons découvert la richesse et la beauté. Les périodes de confinement nous ont permis, je l'espère, d'aller plus en profondeur dans nos relations et de nous dégager de l'accessoire auquel nous nous arrêtons trop souvent.

Je souhaite que l'année 2021 vous trouve encore plus ouverts aux surprises de l'Esprit et que votre foi s'en trouve raffermie. Je souhaite que vous preniez le temps de dire à vos proches et à vos amis que vous les aimez. Ce sont des mots qui souvent restent là dans notre coeur, mais il est bon, parfois, de les dire de vive voix.

Chaque nouvelle année ouvre un espace où se bâtit non seulement un avenir mais où se déroule notre vie présente. Celle-ci sera marquée par les expériences de la pandémie de 2020, mais aussi par celles des années passées.

Les personnes plus âgées se plaisent à faire le point et à revenir sur ce qu’a été leur vie. Ils la revoient avec joie et avec peine parfois. Mais il savent qu’elle n’est pas terminée. Ils la chérissent et ils la reçoivent de Dieu comme un cadeau.

Les plus jeunes sont remplis d'énergie, de projets, de rêves et ils sont souvent emportés dans un tourbillon d'activités. Ils feront bien au cours de la prochaine année de s’asseoir et de tenter de faire un bilan de temps à autre. Je vous souhaite d'avoir une belle année 2021 et d'en profiter au mieux dans les circonstances actuelles.

« Marie, Mère de Dieu » : ce titre donné à Marie a été l’objet d’une longue réflexion. C’est un concile œcuménique, le concile de Nicée en 431, qui consacre définitivement le titre de Mère de Dieu (Theotoxos) donné à Marie. Tout le mystère de la maternité divine réside dans la phrase de saint Paul dans la deuxième lecture : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ».

Jésus est pleinement humain. Il a été porté par sa mère comme tous les enfants. Elle l’a mis au monde puis avec saint Joseph elle l’a nourri, élevé et éduqué comme un bon Juif attaché à l’Alliance de Dieu avec son peuple choisi et portant dans sa chair le signe de cette appartenance. Jésus est donc pleinement humain dans son corps, dans sa chair, dans son esprit et Marie est sa mère bénie entre toutes les femmes.

C’est notre foi et nous reconnaissons le Fils de Dieu dans l’enfant de Marie. C’est pourquoi, on peut la vénérer comme la Mère de Dieu, non pas qu’elle ait engendré Dieu, mais parce qu’elle a engendré Celui qui a été reconnu comme le Fils de Dieu envoyé par le Père pour le salut du monde.


Homélie Noël BAuteur : Père Arturo

Noël B

Joyeux Noël, chers frères et soeurs! "A différentes occasions et de bien des manières, Dieu a parlé, et cela se vérifie tout au long de l'histoire humaine, Dieu n'a jamais cessé de nous parler. Et cela devrait nous sembler une évidence, si nous prenons en compte que Dieu est notre Père et qu’il nous aime. Quand une personne en aime une autre, elle aime communiquer avec elle, lui transmet ses souhaits et révèle ses sentiments, exprime ses peurs et ses espérances, présente ses plaintes et ses satisfactions. Aujourd'hui et toujours, Dieu continue de nous parler, d’une autre façon peut-être, mais il continue à nous aimer et continue donc à communiquer avec nous.

La joie de l'Évangile remplit le cœur et la vie entière de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui acceptent d'être sauvés par Lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l'isolement. Avec Jésus-Christ, la joie naît et renaît toujours.

Le signe que Dieu a donné aux bergers et qu’il nous donne aujourd’hui encore n'est pas un miracle frappant. Le signe de Dieu est son humilité. Il devient petit; il devient un enfant; il se laisse toucher et demande notre amour. Et ainsi il nous invite à lui ressembler dans l'humilité.

La Parole de Dieu n'est pas un rêve fantastique de l'évangéliste. C'est une réalité sensible et tangible, dont le nom est Jésus de Nazareth. La réalité de la présence de Dieu a commencé à influencer les hommes historiquement avec le début de la vie de Jésus: cet événement est le moment décisif de l'histoire du salut; les chrétiens en témoignent. Le mot «chair» désigne chez Jean tout ce qui constitue la faiblesse humaine, tout ce qui conduit à la mort comme étant la limite de l'homme. L'incarnation n'est pas une apparence: c'est par l'expérience de notre humanité que nous devons nous approcher de Dieu en Jésus. La révélation définitive de Dieu a un visage humain.

La grâce de Dieu a certainement touché très profondément les simples bergers, provoquant en eux un fort renouveau spirituel, pour lequel «ensuite ils glorifiaient et louaient Dieu parce que tout ce qu'ils avaient vu et entendu était tel que cela leur avait été annoncé».

Les bergers sont ces «pauvres en esprit» que Jésus mentionne plus tard dans Ses Béatitudes en affirmant «que le Royaume des Cieux leur appartient» ... Et ce Royaume peut aussi être le nôtre, si nous sommes comme eux: simples et humbles. Ils ont cru, sans se poser de questions et sans hésitation, ils ont tout laissé pour répondre à l'appel de Dieu, et ils l'ont cherché et rapidement trouvé. Quand nous disons que nous connaissons Dieu, ce que nous savons n'est plus Dieu mais un objet que nous fabriquons... Ce que nous pouvons savoir de Dieu, c'est ce qui nous a été révélé dans l'enfant «emmailloté et couché dans une crèche». Cette année a été très difficile pour beaucoup. La douleur de tous ceux qui passent un mauvais moment me fait mal. Au milieu de cette crise, et grâce au témoignage de ma paroisse, ma foi s'est renforcée et je vis mes jours dans la joie et la paix. Merci Seigneur ! Aujourd'hui, je voudrais croire à nouveau comme quand j'étais enfant: aux gens, aux miracles et que le monde peut être meilleur. Aujourd'hui, je souhaite que Noël soit vraiment la naissance de l'enfant de Dieu en moi, en vous, que ce soit l'occasion de recommencer, de réfléchir à comment être meilleur. La grandeur de Dieu est la grandeur de cet enfant qui n'a d'autre grandeur que la grandeur de son humanité.

Efforçons-nous donc de transformer ce monde de sauvages en l’humanisant, et ce monde humain en le divinisant.


Homélie IV° avent BAuteur : Père Arturo

IV Dimanche Avent B

Les lectures de ce dimanche nous présentent deux personnages majeurs de l’histoire du salut: David et Marie. Le premier désire construire une demeure pour Dieu et l’autre est elle-même la demeure que Dieu s’est choisie.

Commençons par Marie. La scène de l’Annonciation qui nous est décrite dans le texte de saint Luc a été représentée de plusieurs façons dans l’art. En général on voit l’ange dans une position debout et Marie agenouillée dans une attitude de prière. Il y a cependant une autre tradition qui inverse les attitudes. Marie est assise ou même agenouillée, mais l’ange s’approche en mettant un ou deux genoux à terre, dans une attitude de vénération pour cette jeune fille devant lui. Ce dernier type de représentation de l’Annonciation nous fait tourner nos regards vers Marie plutôt que vers le messager. Il met en évidence le mystère d’une présence en elle.

Noël n’est rien d’autre que la venue à la lumière de Celui qui est la Lumière du monde. Porté par Marie pendant neuf mois, il est offert au monde, mais il continuera de demeurer spirituellement en elle jusqu’à la fin de sa vie et pour l’éternité. Elle se retrouvera au pied de la croix, Mère des douleurs qui devient alors notre mère puisque Jésus la donne à toute l’Église en disant à l’apôtre Jean qui nous représente: « Voici ta mère ».

Pour comprendre le caractère unique de ce rôle de Marie, nous pouvons réécouter la première lecture. Dans ce passage du livre de Samuel, on entend Dieu qui parle à David par le prophète Nathan. Il se cherche une demeure chez les humains. David dans un premier temps pense à une demeure de pierre. Mais Dieu lui indique qu’il habitera plutôt dans la famille de David. Il veut se bâtir une maison humaine et non une maison de pierre.

C’est cette continuité de l’amour de Dieu qui se déploie en Jésus. Saint Paul le proclame en disant aux Romains que l’Évangile qu’il proclame c’est Jésus-Christ, mystère maintenant manifesté et «porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi » comme il est dit dans la deuxième lecture. La célébration de la Nativité de Jésus est l’occasion de le dire avec force aujourd'hui, « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Le temps de l'Avent nous aide à nous préparer à fêter Noël. Lorsque nous nous retrouverons à Noël autour de la crèche, nous ne ferons pas autre chose que de nous agenouiller devant un enfant qui est le Sauveur du monde, le Fils de Dieu qui établit sa demeure parmi nous: Dieu avec nous. Sa faiblesse nous montre comment notre Dieu se penche avec amour sur notre humanité.

Le mystère de Noël exprime dans la simplicité d’une naissance la grandeur et la beauté d’un Dieu qui habite chez nous, avec nous et en nous. Cette demeure a pris un visage humain en David et en Marie. Elle peut aussi prendre ton visage ou le mien. Tu es toi-même appelé à être une demeure pour l’enfant qui naîtra, et ainsi le mystère de Noël sera pour toi celui d’une nouvelle naissance du Verbe de Dieu dans ta vie et dans celle des personnes de ton entourage.


Homélie III° Avent BAuteur : Père Arturo

III Dimanche Avent B

Nous retrouvons aujourd’hui Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Il était le cousin de Jésus et c’est vers lui que Jésus est allé pour se faire baptiser au Jourdain. Dans notre préparation à Noël en ce 3e dimanche de l’Avent appelé domenica de gaudete ou dimanche de la joie, la liturgie de ce jour nous présente ce témoignage.

Jean-Baptiste est le témoin de la Lumière. Celui dont il annonce la venue, dont il prépare les voies, comme le souhaitait le prophète Isaïe: « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert» - porte en lui quelque chose d’unique, de divin, de transcendant. Il est la Lumière née de la Lumière comme le dit si bien le Symbole de Nicée-Constantinople.

La « Lumière » dont le Baptiste parle ici est à l’origine du monde, elle est Dieu lui-même qui s’est manifesté en Jésus, le Fils unique de Dieu qui s’est fait homme, qui s’est incarné. Cette présentation de Jean-Baptiste reflète la foi des premières communautés chrétiennes mais aussi la nôtre. Jean-Baptiste a entrevu la réalité du salut se réalisant en Jésus. Nous recevons son témoignage, confirmé par celui des apôtres proclamant «Jésus est Seigneur» après la résurrection , et nous affirmons aujourd'hui notre foi en Celui qui est la « Lumière du monde ». Jean-Baptiste en est le témoin privilégié.

L’attitude de Jean-Baptiste se caractérise par l’accueil et l’ouverture. Il précède Celui qui doit venir. Il invite à se débarrasser de ce qui empêcherait un accueil chaleureux. « Redressez le chemin du Seigneur » proclame-t-il. Concrètement, notre réponse à son appel pourrait cette année se traduire durant le temps de l'Avent par une démarche de pénitence en allant recevoir le Sacrement de la Réconciliation.

Le mouvement de préparation à Noël nous amène à sortir de nous-mêmes pour accueillir le Tout-Autre qui s’incarne en Jésus. L’accès à la Lumière commence en sachant reconnaître le Don de Dieu dans l’Enfant de la crèche dont nous célébrerons la naissance à Noël. Dieu se fait l'un de nous. Le Verbe se fait chair, dira saint Jean.

Dans le temps de l’Avent, cherchons à renouveler notre foi et notre attente de la vraie Lumière. Nous la voulons présente en nous et dans toute notre vie, mais nous savons que ce n’est pas nous qui apportons la Lumière. Nous recevons les rayons de cette Lumière à travers Jésus.

En ce dimanche de la joie que célèbre saint Paul dans la deuxième lecture, nous pouvons laisser celle-ci déborder en tout temps, en nous nourrissant de la prière et de l’action de grâces comme il le suggère: « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance». Le prophète Isaïe le souhaitait déjà en écrivant ce que nous avons lu dans la première lecture: «Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu...

La joie traduit une présence qui nous habite. Cette présence est au-delà des signes et des mots. Nous sommes invités à devenir de plus en plus lumière, clairs et purs, avec la grâce de Dieu.


Homélie II° Avent BAuteur : Père Arturo

En ce 2e dimanche de l’Avent, nous commençons à lire l’évangile de saint Marc qui nous accompagnera tout au long de l’année liturgique. C’est l’évangile qui rapporte ce que saint Pierre donnait dans sa prédication alors que Marc le suivait comme compagnon. C’est le premier des quatre évangiles, le plus court et concret.

Il est important de signaler, en premier lieu, le mot employé par saint Marc pour décrire son ouvrage, c'est le mot Évangile. Le mot « Évangile » formé à partir d’un mot grec signifie « Bonne Nouvelle ». On peut comprendre que la « Bonne Nouvelle », c’est le message qu’a proclamé Jésus ou encore que c’est Jésus lui-même qui est la « Bonne Nouvelle ».

Aujourd'hui, pour certains, cette « Bonne nouvelle » est classée comme fake news (c’est-à-dire fausse nouvelle) et pourtant, elle nous ouvre des chemins inédits et parfois étonnants. En employant ce mot « Évangile », saint Marc se situe à la suite des prophètes de l’Ancien Testament qui, comme Isaïe, invitaient le peuple d’Israël à accueillir le Seigneur comme une bonne nouvelle.

En second lieu, saint Marc, au tout début de son évangile, nous invite à nous ouvrir à la « Bonne Nouvelle » en mettant devant nos yeux le personnage de Jean-Baptiste, qui est comme la voix qui crie dans le désert dont parlait le prophète Isaïe. C’est l’invitation qui nous est faite à nous ce jour: «Préparez le chemin du Seigneur». Dans le temps de l’Avent, nous sommes invités à préparer la venue de la « Bonne Nouvelle » par un effort renouvelé d'ouverture.

Cet effort se nourrira des textes des évangiles. Ces évangiles sont faits de paroles et de mots dans lesquels s’est transmise la « Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu ». Est-ce que nous prenons la peine d’y revenir dans nos pensées et dans nos prières? Est-ce que ces paroles et ces mots viennent éclairer nos choix et nos décisions? Est-ce que nous y trouvons réconfort et inspiration pour notre vie ?

Ce sont des questions...Les mots des évangiles ne sont pas seulement des mots et des paroles qu’on connaît, qu’on se rappelle, qu’on transmet. Les paroles des évangiles sont les paroles de la « Bonne Nouvelle » et celle-ci ne peut s’enfermer dans les mots et les paroles. Elle va au-delà. Elle devient vie chez ceux et celles qui la reçoivent avec un cœur et une attitude d’attente et d’ouverture qui va au-delà de la simple compréhension intellectuelle.

Le temps liturgique de l’Avent nous aidera cette année à progresser dans cet accueil personnel renouvelé de la « Bonne Nouvelle » que nous avons choisie comme chemin de vie. C'est un choix qui demande ouverture et écoute. Quand je lis l’évangile, je dois le faire avec un désir de lumière sur ma propre vie et aussi dans une démarche de vérité dans mon existence.

Baptisés dans l’Esprit Saint, nous sommes entrés dans le chemin de la conversion qui, ainsi commencée, dure toujours et se continue tout au long de notre existence comme le souligne la deuxième lecture. D’ici Noël, restons éveillés et attentifs aux appels de la « Bonne Nouvelle ». Que cette Eucharistie où Jésus, Christ, Fils de Dieu nous rejoint personnellement par son Corps et son Sang soit pour nous un moment de vérité, d’accueil et de paix comme le dit si bien le passage de la lettre de saint Pierre.


Homélie I° Avent BAuteur : Père Arturo

Ier Dimanche Avent B

Aujourd'hui, nous remercions Dieu de pouvoir nous rassembler en tant que communauté pour célébrer le jour du Seigneur. Comme chaque année, au début du cycle liturgique, l'Église nous rappelle que ce monde finira un jour. Ainsi il nous prépare à nous souvenir de la venue sur terre du Fils de Dieu fait homme, sa naissance à Bethléem qui inaugure la Rédemption.

L'Avent nous prépare à vivre Noël. Préparer Noël, c'est avant tout attendre la venue de Jésus pour l'accueillir dans nos vies. Noël est un fait qui se répète tous les jours, pas seulement le 25 décembre, car chaque jour Jésus est dans la vie de chacun de nous, dans tout ce que nous faisons. Jésus est présent dans la bonté, l'amitié, la sincérité, dans la vérité, et l'honnêteté, dans la civilité, et l'éducation, dans le bien que nous faisons et le bonheur que nous transmettons à ceux qui sont tristes.

La liturgie est la meilleure catéchèse qui nous rassemble. L'écoute des textes sacrés nous permet de recevoir de manière synthétique un enseignement important, qui résonne surtout dans les messes dominicales. Les lectures de ce premier dimanche de l'Avent sont en continuité avec les textes de dimanche dernier où nous avons célébré la solennité du Christ-Roi. Il faut être vigilant car la venue du Seigneur est proche.

Chaque fois qu’à la messe nous disons "Viens, Seigneur Jésus!", nous prions pour la seconde venue de Jésus, la Parousie. Même si le moment où cela se produira reste inconnu, il n'en est pas pour autant moins désiré par ceux d'entre nous qui nous disons disciples du Christ..

Viens Seigneur Jésus, disons-nous dans les prières de la messe, et c'est l'expression que nous renouvelons spécialement au temps de l'Avent. Mais voulons-nous vraiment qu’Il vienne? Voulons-nous qu'il résolve nos problèmes, pour répondre à nos exigences et à nos caprices? Ce Noël, comme toujours, allons-nous lui demander quelque chose ou allons-nous enfin lui donner ce qu'il demande? Nous nous plaignons constamment de tout, de la situation de l'Église, du mal que font ceux qui nous gouvernent, du fait que nous sommes confinés, de la pandémie, des vaccins, des mensonges que nous entendons dans les media. La bonté infinie que Jésus nous a enseignée est la force qui peut mettre fin à tout ce qui ne va pas dans notre monde. De quoi avons-nous peur? En ce moment d’épreuve, le pire qui puisse nous arriver est que nous restions ici. N'ayez pas peur de la mort. Nous sommes citoyens du ciel !

Préparer Noël, c'est renforcer notre honnêteté, notre intégrité et notre sensibilité à la souffrance des autres. Pour cela, il est important que nous priions et que nous allions à Jésus sans nous évanouir, soyons vigilants et attendons l'entrée imminente de Jésus dans nos vies.


Homélie Christ Roi AAuteur : Père Arturo

Le Christ-Roi A

Les évangiles donnent à Jésus plusieurs titres. Le plus fréquent est celui de Christ qui veut dire l’Envoyé de Dieu, le Messie. D’autres noms sont aussi utilisés comme Berger, Maître, Serviteur, Fils de l’homme, Fils de Dieu, Agneau de Dieu etc. Aujourd’hui, nous fêtons Jésus sous son titre de Roi. Ce titre il se l’est attribué lui-même lorsque durant sa passion Pilate lui a demandé « Es-tu le roi des Juifs ? » La fête du Christ-Roi est donc pour nous une occasion d’entrer plus à fond dans le mystère de Jésus dont nous voulons être les disciples. 


L’évangile choisi pour la fête du Christ-Roi nous présente notre Roi sous un jour particulier. Dans son Royaume, les « grands » et les « nobles » sont les pauvres et les marginaux, ce que nous illustrent les paroles très connues de l’évangile qui vient d’être lu. « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi! »


Ces paroles mettent au premier rang du Royaume de Jésus les gens dans le besoin, les pauvres, les marginaux etc. Elles retentissent toujours avec force dans nos assemblées. Elles ne peuvent nous laisser indifférents. Ce sont elles qui ont inspiré des gens comme saint François d’Assise qui a épousé Dame Pauvreté, ou comme sainte Mère Teresa qui a donné sa vie pour les mourants et les personnes abandonnées. 


Les paroles de l'évangile selon saint Matthieu s’adressent à l’Église et à nous tous. Elles sont une invitation à ouvrir la porte pour que le Christ entre dans nos vies à travers des gestes simples: moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète...en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique. 


Le message à retenir aujourd’hui en cette fête du Christ, Roi de l’Univers, c’est que nous ne pouvons pas célébrer la Royauté du Christ et son Royaume sans mettre devant nos yeux ceux et celles qui sont sa présence réelle dans le monde.

 
Nous sommes invités à faire l’effort de les reconnaître autour de nous. Pour ce faire, il nous est donné un critère que l’Église a reconnu comme étant le signe indissociable de la sainteté des disciples de Jésus: reconnaître la présence de Jésus dans l’autre, en particulier dans le plus démuni et le plus pauvre, en d’autres mots, dans le service du prochain. C’est l’occasion aujourd’hui de demander pardon de nos torts, et de nous lancer à nouveau sur le chemin de l’accueil inconditionnel que nous propose Jésus.


Que cette Eucharistie, en nous unissant au Christ glorieux, nous aide à reconnaître la présence de Jésus dans les personnes que nous rencontrons, dans celles qui s’adressent à nous, dans celles qui dépendent de nous, dans toute personne dans le besoin : enfants, parents âgés, grands-parents, pauvres, handicapés, malades etc. 

 


Homélie XXXIII° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXXIII Dimanche ord A

Cette parabole de Jésus sur les « talents » nous renvoie encore une fois aux usages de son temps. Pour nous le mot « talent » est utilisé dans un sens bien différent. Pour les contemporains de Jésus, le mot « talent » se réfère à la mesure de poids ainsi qu’à l’unité monétaire la plus répandue dans la Grèce antique, correspondant à une certaine quantité d’or ou d’argent, environ 25,86 kg au temps de Jésus, dit-on. Ce qui représentait une somme très importante.


Pour Matthieu, le mot « talent » est utilisé comme une image. Pour lui cette image s’applique à la Parole de Dieu et à tous les dons que Dieu met en nous. Dans la parabole, on voit le maître qui part en voyage remettre à chacun des serviteurs une partie de ses biens pour qu’il la garde en son absence.  Ce maître représente Dieu qui, par son Fils Jésus, vient nous faire partager l’héritage des enfants de Dieu. Cet héritage nous est transmis par la Parole annoncée au cours de l’histoire du salut, depuis Abraham jusqu’à Jean-Baptiste en passant par Moïse et les prophètes.


Cette Parole de Dieu est toujours vivante et active. C’est ce cadeau que les serviteurs que nous sommes reçoivent. Il prend diverses formes. Il s’agit en premier lieu du don de la foi qui est au cœur de nos vies, mais il y a aussi tous les « talents » qui l’accompagnent.


Comme dans l’Évangile, certaines personnes peuvent reconnaître qu’elles en ont reçu en grande quantité, et d’autres en moins grande quantité. Ce qui est à retenir, c’est que dans tous les cas, ces « talents » font partie des biens du maître. Ils sont ainsi pour nous des dons de Dieu quels qu’ils soient. Dans nos communautés chrétiennes, ils pourront se transformer en charismes et en ministères si nous savons les cultiver et les faire croître .


Au retour du voyage du maître, les serviteurs sont convoqués pour rendre compte de ce qu’ils ont fait des « talents » reçus. Le premier et le second des serviteurs sont heureux de faire état d’une croissance importante des sommes qui leur avaient été confiées. Grâce à leur initiative et à leur créativité, ils les ont doublées. Le troisième quant à lui s’est contenté de conserver la somme en l’enfouissant en terre. 


Le maître qui représente Dieu va faire l’éloge des deux premiers et renvoyer le troisième sans ménagement. Ainsi pour Jésus, il ne s’agit pas seulement de conserver ses « talents », ses dons. Il est important de les mettre en œuvre. Le salut ne se résume pas à dire « Seigneur, Seigneur ». Les œuvres et les gestes d’amour, de compassion, de partage font partie de la vie du disciple de Jésus autant que les paroles.


La parabole des talents nous renvoie à nous-mêmes dans la façon de vivre notre vie chrétienne. Elle est une source d’inspiration et de questionnements. Comment développer les dons reçus du Seigneur? Comment incarner dans notre vie la Parole de Dieu? Quels chemins prendre pour aller plus loin dans notre cheminement spirituel?


Il est important de laisser ces questions monter en nous. Dans le temps de l'Église, nous sommes comme des voyageurs en marche vers la demeure où Jésus nous attend. Nous attendons dans la foi le Retour du Christ. Nous avançons tendus vers l’avant, poursuivant notre course en mettant en oeuvre les dons reçus du Seigneur. Comme le dit saint Paul dans la seconde lecture: « Ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants ». Le maître, le Christ, laisse à chacun et à chacune la liberté de faire ses choix. La réponse appartient à chaque personne. Rendons grâces à Dieu aujourd’hui dans notre Eucharistie pour tous les « talents » donnés, particulièrement le don de sa Parole et demandons la grâce de savoir les recevoir et les faire fructifier pour sa plus grande gloire. 


Homélie XXXII°ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXXII Dimanche ord A

L’histoire des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes (les vierges sages et les folles) est bien étrange pour les gens du 21e siècle. C’est donc un récit marqué par les usages du temps de Jésus, un très beau message concernant la venue de Jésus aujourd’hui dans nos vies et à la fin des temps.

La parabole fait référence aux rites des noces en Palestine au temps de Jésus. Deux cortèges de jeunes filles sont mis en scène. L’époux quittait sa résidence pour venir rencontrer celle qu’il épousait. Celle-ci l’attendait. Ses amies, ses dames d’honneur, formaient un cortège pour aller chercher le futur époux et l’accompagner aux noces.

Nous voyons deux genres de jeunes filles: les prévoyantes et les insouciantes. Les premières ont rempli leur lampe d’huile et en ont apporté en réserve. Les secondes sont parties sans se poser de question. Et ce qui devait arriver arriva, l’époux tarde on ne sait trop pourquoi. Les jeunes filles s’endorment et c’est en entendant le cri « Voici l’Époux » qu’elles se réveillent et rallument leurs lampes. Les prévoyantes ont ce qu’il faut tandis que pour les insouciantes l’huile fait défaut. Elles manqueront la fête et resteront en dehors car la porte leur sera fermée.

Les images de cette parabole sont faciles à comprendre pour nous. L’époux représente, bien sûr, Jésus lui-même qui veut s’unir à chaque disciple dans une relation personnelle d’amour et de fidélité où toute la vie de la personne est engagée. L’huile qui remplit les lampes est l’Évangile lui-même, la Parole de Dieu, qui permet d’être éclairé, de se tenir dans l’attente, d’accompagner l’Époux et de vivre avec lui les noces éternelles.

Les jeunes filles représentent les disciples de Jésus. Les jeunes filles insouciantes ne sont pas de mauvaises personnes. Elles vont à la recherche de l’Époux qui est Jésus. Elles écoutent la Parole de Dieu mais celle-ci ne s’enracine pas. Leurs actes ne correspondent pas à cette Parole. Elle ne remplit pas leur vie comme l’huile remplit la lampe. Elles crient « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous », mais là encore ce ne sont que des mots.

Faire la volonté du Père des Cieux. Voilà le chemin qu’ont choisi les jeunes filles prévoyantes. Elles sont prêtes à suivre l’Époux et à aller jusqu’au bout. Elles remplissent leur lampe de l’huile de l’Évangile, elles savent reconnaître les appels et les passages de l’Époux. Voilà notre modèle de disciples. C’est un chemin qui n'est pas toujours facile.

Dans cette parabole, Jésus reconnaît ceux et celles qui savent le reconnaître. Notre relation avec Dieu est un échange, une alliance, une vie où les mots doivent s’incarner dans des actes et des œuvres. La vigilance qui nous est demandée consiste à porter attention à la présence de Jésus parmi nous maintenant, et lors de son retour à la fin des temps.

La vigilance se traduit par la prière et par des actes concrets : service, partage, compassion, accueil etc. Elle s'appuie sur l’espérance qui nous inscrit dans la durée. Elle nous fait transcender les temps en nous gardant les yeux fixés vers l’invisible que nous attendons pour être « pour toujours avec le Seigneur », comme le dit saint Paul dans la seconde lecture.

Vous voyez que cette histoire des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes est porteuse d’un message très actuel. Cette invitation à la vigilance concerne non seulement les individus disciples de Jésus, mais toutes les communautés chrétiennes. Tous ensemble nous formons le Peuple de Dieu, et je ne suis disciple prévoyant ou prévoyante dont la lampe est remplie de l'Évangile, de la Parole de Dieu, que si je le suis en communion avec mes frères et sœurs.

 


Homélie solennité de la Toussaint ordinaire AAuteur : Père Arturo

Solennité de tous les saints – Année A

Le vrai protagoniste de la fête est certainement la foule des enfants de Dieu, son Peuple, qui est au cœur du Royaume que Dieu a voulu établir. De cette foule, la liturgie nous propose deux aperçus dans les textes d’aujourd’hui d’un point de vue chronologique, la première et la dernière image du Peuple.

+ D’abord le Sermon sur la Montagne: “En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.” L’Incarnation du Verbe marque l’arrivée du Royaume, annoncé par les prophètes. Notre-Seigneur va proclamer la «grande charte» de son Royaume. Il s’adresse aux foules et non pas seulement à un petit groupe de privilégiés : c’est l’appel universel à la sainteté !

+ Ensuite la première lecture, tirée de l’Apocalypse: “Et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.” C’est la même foule que nous avons trouvée sur la Montagne, mais ayant atteint ses dimensions définitives et universelles, alors que là-bas elle n’était qu’un germe du Peuple que Dieu allait constituer.

Voilà deux grands moments de l’histoire du salut : les débuts du Règne du Christ et son parfait achèvement dans le Ciel. Entre les deux : le temps du Christ et le temps de l’Église; et certainement nous-mêmes. Entre les deux, la force salvifique de la Rédemption qui ne se trouve que dans l’Église du Christ ; l’action de la grâce de Dieu qui cherche à nous sauver, en nous faisant entrer dans le Royaume. Soyons-en sûrs, Dieu veut nous sauver, mais en tant que membres de son Peuple, dans l’Église, bien insérés dans la Communion des saints.

Telles sont les prémisses de cette fête qui nous livre un triple message. Quels sont donc les trois messages que l’Église nous adresse aujourd’hui ?

+ Aidé par la grâce, l’homme est capable d’entrer dans le Royaume de Dieu. Cela signifie concrètement que tout homme peut aspirer à la sainteté et à la plénitude de la vie chrétienne. L’Église nous le rappelle sans cesse, en particulier aujourd’hui.

+ Or, deuxième message, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour y accéder. Le Sermon sur la montagne en résume les aspects essentiels. Et, dans ce Sermon, les Béatitudes constituent une présentation synthétique des qualités d’un enfant de Dieu, du bon disciple.

+ Or, les Béatitudes sont avant tout les traits qui dessinent le visage du Christ. Chaque Béatitude met en lumière un aspect de la vie de Notre-Seigneur. Et, pour entrer dans le Royaume, il faut lui ressembler, s’identifier à lui, avec la certitude d’atteindre, par cette voie, le bonheur.

Soyons bien conscients que le chemin des Béatitudes est très différent de celui que suggère la vision humaine de la vie. Celle-ci place le bonheur dans la satisfaction de l’amour propre et de l’égoïsme: richesses, pouvoir, plaisirs. Jésus seul a la bonne réponse, qui est assez surprenante pour l’opinion commune. Heureux les pauvres en esprit, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont un cœur pur…

 


Homélie XXX°ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXX Dimanche ord A

Ce dimanche, l'Évangile de Matthieu nous sert d'exemple pour jeter les bases et l’orientation de toute notre vie. Dimanche dernier, nous avons observé comment les pharisiens voulaient inciter Jésus à se prononcer pour qu'il réponde s'il faut obéir à Dieu ou à l'État. Cette semaine, les pharisiens reviennent, "le mettant à l'épreuve" avec cette question: "Quel est le commandement principal de la Loi?" Ils étaient des adhérents zélés aux 613 lois prescrites aux Juifs. Jésus répond clairement: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit". Et d’ajouter un autre commandement: “Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Bref, ce que Jésus nous dit, c'est que toute notre vie doit être dirigée et concentrée sur Dieu. Il s'agit alors de discerner la volonté de Dieu sur nous, et de la mettre au centre de notre vie. Pas de richesse, pas de plaisir, pas de pouvoir, pas d'honneur, pas de famille, pas de pays, qui sont des biens en eux-mêmes, mais Dieu seul devrait être le centre de notre vie, car ce n'est qu'ainsi que nous pouvons l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit.

L'amour de Dieu est gratuit et universel. Les pharisiens avaient déformé l'esprit initial de la loi et il semble que nous continuions à faire de même. "Celui qui dit qu'il aime Dieu et déteste son frère est un menteur." Dans une société où l'anonymat, la solitude, le vide affectif abondent, il est nécessaire d'annoncer que «Dieu est compatissant».

 

Dieu nous aime follement et c'est pourquoi il nous donne ces commandements d'amour. Il nous a mis au monde pour profiter de la vie, mais nous déformons les paramètres de l'amour qu'Il nous a donnés. L'amour de Dieu devient visible et concret dans l'amour du prochain, sinon tout est un grand mensonge. Nous passons notre vie à prier et à nous frapper la poitrine, et à nous reprocher des crimes dont Dieu ne nous accuse pas. Nous le rendons responsable de notre vie misérable et nous avons peur de lui parce qu'on nous a dit que Dieu juge et punit, et nous oublions que c'est d’amour qu’il s’agit. Dieu ne tient pas compte de nos péchés, ne fait pas de différence entre le bon et le méchant car pour lui nous sommes tous ses enfants.

Jésus unit inséparablement le divin et l'humain. C'est une illusion de penser que vous êtes en relation avec Dieu si vous avez une mauvaise relation avec quelqu'un. En faisant cette union, Jésus sécularise la religion, il la simplifie et nous dit que le plus important dans la vie est d'être toujours respectueux, tolérant, de bonnes personnes et de bons citoyens.

Soyons vigilants dans le moment présent car nous perdons du temps à regretter les choses du passé et à craindre l'avenir. La pandémie a engendré beaucoup de détresse chez de nombreuses personnes. Nous nous sommes fait un Dieu sur mesure. L'Église a manqué de nombreuses occasions de montrer ce Dieu aimant qui nous aime et nous ne sommes préoccupés que par l'accomplissement des commandements et des préceptes. Cela me rend triste de voir tant de jeunes ici en France qui ne connaissent pas Jésus parce qu'ils n'ont jamais entendu parler de lui. Nous cherchons Dieu au dehors en oubliant que nous l'avons à l'intérieur. Vivez le moment présent, arrêtez de compliquer les choses. Si vous ne trouvez pas Dieu dans les choses ordinaires de chaque jour, peut-être que vous ne le trouverez jamais...


Homélie XXIX°ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXIX Dimanche ord A

La scène racontée dans ce passage de l’évangile selon Matthieu se situe à Jérusalem où Jésus est arrivé sous les acclamations des habitants et des pèlerins qui y sont montés pour la fête de la Pâque. Il y a fait une entrée remarquée que nous célébrons le Dimanche des Rameaux. Ses adversaires, pharisiens, scribes et membres du Sanhédrin le poursuivent insidieusement. La scène que nous venons d’entendre fait partie de cette guerre.
La scène commence avec des préliminaires doucereux et flatteurs de la part des pharisiens, ils tracent un portrait de Jésus qui m’apparaît refléter ce que ses contemporains voyaient en lui : un homme vrai qui ne se laisse influencer par personne et qui ne considère pas les gens selon l’apparence.  C’est un beau portrait que j’ai aimé entendre parce qu’il va en profondeur et ne s’attarde pas seulement à sa renommée et à ses miracles.
Après les éloges des pharisiens et leur demande pour savoir s’il est permis de payer ou non l’impôt à l’empereur romain, Jésus les dénonce : « Hypocrites! Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?» Il leur dit « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Avec cet adage, le Christ nous invite à la liberté. Il ne nous enferme pas dans une défiance par rapport au pouvoir temporel; il le remet à sa place dans le discernement qui doit être le nôtre. Ne pas être “du monde” est une formidable source d’énergie. Je ne pose pas mes actes en fonction de ce que l’on va dire de moi, ou à ce qui est la mode du moment, ou encore au “politiquement correct”, mais par rapport à ce que le Seigneur me demande et à ma conscience éclairée par sa Parole et par l’enseignement de l’Eglise.
Jésus est bien conscient du piège et il trouve une façon habile de ne pas se prononcer par un oui ou par un non. Sa réponse se fait dans un contexte bien précis et Jésus refuse de se prononcer pour ou contre les Romains.
Les générations chrétiennes au fil des ans ont reçu cette réponse de diverses façons. Aujourd’hui, nous pouvons l’appliquer facilement à notre contexte politique. Comme le principe de laïcité bien compris, mais aussi comme un message spirituel qui se dégage pour nous aujourd’hui, comme pour le juif du temps de Jésus: C’est pourquoi après avoir dit « Rendez à César ce qui est à César », Jésus ajoute « Et à Dieu ce qui est à Dieu ».
« Rendre à Dieu ce qui est à Dieu » tourne le chrétien vers Celui de qui vient tout don, par qui nous avons la vie, le mouvement et l’être. Cette attitude lui fait mettre en pratique le premier commandement « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » sans laisser de côté le second « Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Des textes de l’évangile comme celui-ci ont donné lieu à de nombreuses interprétations et même à des abus au cours de l’histoire. Demandons au Seigneur, dans cette Eucharistie, que notre foi s’enracine de plus en plus en Jésus-Christ auquel nous remettons nos vies. C’est avec lui que nous cheminons sur les routes du monde en cherchant à mieux le connaître et à mieux le suivre.


Homélie XXVIII°ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXVIII Dimanche ord A

La parabole d'aujourd'hui est peut-être l'une des paraboles les plus frappantes de l'Évangile. Un roi organise une fête de mariage pour son fils et les invités s'excusent de ne pas y aller pour des raisons diverses. Jésus nous montre le roi (le Père), invitant - par ses «serviteurs» (les prophètes) -, au banquet de l'alliance de son Fils avec l'humanité (le salut). Il l'a d'abord fait avec Israël, "mais ils ne voulaient pas venir". Le roi se met en colère et réagit de manière disproportionnée, les tuant et brûlant leur ville.

Et puis nous voyons cet homme qui est entré au banquet sans costume de fête, et c'est pourquoi il a été expulsé. La sauvagerie de ce roi nous semble exagérée et comme il apparaît clairement que nous pouvons identifier le roi avec Dieu le Père et le fils avec Jésus, pour beaucoup il est difficile de ne pas penser que Dieu est un tyran névrotique qui ne voit que ce que nous faisons de mal pour nous punir.

Dans le texte d'Isaïe, en ce dimanche, une festin de succulentes spécialités est annoncé «pour tous les peuples». L'invitation de Dieu est universelle. Dieu ne fait aucune distinction entre les personnes, pour lui nous sommes tous égaux, et il nous invite tous à sa fête. Face au refus, il ne cesse d'insister. Les premiers invités ne voulaient pas y aller malgré l'insistance du roi. L'un est allé s’occuper de ses terres, l'autre de ses affaires ... Cette attitude est celle de tant de gens aujourd'hui qui rêvent d'un monde meilleur, mais l'attirance de la matière les distrait et ils s'installent dans la réalité matérielle qui remplit leurs sacs et vide leur esprit.

 

Par d'autres «serviteurs», envoyés aux «carrefours des routes»: nous avons été invités, «tous, bons et mauvais, et la salle des noces, (c’est-à-dire l’Eglise), était remplie de convives». Dieu nous invite encore et encore, comme un père qui aime être entouré de ses enfants. Il nous convoque, et il ne se lasse pas d'insister. Beaucoup répondent positivement et mettent leur vie au service des autres, ils se laissent guider par la simplicité et la fraternité, ils comprennent ce que signifie célébrer la vie, et être heureux d'être catholique. Nous avons reçu l'invitation à la plus belle fête, il est donc étrange que nous rejetions l'invitation que Dieu nous fait.

A la fin, nous sommes frappés par une apparente contradiction dans l’attitude du Roi. Le Roi qui représente Dieu invite tout le monde et pourtant, il s’insurge de la présence d’un invité, parce qu’il n’a pas le « vêtement de noces ». Saint Matthieu veut indiquer que pour devenir disciple de Jésus, il y a quand même des exigences incontournables, une acceptation réelle et vraie de Jésus comme le Seigneur de nos vies, une rencontre personnelle avec son amour qui nous sauve. Voilà le « vêtement de noces » qui faisait défaut à l’invité qui ne s’est pas habillé le cœur et qui en subira les conséquences. Que ces enseignements de Jésus rejoignent notre cœur et non pas seulement notre intelligence!

Comment célébrons-nous l’Eucharistie? Sommes-nous venus bien habillés pour la fête avec la joie au coeur? Est-il évident que nous célébrons la joie de notre foi? Sommes-nous en communion avec le Seigneur et avec nos frères? Réalisons-nous que l'Eucharistie nous engage à être des bâtisseurs d'un monde où règnent la justice et l’amour? Sinon, nous n'avons pas la bonne tenue de fête. Nous avons tous reçu l'invitation. Comment allons-nous réagir?


Homèlie XXVII° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXVII Dimanche ord A

Le récit de l'évangile qui vient d’être lu est d’une violence qui heurte aujourd’hui. Il peut faire penser aux propos des radicaux de toutes sortes dont nous parle l’actualité. En effet, il y a dans cette parabole un radicalisme qui demande quelques explications.

Si on se contente de la lire avec nos sensibilités d’aujourd’hui, on n’y comprend pas grand-chose ou on la rejette complètement. Il faut donc situer les paroles de Jésus dans leur cadre historique et, d’autre part, en chercher le message.

 

La parabole des vignerons homicides fait partie d’un ensemble qui porte sur le Royaume de Dieu parmi nous. Pour les juifs du temps de Jésus, le Royaume de Dieu s’incarne dans le peuple d’Israël. Pour le peuple d’Israël, Dieu s’est manifesté en faisant alliance avec leur ancêtre Abraham. Comme le maître du domaine dont parle la parabole, Dieu plante et arrose sa vigne qu’est Israël par sa Parole et par ses prophètes qui enseignent le peuple. Ceux-ci sont représentés ici par les serviteurs de la parabole.

Comme ces serviteurs, les prophètes de l’Israël ancien rappellent les lois de Dieu et les exigences de l’Alliance avec Abraham. Comme les serviteurs, ils sont persécutés, même mis à mort. Israël, la vigne du Seigneur, a donné de mauvais raisins comme le dit le prophète Isaïe. Mais Dieu, comme le maître du domaine, ne se décourage pas, Il leur envoie en dernier lieu son Fils bien-aimé. C’est Jésus, qui subit le rejet et la mort infamante sur une croix.

Si Jésus raconte cette histoire avec les images dures et violentes que nous avons lues, c’est pour frapper l’imagination de ses auditeurs et les pousser à la conversion, non pour proposer un mode de vie, mais pour susciter, chez ceux qui l’écoutent, un engagement différent de celui de leurs prédécesseurs qui ont refusé et tué les prophètes.

Quel est cet engagement? C’est l’accueil de Jésus lui-même. Celui-ci se présente d’ailleurs dans le commentaire qu’il donne de la parabole comme la pierre angulaire de la nouvelle demeure de Dieu : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l'œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ».

Vous voyez que cette parabole de Jésus sur les vignerons homicides, malgré la violence qu’on y trouve, comporte un message des plus ouverts pour nous aujourd’hui. En effet, nous sommes invités à reconnaître le Royaume de Dieu déjà à l’œuvre dans notre monde. « Le Royaume de Dieu est au milieu de nous » dit Jésus.

Ce Royaume advient lorsque deux ou trois se réunissent au nom de Jésus, lorsque le pauvre est évangélisé, lorsque le malade est visité, lorsque les sourds entendent, lorsque les aveugles voient, etc. Tels sont les fruits de la venue du Royaume de Dieu.


Homèlie XXVI° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXVI Dimanche ord A

La lettre de saint Paul aux Philippiens dans la deuxième lecture de ce dimanche est l'un des plus anciens écrits de notre religion: c’est l’adaptation d'une ancienne hymne christologique. Dès le début, la communauté chrétienne a reconnu le Christ comme Dieu. Tout au long de l'histoire, beaucoup ont nié et nient encore aujourd’hui la divinité du Christ, qu'ils considèrent comme un mythe ou une invention de l'Église primitive, donnant lieu à de nombreuses hérésies. Dans ce texte, nous trouvons l'affirmation du contraire, c'est pourquoi il ne peut s'agir d'une invention.

À l'intérieur de chacun de nous, il y a un besoin de se sentir supérieur aux autres, au point même de tomber dans la tentation du serpent dans la Genèse. Nous voulons être comme Dieu, et c'est pourquoi nous avons tendance à nous prendre pour le centre de l'univers, nous décidons du bien et du mal, nous devenons la mesure de toutes choses. Le seul qui pourrait légitimement adopter le titre de Dieu ne le fait pas, Jésus ne s'accroche pas à sa divinité, alors pourquoi le faisons-nous ? Que signifie pour nous être Dieu? Pouvoir, argent, célébrité, etc. Tout le contraire de ce que Jésus nous propose, car en tant que vrai Dieu, il préfère le service, l’humilité. Jésus se vide de lui-même et nous montre l'exemple.

Après l'entrée de Jésus à Jérusalem et la violente expulsion des marchands du temple, l'Évangile de Matthieu présente trois paraboles contre les chefs religieux avec lesquelles Jésus confronte les responsables de la religion. Aujourd'hui, il leur dit que ce sont eux qui ne font pas ce que Dieu veut, c'est-à-dire qu'il les compare au premier fils de la parabole. On comprend pourquoi ils voulaient le tuer. Ces hommes si religieux, c'étaient des traîtres et des lâches !

L'éthique de Jésus n'est pas l'éthique du but et des mots, mais l'éthique des actes. Surtout quand ce qui est dit est exactement le contraire de ce qui est fait. Et c’est ce qui se passe si souvent dans certains environnements religieux dans lesquels les gens se prononcent contre l'attachement aux choses, aux gens, au travail ou à l'argent; ils critiquent l'orgueil de ceux qui occupent des fonctions de pouvoir et de dignité, mais en réalité ils envient ces postes et voudraient être eux aussi très élevés, riches et puissants; ils sont de sévères censeurs des autres, vivant eux-mêmes une double vie.

Les groupes les plus méprisés par l'élite religieuse (les publicains et les prostituées) les précèdent sur la route du Royaume. Pour Jésus, les derniers sur le chemin de Dieu sont ceux qui pensent être en avance sur les autres et ceux qui se considèrent comme l'exemple à suivre. Nous sommes tous des personnes avec des vertus et des défauts. Seul l'amour a le pouvoir de nous transformer intérieurement et nous faire accepter nos défauts et les défauts des autres. Quand nous n'avons pas d'amour dans notre vie, nous devenons xénophobes, homophobes et autres phobies existantes et futures. Nous devons valoriser ce que nous avons en commun car cela nous unit plus que ce qui nous sépare, et être aussi compatissants les uns envers les autres : c'est ce que Jésus est venu nous enseigner et que nous n'avons pas tout à fait compris.


Homèlie XXV° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXV Dimanche ord A

Aujourd’hui le maître du domaine se déplace plusieurs fois dans la journée pour venir engager des ouvriers. Avec les premiers il fait un contrat précis pour leur prestation : « Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée ; un denier c’est-à-dire une pièce d’argent » La journée se termine et le maître fait remettre à chacun le même salaire depuis les derniers jusqu’aux premiers. Les premiers sont bien surpris, car voyant que les derniers recevaient un denier, ils pensaient qu’eux en auraient plus. Ils le disent au maître. Celui-ci, loin d’accueillir leurs récriminations, leur répond qu’il a été correct et juste avec eux, s’en tenant au contrat qui avait été fait.

 Alors pourquoi le maître ne continue-t-il pas dans la même voie en donnant un salaire en proportion du temps de travail qui a été fourni ? La raison qui est donnée par Jésus, c’est que le maître agit par pure bonté. Le comportement du maître n’est pas le résultat d’une injustice, mais simplement l’effet de sa bonté: « N’ai–je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon? »

Cette réponse est le message de cette parabole. Ce message est constant dans les évangiles. Jésus nous présente un Dieu qui est au-delà de nos façons de faire humaines.

L'histoire racontée fait ressortir que dans nos relations avec Dieu, c’est toujours lui qui a l’initiative comme dans le cas du maître du domaine. Nous sommes dans l’ordre de la grâce et non dans l’ordre des relations humaines ordinaires. Dans cet ordre de la grâce, bien des choses sont différentes. Jésus le dit ici: « les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers ».

 

La façon d’agir de Dieu vis-à-vis de nous ne se base pas seulement sur nos capacités et nos contributions, elle vient de son amour et de sa bonté qui s’étendent toujours aussi loin que nous en avons besoin. Son amour ne se mesure pas selon nos critères de performance sociale ou de réalisations humaines, comme il est écrit dans le prophète Isaïe.

L’enseignement de ce récit tiré de la vie courante au temps de Jésus nous invite à en faire une application concrète dans l’Église. Les images de l’Église sont nombreuses, celle de la Vigne est de plus en plus utilisée par les papes. Elle permet de montrer les liens qui se tissent entre les divers membres de l'Église sans exercer de supériorité les uns sur les autres. Tous et toutes dans l’Église se rattachent au même tronc qui est le Christ.

Jésus nous dit aujourd’hui que tous et toutes ont leur place dans son Royaume, les derniers comme les premiers arrivés. C’est avec humilité que les premiers arrivés doivent regarder ceux et celles nouvellement arrivés. C’est Dieu qui par la grâce du Christ anime l’Eglise, la nourrit et la fait vivre. Notre collaboration est requise, mais n’oublions jamais que ce n’est pas nous qui donnons la croissance et qui produisons les fruits, c’est la grâce de Dieu au cœur de la vie de l’Église qui n’est pas seulement une institution humaine, mais aussi et d’abord la Vigne du Seigneur.

Que notre Eucharistie soit remplie de l’attente du Seigneur qui est venu, qui vient et qui viendra comme nous le proclamons dans la grande Prière eucharistique à chaque messe après la consécration. 


Homèlie XXIV° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XXIV Dimanche ord A

L’Evangile d’aujourd’hui nous met mal à l'aise. Peut-être parce qu'il s'agit de parler de pardon? Ou parce que dans le texte, la réponse de Jésus à Pierre semble démesurée: «Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.»

Dans la parabole, la somme demandée au serviteur est exorbitante: dix mille talents c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent. Cette somme correspond à quelques millions de dollars aujourd'hui. On ne voit pas comment le serviteur a pu contracter une telle dette. Même s'il se met en faillite, on est loin du compte. Puis, plus loin, les cent deniers, eux, représentent une toute petite somme, quelques dollars. Une si petite somme ne justifie pas la prison. Le maître devant l'attitude du serviteur à l'égard de son collègue n'a aucune pitié. Il le condamne sans appel.

A la réflexion, j'ai compris que ces détails invraisemblables sont des images grossissantes qui nous renvoient à une leçon. Tout devient clair si on se rappelle que Jésus nous parle ici de la manière d'agir de Dieu avec son peuple, avec nous. Qu'est-ce que Jésus veut qu'on retienne de ce récit?

S'il est demandé au disciple de pardonner soixante-dix fois sept fois, c’est qu’il ne doit pas attendre la réciprocité de son pardon. Il pardonnera sans attendre de retour. Comme le Père qui pardonne sans cesse, le disciple dans son cœur ne doit jamais laisser la haine, la dureté prendre racine. C’est un regard de compassion, de bonté qu’il doit toujours porter sur ses frères et sœurs.

La dette du serviteur de la parabole envers son maître est si démesurée qu’il ne peut s’en tirer que grâce à la bonté, à la miséricorde de celui-ci. Le disciple de Jésus lui aussi, parce qu’il est pécheur, ne peut prétendre se sauver par lui-même. Il a besoin de l’amour, de la compassion, de la miséricorde de son Père du ciel. Dans nos relations avec Dieu, on ne peut jouer au donnant-donnant. “Tes réalisations humaines, ta bonté d’homme ou de femme, comparées à l’amour de Dieu, ne sont rien”, dirait saint Jean de la Croix. Il n’y a pas de commune mesure entre Dieu et l’Homme.

Voilà pourquoi le disciple doit apprendre à se libérer de ses mesures humaines, calculées avec ses manières de voir et d’agir, pour s’initier aux manières d’agir de Dieu. C’est le message d’aujourd’hui, bien mis en évidence dans la conclusion du récit: « Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? »

« Comme moi-même… » Cette invitation à s’adapter de plus en plus aux manières d’agir de Dieu nous donne l’occasion de nous remettre en question. Notre attitude envers les autres restera toujours le meilleur critère de discernement. Agissons-nous à la manière de Dieu? C’est pour avoir oublié de suivre cette voie que le serviteur est condamné.


Homélie XXIII°ordinaire AAuteur : Père Arturo

Dimanche XXIII ord A

L’évangile d’aujourd’hui nous propose deux pistes de réflexions qui tombent à point puisqu’elles touchent deux aspects importants de notre vie concrète : nos relations avec les autres et nos relations avec Dieu.

La première piste pointe vers la responsabilité que nous avons les uns envers les autres. Tout d’abord en décrivant une façon de faire déjà présente dans l’Ancien Testament,

représentée par les paroles du prophète Ézéchiel dans la première lecture : « Si tu ne dis pas au méchant d’abandonner sa conduite mauvaise, je t’en demanderai compte. Si tu le fais, même s’il ne change pas, tu auras sauvé ta vie ». Et dans le Nouveau Testament, nous avons cette invitation claire de Jésus dans l’évangile de ce jour : « Si ton frère a commis un péché, montre-lui . S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère »

Voilà le message. On ne peut pas dire dans nos relations avec les autres : « Moi, je reste renfermé» Les relations, ça implique des contacts, des paroles, des échanges On devient ainsi des gens responsables et ouverts. Ceci est une leçon applicable dans l’Église, mais aussi dans la société, dans nos familles, dans notre vie personnelle.

 

On n’a pas à condamner et à se positionner en juge des autres. Tous nous avons nos limites. Il faut regarder d’abord où est le bien, le bon côté des personnes et ensuite avoir la patience et laisser du temps, un long temps, avant d’abandonner.

 

La seconde piste concerne nos relations à Dieu. L’Evangile nous parle de la prière. La prière est un échange entre Dieu et nous. Cet échange se réalise au plus intime de nous-mêmes. Et ici, dans ce passage de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous parle de la prière en commun, comme nous faisons ici à la messe ou encore en pèlerinage, en famille, dans nos groupes de chrétiens qui se réunissent. Ce que Jésus dit, c’est que la prière en commun a quelque chose de spécial : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ».

Jésus ici nous dit qu’il ne faut pas avoir peur de se mettre ensemble pour prier, il va même jusqu’à dire qu’il y a une force spéciale parce qu’il est présent au milieu de la communauté, au milieu des personnes qui prient ensemble.

Que cette eucharistie où, ensemble, nous nous retrouvons dans la prière commune avec Jésus au milieu de nous, fasse de nous des personnes ouvertes et accueillantes à ceux et celles avec qui nous entrons en relation dans nos vies. Que cette messe exprime une ouverture réelle vis-à-vis de nos frères et de nos soeurs. Nous vivrons ainsi, encore une fois, la présence vivante de Jésus parmi nous comme il nous l'a promis.


Homélie XXI°odinaire AAuteur : Père Arturo

XXI Dimanche ord A

Ce dimanche, les lectures sont difficiles pour tous mais surtout pour ceux d'entre nous qui ont une position de responsabilité dans l'Église. Une caractéristique de la religion juive est que ses personnages principaux, dès le début, étaient très sensibles à la corruption dans la religion. Toute institution à laquelle les humains participent est tôt ou tard corrompue. La corruption des meilleurs est la pire, et c'est pourquoi les prophètes d'Israël ont sévèrement critiqué la corruption de leurs chefs religieux.

Le risque, en écoutant l'Évangile de ce jour, est de penser exclusivement à ceux qui sont dans la hiérarchie de l'Église (Pape, évêques, prêtres, théologiens, catéchistes) et de dire qu'ils ne font pas ce qu'ils prêchent. Leurs attitudes ne reflètent pas le dévouement qu'ils professent.

 

Notre foi n'est pas conditionnée par la vie personnelle des agents pastoraux. Comme l'a dit saint Paul: “Ne croyez pas en nous, mais en ce que nous vous présentons, que Jésus-Christ, mort et ressuscité, est le salut de toute l'humanité.”

Depuis que je suis prêtre, ma vie a été marquée par l'ombre des scandales sexuels que nous connaissons, et que les médias se sont chargés de diffuser. Tous ces scandales m'ont causé une grande douleur, mais ils ont également servi d'exemple en me montrant ce que je devrais éviter, et aussi en me rappelant que je suis capable des mêmes crimes; par conséquent je dois rester ferme dans la foi.

Nous vivons dans une société où l’image compte beaucoup. Avec les lectures d'aujourd'hui, on peut dire que l'Église n'est pas là pour conquérir une bonne ou une mauvaise image. Notre travail missionnaire ne peut faire l'objet d'enquêtes ou d'applaudissements, d'hommages ou de reconnaissance. Notre tâche est d'aller à contre-courant de l’esprit du monde; en reconnaissant la dignité des personnes; le droit à la vie comme droit primordial, et pour le protéger jusqu'à la mort, la mission de l'Église est de dénoncer la corruption dans tous les cas.

L'Église, soutenue par Jésus-Christ, ne peut pas vivre en fonction de l’approbation des autres. La première critique que Jésus fait aux chefs religieux est qu'ils ne font pas ce qu'ils disent. Et il leur reproche d’agir uniquement pour être bien vus des gens. Et enfin, il leur interdit de chercher à occuper les premières places et à recevoir les honneurs dû à leur dignité. La critique de Jésus envers les scribes et les pharisiens vise le cléricalisme en tout temps. Aujourd'hui encore, nous pouvons tomber dans le même défaut que Jésus dénonce. Quand Jésus est mort, ses disciples ne savaient pas qui il était, ni ce que signifiait la résurrection; mais ce qu'il leur a fait comprendre, c'est qu'ils ne pouvaient pas vivre leur vie de la même manière que les scribes et les pharisiens, dans l’hypocrisie.

Le pharisaïsme et le cléricalisme sont deux attitudes que nous devons rejeter et qui, malheureusement, sont très fréquentes parmi nous. Il faut être humble et sincère, lutter contre cette tendance à juger les autres sur les apparences, à se considérer mieux que les autres et à rejeter toute possibilité d'apprendre des autres. Ces situations ne sont qu'une façon de magnifier notre ego. Le Christ avec sa liberté et sa manière d'agir, nous a donné l'exemple pour vivre en vrais enfants de Dieu.


Homèlie XX° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XX ° Dimanche ord A

Aujourd'hui, nous commençons notre méditation par le psaume: «Dieu, que les peuples t'acclament ! Qu'ils t'acclament, tous ensemble!» Dieu veut que tout le monde, sans distinction de personne, de race ou de religion, soit sauvé; son cœur juste et miséricordieux ne peut pas vouloir que quelqu'un se condamne. Notre foi nous dit que le Christ est mort pour tous, qu'il est le rédempteur universel. Dans de nombreux autres textes bibliques, nous lisons que c'est la foi qui nous sauve, quelle que soit la race, la nation ou la religion à laquelle nous appartenons. La femme cananéenne dans l'Évangile d'aujourd'hui n'était pas juive, et pourtant le Christ lui dit que sa foi a rétabli la santé de sa fille. La volonté du Christ de sauver tout le monde est une vérité que saint Paul et saint Jean nous répètent plusieurs fois. La foi n'est pas une simple croyance rationnelle. C'est la fidélité à une alliance, c'est un engagement, c'est suivre avec amour notre Sauveur. Le texte évangélique d'aujourd'hui est réconfortant et magnanime. La femme cananéenne était païenne, une chienne pour les juifs fondamentalistes, mais sa foi dans le salut catholique, c’est-à-dire universel, que Jésus lui offrait était une foi profonde et vraie. Par conséquent, sa foi en Jésus a guéri sa fille et chassé le démon qui était en elle.

L'attitude de cette femme est impressionnante. D'abord, elle crie sa détresse en implorant la compassion de Jésus pour sa fille qui est tourmentée par un très mauvais démon. Elle confesse sa foi en Jésus en l'appelant «Seigneur, Fils de David». Jésus teste sa foi lorsqu'il lui dit qu’il n'a été envoyé qu'aux brebis égarées d'Israël. Mais elle s'agenouille devant Jésus et lui demande à nouveau : "Seigneur, aide-moi." Jésus remet sa foi en question avec des paroles qui nous semblent trop fortes: «Il n'est pas bon de jeter le pain des enfants aux petits chiens». Il utilise ces mots pour que la femme réaffirme sa foi, car pour Jésus, nous sommes tous enfants de Dieu. Il veut montrer qu'il n'y a pas de différences entre l'un et l'autre, malgré le fait que les Juifs croient que les Gentils, c’est-à dire les païens, sont des chiens et non des enfants.

La femme continue de se battre pour sa fille et, convaincue que Jésus peut la guérir, lui dit qu'elle se satisfait des miettes. Avant cette confession de foi, Jésus guérit sa fille et souligne devant tout le monde la grande foi de cette femme.

Les Gentils aussi, comme le dit la Lettre aux Romains, obtiennent miséricorde. L'adhésion à Jésus et la pratique de son Évangile sont ce qui compte. Jésus accueille, il ne rejette pas. Quelle est notre attitude envers ceux qui ne sont pas des nôtres? Ne rejetons-nous pas et ne condamnons-nous pas facilement ceux qui ne suivent pas les lois qui sont de simples préceptes humains?

Les Européens, principalement, sont ceux qui ont amené la foi chrétienne en Amérique et dans d'autres parties du monde. Maintenant que l'Europe est en train de perdre cette foi, c’est à notre tour, nous Américains, Africains ou Asiatiques, de venir maintenant ré-évangéliser l’Europe. Dieu offre son salut à tous et utilise, à chaque instant, ces fidèles qui veulent, par leur parole et leur exemple, prêcher dans le monde la vérité du salut en notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 


Homèlie XIX° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XIX Dimanche ord A

Les lectures de ce dimanche nous invitent à méditer sur une question fondamentale dans notre vie chrétienne. Qui ou quel est votre Dieu? Quelle est la chose la plus importante pour vous à la fin de la journée? Qu'est-ce qui est le plus important dans votre vie? Famille, position sociale, travail, argent, pouvoir, plaisir, les amis, la santé, votre relation avec Dieu?

L’interprétation des lectures d'aujourd'hui se fait à la lumière de la réaction des apôtres, effrayés à la fois par le vent et à la vue de Jésus marchant sur l'eau, au point de penser qu'il s’agit d’un fantôme. Pierre rend les apôtres encore plus inquiets quand ils le voient sombrer dans l'eau. Une fois que le Seigneur monte dans le bateau et que l'eau se calme, les disciples se prosternent devant lui comme quelqu'un le ferait devant Dieu.

L'essence de cette histoire est qu'en Jésus, la Divinité est présente dans l'humanité. Jésus est un homme qui ne supporte pas l’idée de voir son peuple s'évanouir de faim, un homme qui a refusé le pouvoir, qui est allé prier seul dans les montagnes, qui est venu à la recherche de ce petit groupe de pêcheurs effrayés et désorientés.

C'est le Dieu que Jésus nous révèle, non pas dans le pouvoir dominant, mais dans l'humanité qui cherche les tourmentés, les insécurisés, ceux qui luttent dans l’obscurité de la nuit, ceux qui voient des fantômes, ceux qui sombrent dans les eaux comme Pierre par manque de foi, ceux qui ont peur face aux défis de la vie, à la perte d'un être cher, à la séparation d’avec leur conjoint ou à l'incertitude économique due à la perte de travail ou à l’échec financier. Bref, des gens comme vous et moi.

Le récit de ce dimanche est un symbole. Le symbole de la bonté passionnée, qui marche sur l'eau et traverse les ténèbres, à la recherche de celui qui souffre et coule. C'est la nouveauté de l’évangile.

Le vent, le tremblement de terre et le feu dont parle la première lecture et qui émerveillent et menacent nos vies, sont un exemple de toutes les puissances du monde qui nous attirent, mais Dieu n'est pas là. Dieu est dans le murmure de la douce brise que nous pouvons entendre quand devant le tabernacle nous faisons taire le bruit de nos peurs et de nos inquiétudes pour contempler la grandeur de notre Dieu qui nous invite à marcher avec lui sur les eaux turbulentes de notre vie sans Le quitter des yeux.

Les religions ne se renouvellent pas avec plus d'exigences religieuses, mais avec plus d'humanité, plus de respect, plus de tolérance, plus de gentillesse envers tous. La religion est renouvelée lorsque le centre de la religiosité n'est pas placé dans les temples, les prêtres et les rites, mais dans la miséricorde, la gentillesse et la solidarité avec les personnes qui souffrent et sont marginalisées et exclues. Les rites ne changent pas les gens, la bonté est la seule chose qui nous change vraiment.

 


Homélie XVIII° ordianire AAuteur : Père Arturo

Dimanche XVIII ord A

L'un des miracles de Jésus les plus mémorables a été celui de la multiplication des pains et des poissons Il est intéressant à la lecture du texte de l'évangéliste saint Matthieu de découvrir quelques détails de ce miracle.

La première chose qui nous frappe, c'est que Jésus vient d'apprendre la mort de son précurseur, son cousin Jean-Baptiste. "Quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart." En d'autres termes, à ce moment-là, le Seigneur était en deuil et voulait se retirer seul, sûrement pour prier, ou simplement pour se remettre de la tristesse de la mort de son cousin. C'était un meurtre qu’en tant que Dieu, il connaissait déjà d'avance, mais qu'en tant qu’Homme véritable qu’Il était aussi, il devait en être très ému.

Quand les gens ont su que Jésus était là, ils l'ont suivi sur le terrain, et quand Il a vu cette foule de gens, « il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades » ... et plus tard, Il les a nourris. Jésus oublie ce qu'il allait faire au départ, oublie sa retraite solitaire et se soumet à la demande d'une foule avide de pain matériel tout autant que de pain spirituel.

Un autre détail qui retient l'attention de ce miracle multiplicateur de nourriture est le fait que Jésus demande à ses disciples combien de nourriture ils ont: ce ne sont que cinq pains et deux poissons. La foule était nombreuse: cinq mille hommes, en plus des femmes et des enfants, si bien que l’on peut estimer qu’il y avait au total environ quinze mille personnes.

Comment les disciples pouvaient-ils suivre la directive du Seigneur qui leur disait: "Donnez-leur à manger"? Jésus accomplit le miracle: des cinq pains et des deux poissons, beaucoup de pains et de poissons sortaient ... tellement qu'à la fin, après que tout le monde ait mangé, douze paniers de restes ont été ramassés. Ces chiffres nous donnent une idée du caractère spectaculaire du miracle. Mais ce miracle n'était rien comparé à un autre miracle, celui de la sainte Eucharistie, dans lequel Jésus devient Lui-même notre "Pain descendu du Ciel"!

Jésus est notre «Pain de Vie» qui nourrit notre vie spirituelle, qui nous est donné comme nourriture dans l'Hostie consacrée, chaque fois que nous voulons la recevoir: tous les jours, si nous le souhaitons. Dieu s'occupe de nos besoins matériels et spirituels. Il attend que nous mettions de côté nos goûts et nos envies pour donner la priorité à ceux des autres. Et Il attend aussi que nous donnions le peu que nous avons (nos cinq pains et nos deux poissons) pour qu'il le multiplie pour les autres.

A la fin Jésus nous donne un autre pain qui nous nourrit pour le chemin de la vie éternelle: la sainte communion.

 


Homélie XVI° ordianire AAuteur : Père Arturo

L'Évangile de ce dimanche, comme nous l'avions dit la semaine dernière, comprend trois paraboles sur le Royaume des cieux: la parabole du blé et de l'ivraie, celle de la graine de moutarde et celle du levain qu'une femme mélange avec un peu de farine. Jésus a parlé en paraboles pour se faire mieux comprendre par les gens qui l'ont suivi. Un bon exemple pour les prédicateurs d'aujourd'hui qui utilisent parfois un langage élevé et désincarné de la réalité.

Dans la première parabole, l'enseignement est clair: selon Jésus, personne n'a le droit de devenir juge du bien et du mal. Personne n'a le droit de s’octroyer le pouvoir d'essayer d'éliminer le mal à la racine, de déraciner l'ivraie. Car ce qui peut arriver, c’est qu’en croyant déraciner l’ivraie, en réalité c'est le blé qui commençait à pousser que l’on déracine.

Personne ne peut condamner, rejeter, réprimander qui que ce soit. Parce que vous pouvez vous tromper. Jésus condamne ainsi le puritanisme et l'intolérance. Nous courons tous le danger de tomber dans ce type de comportement. Beaucoup passent leur vie à condamner, rejeter, offenser ou insulter les autres en jugeant ce qui est bon et ce qui est mauvais. Malheureusement, ce danger augmente à mesure qu'une personne devient plus religieuse, surtout si sa religion est fondamentaliste.

Le monde est plein de fanatiques qui se considèrent le droit et le devoir d'obliger les autres à changer leur façon de vivre et de penser. Les gens "très religieux" font peur et rendent la vie insupportable et la coexistence impossible. L'essence du fanatisme est le désir de «contraindre les autres à changer». Tous les fanatiques du monde en conviennent, eux dont le comportement dégénère souvent en violence et en terreur. Mais, que cela nous plaise ou non, le blé et l'ivraie grandissent ensemble dans ce monde.

Dans les deux autres paraboles, Jésus nous enseigne que les choses les plus grandes et les plus puissantes commencent par de très petits et humbles débuts. Les trois paraboles nous parlent de la vie et de la croissance, mais aussi du danger qui se cache et empêche la réalisation du Royaume. Parce que son Royaume "n'est pas de ce monde", mais il commence ici, bien qu'il n'ait pas encore atteint sa plénitude. Jésus a dit que son royaume n'est pas comme les royaumes de ce monde. Dans Son Royaume, c'est le premier qui est le dernier, celui qui sert, pas celui qui a le pouvoir. Plusieurs fois, les gens ont voulu faire de Jésus leur roi, mais Il l'a rejeté parce qu'il était venu pour servir et non pour être servi. Son messianisme n'est ni politique ni spectaculaire, mais humble et silencieux.

Dieu montre qu'il est patient, bon et aimable avec tout le monde. Son jugement n’aura lieu qu’à la fin du monde, laissant le blé et l'ivraie cohabiter ensemble jusque-là. Mais il est aussi sage, car il ne juge pas sur les apparences et sait distinguer qui agit bien et qui agit mal. Laissez-les grandir ensemble, nous dit Jésus, mais à la fin ils seront séparés l'un de l'autre. En quoi consistera le procès? Nous serons examinés par l’amour, dit saint Jean de la Croix. Nous serons jugés sur notre engagement envers le Royaume. Et cet examen ne consiste pas en un test final, mais en une évaluation continue qui est effectuée tous les jours. Peut-être n'auront-ils rien fait de mal, mais ils n'auront rien fait de bien non plus quand il leur appartenait de le faire. Et nous, que faisons-nous pour construire la civilisation de l'amour?

 


homélie XV° ordinaire AAuteur : Père Arturo

Les trois prochains dimanches, à partir d'aujourd'hui, nous méditerons sur trois paraboles appelées les paraboles du Royaume. Puissent-elles nous sensibiliser et nous interroger sérieusement sur la façon dont nous vivons notre foi. Puissent-elles aussi nous inciter à faire quelque chose pour la transmettre aux autres.

L'Évangile de ce dimanche est la version de Matthieu de la parabole du Semeur. L'Évangile dit que beaucoup de gens se rassemblent autour de Jésus pour entendre sa parole. La même chose se produit aujourd'hui, les gens ont faim de la parole de Dieu et nous voulons l'entendre. L'Évangile dit qu'il leur a parlé de beaucoup de choses en paraboles. Pourquoi ne parlait-il pas clairement? Pourquoi utiliser un tel langage poétique? Il veut que nous réfléchissions sur la façon dont le semeur a jeté la semence, dans le bon et le mauvais sol, sans distinction.

La parole dans les cultures de l'Orient ancien n'était pas simplement un signe qui transmet une idée, mais une force qui transmet une réalité. Dans cette parabole, Jésus explique pourquoi, très souvent, la parole n'a pas de force, elle est bloquée, et par conséquent, elle reste sans effet, inefficace, diminuée ou limitée.

La parole était le moyen par lequel les prophètes communiquaient leur force au peuple. Avec Jésus, le thème de la parole fait un pas décisif en avant: la parole de Dieu est la parole de Jésus, elle a une telle force qu'elle fait des miracles, pardonne les péchés, transmet sa puissance personnelle, perpétue sa présence. Pourquoi la parole du clergé, des catéchistes, des professeurs de religion n'est-elle si souvent qu’une graine sans fruit? Pourquoi cette parole est-elle si inexpressive, si lourde, si inconfortable, si routinière? Se pourrait-il qu'au lieu de prophètes de la parole, nous soyons devenus des officiels du temple? Peut-être nous sommes-nous attachés à une religion routinière et confortable, et nous sommes- nous éloignés de l'Évangile de Jésus...

Dieu nous aime de telle manière qu'il sème généreusement sa parole sans faire de distinction. Il aime non seulement ceux qui l'aiment mais également ceux qui ne l'aiment pas, il sème sa parole parmi ceux qui le reçoivent bien mais aussi ceux qui le rejettent, il offre son salut à ceux qui y répondent et à ceux qui le refusent. Il ne peut rien faire d'autre, car c'est ce que Dieu est: AMOUR. Nous avons une responsabilité importante, chacun décide s'il est sauvé ou s’il est condamné. Réfléchissons sur quel type de terre nous sommes. Comment recevons-nous les graines de la parole? Faisons-nous de la parole de Dieu la raison-même de nos vies, d'une manière qui affecte toute notre vie?

Ce qui est clair, c'est que la Parole que Dieu a dite au monde, c’est Jésus lui-même qui affirme la présence de Dieu parmi nous. Vrai Dieu et vrai homme. En Jésus, par sa vie, ses actes et ses paroles, c'est là que nous apprenons qui est Dieu, comment Dieu est, ce que nous devons faire pour nous relier à Dieu. Quel type de terroir êtes-vous?


homélie XIV° ordinaire AAuteur : Père Arturo

Dimanche XIV ord A

Le thème principal que Dieu nous propose, ce dimanche, concerne les vertus que nous devons posséder pour le connaître et l'aimer. Il s'agit de l'humilité et de la simplicité qui devraient faire partie de notre vie. Lorsque nos cœurs sont remplis d'orgueil, de vanité, d'arrogance et de supériorité, Dieu n'a tout simplement pas de place pour habiter en nous.

L'Evangile d'aujourd'hui est une révélation, non seulement de l'intimité de Jésus avec Dieu, mais surtout de qui est Jésus et qui est Dieu. La relation du Fils avec le Père est la raison et le contenu de tout l’enseignement de Dieu. En Jésus, dans sa vie et dans son comportement, c'est là que nous connaissons Dieu et sa révélation. Bref, en Jésus, nous connaissons et trouvons Dieu.

Ce qui est le plus impressionnant dans ce texte, c'est que cette révélation nous dit que dans la vie de Jésus le transcendant nous est révélé. Cela explique pourquoi Jésus a vécu de telle manière que ses préférés sont les simples, ceux qui manquent de titres et de rangs, d'estime et de dignité. Parce que ce sont ces «petits», les simples et les derniers, qui n'ont que leur propre humanité. Celui qui prend Dieu au sérieux est celui qui prend au sérieux les humbles et les impuissants de la société. Nous devons comprendre que nous trouvons Dieu dans ce qui est simplement une manifestation de notre condition humaine.

Jésus, à la fin de l'Évangile de ce dimanche, nous invite à nous approcher de lui: " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos”. Aujourd'hui, beaucoup de gens éprouvent de la fatigue et de l’angoisse en conséquence de la peur, de l'insécurité et de la violence qui règnent dans notre monde. Qui d'entre nous n'a pas souffert un fait malheureux au cours de sa vie? Nous sommes fatigués de la corruption et du confinement, nous recherchons les coupables de cette pandémie, et malheureusment, dans la rue, nous nous regardons avec méfiance. Aujourd'hui, le Seigneur nous invite à nous approcher de lui, car il est notre paix.

L'appel de Jésus s'adresse à vous et à moi qui sommes "accablés" et "fatigués". Accablés par un joug qui nous opprime. Dans la Bible, il est fait référence au joug des pouvoirs politiques oppresseurs: l'Égypte, la Syrie, Babylone et Rome. Au temps de Jésus, lorsque le «joug» était mentionné, il s’agissait surtout du joug de la loi religieuse qui était devenu un fardeau insupportable. Jésus ne tolère pas qu’une loi religieuse soit un lourd fardeau pour les pauvres. La religion de Jésus est douce, légère, agréable à porter. Parce que c'est l'humanité et la joie pour tous. L'Évangile est ce qui convient le mieux à notre condition humaine. Notre Église est parfaite pour nous qui sommes imparfaits. Demandons à Dieu notre Père, dans cette Eucharistie, de nous donner un cœur humble et simple comme celui de son Fils Jésus-Christ, pour le connaître et l'aimer.


Homélie XIII° ordinaire AAuteur : Père Arturo

XIII Dimanche ord A

Ce dimanche, la deuxième lecture de la lettre de l'apôtre saint Paul aux Romains, est une lettre complexe que je vous recommande de lire du début jusqu’à la fin. Cela commence un peu sombrement quand il dit que tous ceux qui ont été incorporés au Christ Jésus par le baptême ont été incorporés à sa mort. L'apôtre nous présente la mort au début de la vie chrétienne. Le rituel par lequel nous entrons dans l'Église est un rituel qui parle de la mort. L'Eucharistie que nous célébrons évoque la mort de Jésus. Nous avons toujours vénéré l'image du Christ crucifié. Nous marquons les enfants au baptême avec une croix sur le front et nous avons commencé cette messe avec le signe de la croix.

Pourquoi cette obsession de la mort? Tout dans le christianisme mène à la vie, alors pourquoi se concentrer autant sur la mort? Nous vivons dans une culture qui, à bien des égards, nie la mort, nous préférons vivre superficiellement plutôt que d'y penser. Nous avons tellement peur de la mort que nous nous moquons d'elle. Le christianisme nous aide à faire face à la mort et à refuser de vivre médiocrement ici sur terre, en oubliant notre éternité au ciel. Par peur de la mort, nous recherchons le pouvoir, l'argent, le plaisir et le privilège pour remplir nos ego effrayants.

Le christianisme nous vaccine contre la mort en nous immergeant dans le baptême dans la mort, afin que nous puissions nous libérer de la peur de la mort. Le Christ en croix est dépossédé de tout. Du matériel, du plaisir, de l'amitié, de l'honneur et de toutes les choses que nous utilisons pour nous distraire de la mort. Le Seigneur ne se cache pas derrière la croix, mais Il entre dans la mort en ne faisant confiance qu'à la puissance de Dieu. Cette confiance est récompensée par la résurrection.

Ce qui rend la vie insupportable, c'est la peur de la mort, qui nous fait nous accrocher aux choses et aux gens de telle manière que nous en devenons les esclaves. Qu'est-ce qui rend la vie belle, heureuse, spirituelle et épanouissante? C’est de vivre sans attachement, dans la liberté et l’indifférence aux choses qui nous entourent. Les saints sont ceux qui ont vaincu avec le Christ cette peur de la mort, c'est pourquoi ils vivent dans le pardon, l'amour, la compassion, en appréciant les choses simples du monde sans aucun attachement.

Aujourd'hui, nous avons le privilège d'assister au baptême de Tristan qui se prépare depuis longtemps pour ce moment. Tristan, par le baptême, tu meurs au péché mais tu vis pour Dieu dans le Christ. Le Christ ressuscité ne meurt plus, il a vaincu la mort. Le péché vient de la peur de la mort, aussi, lorsque nous vainquons cette peur, le péché est vaincu, alors nous sommes vivants pour Dieu dans la joie, la paix, le pardon et la compassion.


Homélie Saint Sacrement AAuteur : Père Arturo

Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ A

Aujourd'hui, nous célébrons la solennité du Corps et du Sang du Christ. Notre religion présente une grande différence avec les autres religions ou philosophies du monde. Les platoniciens vénèrent Platon, les musulmans, Mahomet, les juifs, Moïse, les bouddhistes, Bouddha, mais aucun des adeptes de l'une de ces traditions spirituelles ne parlerait de manger le corps ou de boire le sang de celui qu’ils vénèrent. Parce qu'aucun de ces personnages n'a dit que celui qui mangerait sa chair et boirait son sang aurait la vie éternelle. La communion que nous faisons au Christ nous fait reconnaître que le Christ n'est pas seulement un enseignant que nous écoutons ou simplement un leader que nous suivons.

Jésus veut vivre dans ses disciples et que ses disciples vivent en lui, c'est le centre de la spiritualité catholique. Le langage utilisé par le Seigneur est par ailleurs scandaleux. Certains pensaient que ces mots étaient exagérés. Jésus proposait quelque chose hors de toute logique, quelque chose de bizarre, illégal, offensant et même dégoûtant. Comment Jésus agit-il face aux réactions de ses disciples? Adoucit-il son discours? Fait-il marche arrière en disant qu’il parlait en métaphores? Non, il réaffirme ce qu’il avait dit auparavant.

Aujourd'hui, en la fête du Saint-Sacrement, il nous est difficile de comprendre que l'Eucharistie est la source et le sommet de l’évangélisation. Nous voyons ici l'importance de l'Eucharistie dans la pratique de la religion catholique. La foi en l'Eucharistie, l'expérience de la présence réelle de Jésus en elle et la spiritualité que ces convictions ont engendrée chez tant de croyants, ont été, tout au long de l'histoire, une source de force intérieure et de générosité à laquelle nous devons adhérer. L’Eucharistie nous aide à comprendre le sens de la vie et de la mort.

La modernité triomphante s’est effondrée devant la mort. Ce virus a révélé que, malgré ses assurances et ses sécurités, le monde d’ici-bas restait paralysé par la peur de la mort. Le monde peut résoudre des crises sanitaires. Il viendra certainement à bout de la crise économique. Mais il ne résoudra jamais l’énigme de la mort. La foi seule a la réponse. L’épidémie a frappé les sociétés occidentales au point le plus vulnérable. Celles-ci avaient été organisées pour nier la mort, la cacher, l’ignorer.

Face à la mort, il n’est aucune réponse humaine qui tienne. Seule l’espérance d’une vie éternelle permet de surmonter le scandale. Mais quel homme osera prêcher l’espérance? Sans une parole claire de foi et d’espérance, le monde peut sombrer dans une culpabilité morbide ou dans une rage impuissante face à l’absurdité de sa condition.

Mais alors, l’Église doit changer. Elle doit cesser d’avoir peur de choquer et d’être à contre-courant. Elle doit renoncer à se penser comme une institution du monde. Elle doit revenir à son unique raison d’être: la foi. L’Église est là pour annoncer que Jésus a vaincu la mort par sa résurrection.

Malheureusement, l'Eucharistie a subi de tels changements entre l’époque de Jésus et aujourd’hui qu'elle est tout simplement méconnaissable. Il est passé d'un dîner qui renouvelle et séduit à une cérémonie religieuse qui chaque jour est moins comprise et moins intéressante pour les gens. Il est urgent que nous renouvelions tous l'expérience originale de la Cène de Jésus.


Homélie Trinité AAuteur : Père Arturo

Sainte Trinité A

Le livre de l'Exode nous raconte aujourd'hui une de ces rencontres intimes entre Yahvé et Moïse. Rencontre de l'homme avec Dieu dans laquelle la petitesse de la nature humaine est liée à la grandeur infinie du Très-Haut. Mystère profond de notre Dieu unique et trinitaire, essentiellement amour, communication permanente de bienveillance.

Trois personnes divines qui s'aiment de toute éternité. Le Père, qui engendre le Fils, et le Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils. Une seule nature divine et trois personnes divines, qui ne sont pas trois dieux mais un seul Dieu. Égal en tout, en divinité, en gloire, en majesté. Tout comme le Père, le Fils et donc le Saint-Esprit sont: incréés, immenses, éternels, omnipotents. Dans la Sainte Trinité, rien n'est avant ou après, rien n’est en plus ou en moins, mais les trois personnes sont égales et coéternelles entre elles.

Dieu est compatissant, lent à la colère et riche en miséricorde et loyauté, en amour et en fidélité, en bonté et en vérité. Face à ce profond mystère d'amour que Tu es, Toi, notre Dieu trinitaire, nous ne pouvons que nous prosterner jusqu’à terre, dans une attitude de profonde adoration.

Le message principal de cette fête de la Sainte Trinité est que notre Dieu est un Dieu-famille, un Dieu trinitaire. Pour nous, chrétiens du 21e siècle, c'est un message que nous devons méditer et vivre en profondeur. Il est vrai que l'expérience religieuse est toujours vécue seul, en soi-même, mais l'expression communautaire de notre foi se consolide et s'accroît dans une communauté qui se rassemble au nom du Christ. Là où deux ou plus se rassemblent en son Nom, Jésus nous dit qu’Il est là.

Lorsque nous exprimons en commun notre foi en Dieu le Père, il est certain que l'Esprit de Jésus est avec nous. Le christianisme est fondamentalement l'amour: l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Nous ne pouvons pas vouloir aimer et adorer notre Dieu, en oubliant nos frères. Le christianisme n'est pas une relation exclusive de mon moi avec le Dieu trois fois saint. La religion a évidemment besoin d'une expérience, et d'une expérience intérieure et privée, mais l'expression et la célébration religieuses chrétiennes ont besoin, en même temps, d'une communauté de prière et de participation. Le Christ a demandé au Père que “comme Toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous.” Tous les chrétiens forment une unité avec le Christ et, par le Christ, nous voulons tous vivre en communion avec le Père. En cette fête de la Sainte Trinité, nous allons demander à Dieu, notre Père, qu'à travers son Fils, il nous envoie toujours son Esprit, afin que nous vivions notre religion avec un authentique esprit d'amour et de communauté.

Dieu le Père n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour nous condamner pour nos péchés, mais pour nous sauver de nos péchés. La vie du Christ est un don d'amour que Dieu notre Père nous fait, pour nous enseigner la vraie Voie pour L'atteindre, la vraie Vérité qui nous rend libres et la vraie Vie qui satisfait nos envies de bonheur et d'immortalité.


Homélie Pentecôte AAuteur : Père Arturo

Pentecôte A

Aujourd'hui, nous célébrons la fête du Saint-Esprit. Le livre des Actes des Apôtres nous dit qu'après l'Ascension de Jésus, les disciples sont retournés à Jérusalem, comme Jésus l'avait ordonné. Ils étaient tous réunis, quand soudain un vent très fort a soufflé dans toute la maison et des langues de feu sont apparues et se sont posées sur eux. Saint Augustin, commentant ce texte, dit que les apôtres ont reçu le Saint-Esprit et que maintenant, nous le recevons aussi, et il nous donne des conseils pour le recevoir: "Gardez la charité, aimez la vérité, désirez l'unité, afin d'atteindre l'éternité. "

Celui qui aime, a le Saint-Esprit en lui, écrit saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens. Il se manifeste dans les dons qu'il nous accorde. Il travaille en nous, même si chacun reçoit un don ou un charisme différent. Reconnaissez-vous en vous-même un don de l'Esprit? Vous l'avez reçu non pour le garder, mais pour le mettre au service de la communauté. A chaque charisme correspond un ministère, c'est-à-dire un service ou une fonction. Quel rôle jouez-vous dans l'Église?

Personne ne peut dire "Jésus est Seigneur", sauf sous l'action du Saint-Esprit. Il y a une diversité de dons, mais le même Esprit; il y a une diversité de services, mais le même Seigneur; et il y a diverses fonctions, mais le même Dieu qui fait tout en chacun. C'est la théorie paulinienne du corps mystique du Christ. Tous les chrétiens sont des membres vivants de ce corps mystique qu'est le Christ, chef de l'Église.

En chacun de nous, dit saint Paul, l'Esprit se manifeste pour le bien commun. Tous les chrétiens doivent former une unité, une Eglise qui est une, pas uniforme, mais diversifiée. Nous sommes tous différents en tant qu'individus, mais nous sommes un en tant qu'Église, parce que nous avons tous été baptisés dans le même Esprit. Les catholiques ne font pas de distinction entre les gens parce que Dieu ne fait pas de distinction entre ses enfants, c'est en ce sens que les chrétiens doivent marcher vers l'œcuménisme. L'œcuménisme n'est pas l'uniformité, mais l'unité chrétienne dans la diversité des différents peuples. Nous devons tous rechercher le bien commun au-dessus du bien particulier.

Il est possible que nous voyions actuellement que tout s’écroule autour de nous, avec la crainte que tout se termine, ressentant la peur de l'inconnu au-delà. Mais le Seigneur nous a apporté le salut. C'est pourquoi nous devons vivre avec un profond sentiment de liberté, confiants, toujours optimistes, sans peur de rien ni de personne. Calmes aussi dans les moments difficiles, aux heures de lutte et d'incertitude. C'est pourquoi nous demandons au Seigneur que le Saint-Esprit vienne remplir le cœur de ses fidèles du feu de son amour, qu'il nous aide à invoquer Jésus, c'est-à-dire à croire en Lui, à l'aimer par-dessus tout, à attendre son secours en toute confiance.


Homélie VI° Pâques AAuteur : Père Arturo

VI Dimanche de Pâques A

Aujourd'hui, nous continuons à lire le livre des Actes des Âpôtres, qui a été écrit par saint Luc, c'est comme la suite de son évangile et c'est pourquoi les deux sont liés dans leur sujet. Après la résurrection, Jésus leur dit de ne pas quitter la ville jusqu'à ce que la promesse du Père arrive. Il parle de l'Esprit et de sa venue à la Pentecôte.

 Qui est cet Esprit? C'est l'amour qui unit le Père et le Fils. Jésus promet que l'amour du Père et du Fils descendra sur eux et les aidera pour leur travail apostolique. Le livre des Actes raconte comment le Christ est devenu roi et comment son pouvoir et son influence se sont répandus à travers le monde. Cela se produit par l'action des apôtres. La Bible dit que dans la première prédication de Pierre et des apôtres, 3000 personnes ont été converties et baptisées, et qu’elles ont immédiatement rencontré une forte opposition de la part de la religion officielle ainsi que du pouvoir politique.

Dans l'évangile, Jésus promet à ses disciples qu'il leur donnera un «défenseur», qui les accompagnera et sera toujours de leur côté. Pour parler de ce défenseur, le texte grec utilise le terme "paraklêtos" qui signifie avocat C'est pourquoi il est interprété comme étant «l'avocat de la défense» des disciples de Jésus.

Un chrétien, s'il est un vrai disciple de Jésus, va vivre de telle manière qu'il aura besoin d'un avocat de la défense, car c'est sans aucun doute une personne qui aura toujours des problèmes. Dans une société comme la nôtre, où règnent les inégalités de dignité et de droits, rester indifférent et silencieux, c'est devenir complices de ceux qui maltraitent les plus faibles, donc pour vivre de manière cohérente, il nous faut une lumière et une force qui ne peuvent venir que de Dieu.

La vie de celui qui prend l'évangile au sérieux sera inévitablement une vie confrontée à des problèmes fréquents devant les pouvoirs de l'ordre établi qui ne supporte pas les critères de vie, les valeurs et les modèles de conduite éthique de l’évangile. Les disciples du Christ nient les valeurs qui gouvernent le «désordre» actuel dans lequel nous vivons, ils sont ceux qui accomplissent l'œuvre de Jésus et promeuvent sa seigneurie.

C'est un défi qui nous effraie au début, mais c'est aussi une lumière d'espoir pour l'avenir. Les dons du Saint-Esprit peuvent être très spectaculaires comme le don des langues, de la prophétie, de la guérison, etc., mais ils peuvent aussi être relativement ordinaires: gentillesse, générosité, honnêteté, créativité, etc. Nous sommes tous appelés à faire partie de l’armée de Dieu, à mener le bon combat et à étendre le Royaume et l'autorité de Jésus. C'est ce que le concile Vatican II mentionne comme «l'appel universel à la sainteté». Nous sommes tous appelés à travailler à la mission de l'Église qui consiste à proclamer la majesté de Jésus et à étendre son Royaume.

 


Homélie V° Pâques AAuteur : Père Arturo

V° Dimanche de Pâques A

L'Évangile de Jean nous dit plus d'une fois que personne n'a vu Dieu sauf celui qui vit avec le Père, Jésus-Christ, qui nous dit aujourd'hui: «Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans passer par moi.» Le texte que nous avons médité est peut-être le plus important de la Sainte Écriture. Cependant, même si nous avons lu cet évangile plusieurs fois, nous ne réalisons toujours pas qu’en voyant Jésus, nous voyons Dieu; en entendant Jésus, nous entendons Dieu; en touchant Jésus, nous touchons Dieu.

Dieu l'invisible, devient visible en Jésus. Cela ne signifie pas que Jésus est identique à Dieu. Cela signifie que Dieu s'est révélé à nous en Jésus. L'évangile ne peut être compris qu’en ayant à l’esprit la connaissance historique de la culture hébraïque. La Bible n'est pas un traité métaphysique, mais un récit historique. L'être de Dieu nous est révélé dans l'être de Jésus. Il s'agit de prendre conscience que par la vie que Jésus a menée, nous pouvons savoir qui est Dieu, comment Dieu est, ce qui lui plaît et ce qui lui déplaît.

La théologie chrétienne a pris, presque depuis ses origines, le chemin de la philosophie grecque et, même si elle n'a pas cessé de citer la Bible, elle a en fait abandonné le chemin de la pensée historique de la culture biblique, c'est pourquoi nous avons aujourd'hui une théologie très préoccupée par l'orthodoxie des vérités de la foi, mais peut-être trop éloignée des vicissitudes de l'histoire et de la vie. C'est terrible, car cela a rendu possible une église rigoureusement orthodoxe dans ses dogmes, et qui tolère en même temps des contradictions, des corruptions et des scandales que personne ne comprend. Pourtant si proches de Jésus, il nous arrive la même chose qu'à Philippe. Nous ne le connaissons pas.

Nos temps sont ceux de l'agitation, de l'énervement et de la contrainte. Des temps où le père du mensonge a infecté l'intelligence des hommes en leur faisant confondre le bien avec le mal et le mal avec le bien, en leur faisant prendre la lumière pour l'obscurité et l'obscurité pour la lumière, et en semant dans leurs âmes le doute et le scepticisme qui délitent toute manifestation d'espoir en un horizon de plénitude que notre monde, avec ses attraits, ne sait ni ne peut leur donner.

Dominés par “l'absurde” et par la perte de la transcendance, les hommes et les femmes n'ont pas seulement oublié, ils ont perdu le chemin, ayant déjà oublié le Chemin. Guerres, violences de toutes sortes, repliement sur soi et égoïsme face à la vie (contraception, avortement, euthanasie...), familles détruites, jeunesse “désorientée”, etcetera, constituent le grand mensonge.

En Jésus, le divin a été uni à l'humain. Nous préférons probablement que Dieu soit loin dans le ciel et nous ici sur terre. Il y a beaucoup de gens qui ont besoin d'un Dieu grand et distant pour adorer. Ces gens craignent le Dieu proche, humain, tangible et visible, qui doit être imité. L'adoration est plus facile et moins exigeante que l'imitation, car l'imitation est la tâche habituelle, au travail et au repos, au temple et dans la rue, dans les joies et les peines. C'est un fardeau qui nécessite une vigilance constante.

Les religions sont généralement un projet de relation avec Dieu. Notre religion, en revanche, est un projet d'union avec Dieu. La relation se fait en observant certaines médiations (rites, cérémonies, coutumes). L'union consiste à faire à tout moment ce que Dieu fait, Lui qui ne fait aucune différence. Croire au Dieu de Jésus passe par la vie sans faire de différence: ni entre amis et ennemis, ni entre riches et pauvres, ni entre connu et inconnu. Il est donc vraiment difficile de croire en notre Dieu. Nous devons nous demander sincèrement: ai-je peur de l'Évangile?

Pas de crainte parce que nous savons où nous allons après cette vie.

Au beau milieu de tout cela, Jésus, le Prince de la Paix, réaffirme aux hommes de bonne volonté, avec sa douceur infinie: «Ne soyez donc pas bouleversés: vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi».

 


Homélie IV° Pâques AAuteur : Père Arturo

IV Dimanche de Pâques A

En ce quatrième dimanche de Pâques, nous continuons la lecture du livre des Actes des Apôtres. C'est un livre où les débuts de notre Eglise sont racontés et nous aident à mieux comprendre notre essence en tant que catholiques. Pensons au premier siècle bien avant qu'il n'y ait des paroisses, des diocèses, le Vatican ou tout autre type de structure institutionnelle. Au début, il n'y avait qu'un petit groupe de frères qui étaient si stupéfaits par le fait de la résurrection, qu'ils traversèrent le monde jusqu'à mourir en prêchant le message de Jésus.

La première lecture nous présente l'impressionnante prédication de Pierre, dans laquelle nous trouvons expliquée la nature du christianisme. Tout d'abord, nous voyons Pierre avec les onze, ce qui signifie que toute prédication et tout enseignement légitimes sont apostoliques, c'est-à-dire que toute prédication autorisée doit être basée sur l'expérience et la prédication des apôtres. Tous les prêtres et diacres peuvent prêcher avec autorité, par le mandat de l'évêque qui succède à son tour aux apôtres; de cette manière, l'Église veille à ce que sa prédication soit fondée sur l'expérience de ces hommes qui ont connu le Christ personnellement.

Je ne peux pas venir prêcher mes propres opinions religieuses, mes difficultés, mes peurs ou mes ambiguïtés, mais uniquement dire la vérité avec la conviction de l'expérience que j'ai vécue dans ma vie, avec le Christ, dans le prolongement de l'expérience de ceux qui ont vécu étroitement avec Lui. Je veux partager l'expérience de liberté que la rencontre avec le Christ a provoquée dans ma vie.

Il est impressionnant de voir Pierre parler avec courage et confiance de sa conviction absolue devant le peuple d'Israël, disant à haute voix: “Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié.“ Une phrase qui pouvait être comprise par tous, juifs et romains. Il s'agit d'un discours révolutionnaire et contre-culturel qui a enflammé l'esprit de ceux qui l'ont écouté. Il a fait sa prédication face à face, sans se soucier que cela pourrait lui coûter la vie. C'est ainsi que devrait être notre prédication, sans crainte de ce que diront les autres.

En ce qui nous concerne, nous les prêtres, Jésus veut que nous ayons une relation exemplaire avec notre troupeau. Le berger va de l'avant et ses brebis le suivent, il les connaît par leur nom, il n'est pas mercenaire, il n'agit pas par intérêt, car la seule chose qui l'intéresse dans la vie est le bien de ses brebis, et il donne même sa vie pour le bien de sa communauté. Dans l'Église, il y en a beaucoup qui se comportent comme ça, mais malheureusement, il y en a aussi beaucoup qui voient leur ministère comme un travail et s'occupent de faire carrière. Cela fait beaucoup de mal à l'Église, car ils sont les mercenaires de la religion.

Certains me demandent comment je suis arrivé à Billère, et ma réponse est: grâce à Dieu, qui m'aime beaucoup. Vous êtes vraiment devenus ma famille. Petit à petit, j’apprends à connaître vos noms. En ce moment, je suis inquiet à cause de vos problèmes et de votre angoisse pendant ce temps de confinement. Vos souffrances me font mal et je me sens impuissant à les soulager, ne pouvant rien faire pour y remédier, mais seulement prier pour vous.

Ma tâche de bon berger, c’est d’aider les brebis à atteindre la liberté que le Christ nous a apportée, de telle manière que nous tous, conscients de notre filiation divine, puissions surmonter la plus grande peur que nous ayons, qui est la peur de la liberté, comme l'a dit Dostoïevski: “Ce que les hommes ne peuvent pas supporter, c'est le poids de la liberté”. Le Christ est notre exemple de l'homme libre, osons l'être aussi.


Homélie III° Pâques AAuteur : Père Arturo

III Dimanche de Pâques A

En ce troisième dimanche de Pâques, nous avons l'occasion d'écouter à nouveau l’histoire des disciples d'Emmaüs. Encore une fois, nous nous replaçons au jour de la résurrection. Nous sommes face à la nouvelle création ou plutôt à la recréation de l'humanité. L'Evangile d'aujourd'hui met en évidence deux thèmes fondamentaux: la reconnaissance du Christ vivant et présent aujourd'hui et l'importance de l'Eucharistie pour pouvoir reconnaître Jésus.

Beaucoup de catholiques vont à la messe et la quittent comme ils sont entrés, si aveugles qu’ils ne peuvent ni voir ni comprendre Jésus. Les disciples n'ont pas reconnu Jésus, car ils avaient perdu toute illusion et tout espoir. Ils ne pouvaient pas supporter son échec apparent. Lorsque l'espoir est perdu, la vision de la réalité qui est autour de nous et en nous est également perdue.

Nous voyons les disciples quittant Jérusalem pour aller à Emmaüs. Nous ne savons pas très bien où était Emmaüs, mais seulement qu’il était à 11 km de Jérusalem, et que c'était une garnison de l'armée romaine, c'est-à-dire une ville où le pouvoir romain s'était installé. Où allaient les disciples? Ils allaient définitivement dans la mauvaise direction. Tout ce qui se réfère à l'Évangile tourne autour de Jérusalem, car c'est la ville de la croix. Au contraire, que font ces deux hommes? Ils s'éloignent de Jérusalem et il est très symbolique qu'ils se rendent dans une ville qui se présente comme un centre du pouvoir romain.

Le vrai pouvoir de l'évangile est le pouvoir de l'amour divin. Pas la puissance du monde, les armes, les épées, les flèches, etc. Les disciples comme nous tous, ont tendance à emprunter le mauvais chemin. Nous cherchons refuge et sécurité à Emmaüs et non à Jérusalem. Lorsque nous faisons cela, nous nous trompons. Les disciples rencontrent Jésus en allant de Jérusalem à Emmaüs et ne le reconnaissent pas.

Nous n'avons pas un Dieu qui veut que nous rampions pour demander pardon. La révélation centrale de toute la Bible est l'histoire d'un Dieu qui nous cherche et qui nous trouve. Même si nous marchons dans le mauvais sens et que nous sommes dans la confusion, il vient et marche avec nous. Comme les disciples d'Emmaüs, nous sommes aveugles et ne le reconnaissons pas. Les disciples ne l'ont pas reconnu parce qu'ils allaient dans le mauvais sens. Par le mauvais sens, je veux dire leur mode de vie.

Comment ont-ils ouvert les yeux et réalisé que Jésus était avec eux? En partageant la table. Les disciples avaient toutes les informations sur Jésus, mais ne comprenaient pas leur signification. Ils n'avaient pas entamé de processus de conversion. Il leur fait donc des reproches.

Ils n'ont pas vu que le Christ devait souffrir pour entrer dans la Gloire. L'Eucharistie est l'amour souffrant du Fils de Dieu. La voie de l'amour est toujours douloureuse, car elle implique l'abnégation de soi. Il n'y a pas d'amour sans sacrifice. Nous assistons à l'achèvement de la première messe. Ils se sont tournés vers Jésus pour trouver le puissant prophète parce qu'ils croyaient au pouvoir. Et ils ont trouvé Jésus dans l'être humain faible qui a rompu le pain avec eux. Et maintenant, ils ont le pouvoir d'avancer. Retournez à Jérusalem, où vous devriez être. La conversion ne va pas à Emmaüs. C'est notre tâche, reconnaître Jésus. L'avez-vous déjà reconnu?

 


Homélie II° pâques AAuteur : Père Arturo

II Dimanche de Pâques A

Cette année, la mort qui rôde, invisible, nous a interdit de nous rassembler pour célébrer le sommet de l’année liturgique, tandis que la longue liste des victimes du virus sont enterrées dans la plus stricte intimité familiale.

En ce deuxième dimanche de Pâques, nous méditons sur la façon dont le Christ ressuscité interagit avec l'Église naissante. Le dimanche, le premier jour de la semaine, est le jour de la nouvelle création, de la résurrection. Les disciples n'avaient pas compris le sens de cela, car ils étaient enfermés par peur des Juifs. Une peur que nous pouvons comprendre, car leur maître venait d'être crucifié et ils pensaient que la même chose pouvait leur arriver.

Les disciples fermés et effrayés nous rappellent notre façon d'agir et la peur que beaucoup ressentent maintenant face à cette situation de confinement du monde. Effrayés, renfermés sur notre égoïsme, inquiets pour l'avenir, isolés et sur la défensive, toujours conditionnés par la crainte de perdre la vie. Aujourd'hui, nous vivons menacés de mort, comme les disciples. Malgré l'enfermement, Jésus apparaît au milieu d'eux et leur souhaite la paix. Le Christ ressuscité est une présence incarnée, existant à un niveau qui dépasse les limites spatiales et temporelles de la mort dans lesquelles nous vivons.

Shalom, dit Jésus, que la paix soit avec vous. Ce mot résume tout l'enseignement de la Bible. Une paix que personne ne peut vous donner, mais seulement Dieu. Une paix que le monde ne peut pas donner parce que la paix du monde est éphémère. Nous vivons des moments de paix, suivis d'anxiété. Moments de paix suivis de guerre. Beaucoup décrivent la paix comme la pause entre deux conflits. C'est pourquoi, lorsque nous avons passé une période de paix légèrement plus longue, nous la perdons immédiatement parce que nous commençons à nous inquiéter de ce qui pourrait arriver. Le Christ nous donne une paix qui dépasse la peur de la mort.

Tous les saints ont reçu cette paix qui les a fait vivre dans une sorte de sainte indifférence à tout ce que le monde peut offrir. Les saints ont connu les difficultés de cette vie, mais en eux était cette paix qui vient de la conquête de la peur de la mort. Thomas n'a pas cru parce qu'il n'était pas avec les autres apôtres, et quand Jésus réapparaît, Il lui montre ses blessures, qui sont la manifestation des péchés du monde. Ses blessures sont la meilleure preuve de notre dysfonctionnement.

Avec nos sens, nous voyons la douleur et la souffrance, les plaies et les cicatrices de la mort, mais dans les blessures de Jésus, il n'y a ni mort ni douleur, mais la vie et l'espoir. Jésus n'évite pas la mort, mais la dépasse pour nous communiquer sa paix. La dernière bénédiction de cette histoire est pour ceux qui, comme nous, croyons sans avoir vu. Nous croyons en l'avenir de la vie pour l’éternité, sans voir. L'Évangile de ce dimanche nous invite à sortir de notre enfermement et à faire le saut de la foi. Peu importe que nous soyons confinés, la vraie liberté est intérieure. N'ayez pas peur, parce que Dieu est avec nous. Je vous embrasse.

 


Homélie pascale AAuteur : Père Arturo

Dimanche de Pâques A

Il est ressuscité comme Il l’avait promis! Les chrétiens des premiers siècles étaient très clairs sur le fait que la nuit du samedi saint est la plus importante de l'année. C'est la nuit du feu et de la lumière du Christ. Ils ont vécu la nuit de Pâques comme une nuit spéciale, avec une explosion de lumière salvatrice et libératrice, et l'annonce d'une liberté tant désirée. Les images préférées pour exprimer le sens théologique de cette nuit sainte sont le feu et la lumière. En cette veille de Pâques, nous voulons continuer à voir le Christ comme notre lumière.

La résurrection n'est pas le retour de Jésus à cette vie. Il ne revit pas, il ne rentre plus dans l'histoire humaine. Jésus se lève, c'est-à-dire transcende l'espace et le temps. Il transcende les conditions de cette vie et inaugure ainsi les conditions d'une vie nouvelle. Une vie pleine qui répond à toutes les aspirations à la vie que nous ressentons tous. La résurrection est un événement qui est au-delà de l'histoire, et logiquement cela ne peut pas être connu par la raison ou les sens. Cela n'est possible que par la foi. Ce soir, nous célébrons le passage de la mort à la vie. Ce soir, les catéchumènes sont baptisés et quittent les fonts baptismaux, y laissant leurs péchés; ce moment est le plus émouvant et le plus important de leur vie.

Cette année, il n’en sera pas ainsi. Nous n'aurons pas de baptême, mais nous aurons la résurrection. Aujourd'hui, nous les baptisés, nous renouvelons nos promesses de baptême. Et nous nous engageons à vivre différemment. Aujourd'hui, nous sommes appelés à retrouver l'innocence perdue et à reprendre des forces pour le changement que nous devrons nécessairement faire après cette pandémie. Ce Carême, nous avons vécu un long Vendredi Saint et aujourd'hui nous sommes heureux de savoir que le Christ veut continuer à être feu et lumière, Chemin, Vérité et Vie pour nous. En cette nuit, nous avons allumé le cierge pascal, la lumière du Christ, nous avons besoin de lui pour continuer à allumer le feu de son amour en nous, afin que la flamme allumée dans nos cœurs continue de brûler et d'éclairer nos vies et la vie de tous ceux que nous aimons.

Ce soir, nous demandons au Seigneur d'éclairer le cœur et l'esprit de tous les dirigeants du monde, afin qu'ils sachent se repentir de leurs péchés et gouverner avec sagesse, afin que personne ne meure par manque de pain, de tendresse et de miséricorde. Allumons dans le cœur de chacun la lumière du Christ, pour illuminer le monde entier.

Apprenons de cette situation mondiale. Nous attachons de l'importance aux choses, non pas pour ce qu'elles valent mais pour ce qu'elles signifient. Écoutons davantage les gens qui parlent. Habillons-nous simplement. Contemplons les roses et apprécions leurs épines. Ne laissons pas passer un seul jour sans dire à ceux que nous aimons, que nous les aimons. Vivons amoureux de l'amour. Arrêtons d'essayer de vivre au sommet de la montagne, car la simplicité est la manière de monter la pente. Reconnaissons que lorsqu'un nouveau-né serre le doigt de son père pour la première fois, il est “piégé” pour toujours. N'oublions pas qu’un homme n’a le droit d’abaisser son regard vers un autre homme, que pour l'aider à se relever. Nous ne pouvons pas rester les mêmes. Ce serait très triste de perdre cette opportunité. Joyeuses Pâques à tous !


Homélie vendredi Saint AAuteur : Père Arturo

Vendredi Saint A

Aujourd'hui, nous célébrons le jour de la Croix victorieuse, où Jésus nous a laissé le meilleur de lui-même: Marie comme mère, le pardon et la confiance totale en Dieu le Père.

Nous l'avons entendu dans la lecture de la Passion que le témoignage de saint Jean nous transmet. C'est une histoire avec de nombreux symboles, où chaque petit détail a un sens. Le silence et l'austérité de l'Église nous aident aussi à vivre dans un climat de prière.

 

Face à ce grand mystère, nous sommes invités à voir. La foi chrétienne n'est pas la relation révérencieuse envers un Dieu lointain et abstrait que nous ne connaissons pas, mais l'adhésion à une Personne, vrai homme et vrai Dieu. Les catholiques ne croient pas à une idée, mais à une personne.

Dieu est devenu chair de notre chair et Il est resté homme jusqu'à la mort. Une mort acceptée comme rançon pour tous. Ceux qui étaient là et l'ont vue nous ont transmis les faits et nous révèlent le sens de cette mort. L'histoire que nous méditons aujourd'hui met en évidence la solitude de Jésus. Les apôtres l'abandonnent, Judas le trahit et Pierre le renie. Jésus est laissé seul devant les grands prêtres, les représentants officiels de la religion, qui se réjouissent de son échec. Compte-tenu de la solitude apparente de Notre-Seigneur, sa liberté devant le tribunal religieux se démarque car il n'avait rien à cacher.

Nous connaissons le prix de l'amour: "Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." Jésus, pour nous, est un modèle à imiter. Nous devons être des gens qui aiment jusqu'au don total de nous-mêmes et avoir confiance dans le Père, même dans l'adversité. Maintenant, nous sommes dans un temps propice pour le faire.

L’exemple du Christ contraste avec l'atmosphère indifférente de notre société; par conséquent, notre témoignage doit être plus courageux que jamais. Il nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.

La mort de Jésus n'est ni un acte religieux ni un cérémonial sacré, ni un exemple de dévotion, d'esthétique ou de beauté. C'est un crime "légal". Le salut que Jésus apporte est universel, pour tous les hommes; il n'est lié ni au temple, ni au sacerdoce, ni au culte, mais à la liberté prophétique et à la transparence d'un homme qui a existé et s’est donné totalement pour les autres.


Homélie Jeudi Saint AAuteur : Père Arturo

Jeudi Saint A

Aujourd'hui, nous nous souvenons du premier Jeudi Saint de l'histoire, au cours duquel Jésus-Christ rencontre ses disciples pour célébrer la Pâque. Ce jour-là, Jésus a inauguré la Pâque de la nouvelle Alliance, dans laquelle il s'est offert en sacrifice pour le salut de tous. L'institution de l'Eucharistie est l'aspect le plus important de la célébration liturgique d'aujourd'hui, bien que nous méditions également aujourd'hui sur le service fraternel de la charité et l'institution du sacerdoce.

Le lavement des pieds a été réduit dans l'Eglise à un simple rite liturgique que le prêtre accomplit une fois par an comme une cérémonie de plus. Cette année il n’en sera pas ainsi et c'est pourquoi nous devons nous demander: Pourquoi l'exemple de notre Maître n’a-t-il pas eu plus de conséquences dans la vie de l'Église? Aujourd'hui, nous prêchons des homélies louant l'humilité et la charité. Mais il faut bien reconnaître que ce rite ne modifie pas pour autant la vie des fidèles et ne garantit pas non plus l'exemplarité de l'Église.

Ce serait une chose bien triste si, avec l'exemple que Jésus nous a laissé, nous chrétiens, nous nous contentions d'organiser un seul rite religieux. Peut-être qu'en faisant cela, nous pensons que nous accomplissons le commandement du Seigneur. Mais ce que Jésus a fait n'était pas un rituel religieux. Pierre n'était pas disposé à accepter le lavement des pieds, car il savait que c'était quelque chose de très dégradant et d'humiliant : laver les pieds était un travail d'esclave, et il ne pouvait pas tolérer que son Maître et Seigneur se considère comme un esclave.

Le Jeudi Saint est le jour où nous chrétiens, nous nous souvenons et célébrons le mandat que Jésus nous a laissé. Il ne peut pas être réduit à une cérémonie. Jésus est devenu l'esclave de tous, en particulier de ceux qui ne sont servis par personne.

Devant cet humble Christ, nos paradigmes sont brisés. Jésus-Christ renverse les valeurs humaines et nous invite à Le suivre pour construire un monde nouveau et différent orienté vers le service. En cette sombre semaine où une ombre de mort flotte sur le monde entier, nous attendons la lumière de la résurrection. Dieu ne regrette pas ses promesses et cette année encore Il ne nous décevra pas.

En ce moment, je réfléchis sur ce que le Seigneur attend de moi. Je découvre que la solennité que nous célébrons aujourd’hui donne tout son sens à ma vie entière. Maintenant, dans cette situation de pandémie, je me sens plus proche de Jésus que jamais.

Méditons sur le don qu'il nous fait aujourd'hui: l'Eucharistie, le sacerdoce et le commandement de l'amour. Celui qui discrimine ou méprise les autres, celui qui divise la communauté, ne reconnaît pas le corps du Seigneur. Son eucharistie n'est pas la Cène du Seigneur, mais un rite vide. Je vous invite à prendre la ferme résolution de suivre le Christ en esprit et en vérité.


Homélie dimanche des rameaux et de la passion année AAuteur : Père Arturo

Dimanche des Rameaux A

Comme chaque année, le dimanche des Rameaux, nous méditons sur la Passion du Seigneur. Cette année, c’est avec saint Matthieu. Nous voyons Jésus commencer son chemin vers la mort.

Jésus entre dans le monde de la dysfonction humaine et du péché, de ce qui nous sépare de l'amour de Dieu. Nous avons vu que Jésus vivait avec les pécheurs et avec tous ceux que la société rejetait, et il le fait dans l'obéissance et la fidélité à son Père pour combattre le péché.

Comment réagissons-nous au péché? Peut être avec plus de péché? Tu es mauvais avec moi, je suis mauvais avec toi, tu es violent avec moi, je suis violent avec toi, tu me trahis, je te trahis. Mais que fait Jésus? Jésus se rapproche de l'amour et de la fidélité qui le distingue et détruit le péché.

Dans l’Evangile de Matthieu, nous rencontrons presque toutes les formes de dysfonctionnement humain. L'histoire commence avec la trahison de Judas qui, pour trente pièces d’argent, trahit son maître, son Seigneur, son ami. Dans le jardin des Oliviers, Jésus demande à ses disciples de veiller avec lui. Que font-ils? Ils s'endorment, dans une sorte de paresse spirituelle indifférente. Une autre forme de dysfonctionnement: l'indifférence.

Lorsque les gardes avec Judas viennent appréhender le Christ, ils rencontrent le prince de la paix. La paix et la violence se rencontrent. La violence est une autre forme de dysfonctionnement. Au milieu de la confusion, l'un des disciples coupe l'oreille du serviteur du grand prêtre. Un fait très symbolique car dans la violence la communication est coupée, personne n'écoute, personne ne parle.

Lorsque Jésus a été arrêté, tous ses disciples qu'il avait appelés, l'ont abandonné. Un autre aspect du péché est la lâcheté spirituelle. Au moment de la vérité, Notre-Seigneur, qui s'est proclamé la Vérité incarnée, est entouré d'un groupe de lâches et de menteurs. Jésus est amené au Sanhédrin pour être jugé par ceux qui devraient être les meilleurs de la nation, et présentent de faux témoins pour maintenir leur position dans le temple, dans la société. L'histoire continue quand Pierre le renie dans un réflexe d’autoprotection et fait de Jésus un bouc émissaire.

L'un des résultats du péché est l'autodestruction. En cela, Pierre et Judas sont des exemples pour nous parce que, bien que tous deux le renient, Pierre se repent et demande pardon, mais Judas dans son désespoir se détruit. Ponce Pilate se rend compte que Jésus est innocent, mais abusant de son pouvoir, il juge Notre-Seigneur et le condamne sans se soucier de la justice, mais uniquement à cause de la pression de la foule et par peur de perdre sa position.

Que voyons-nous aujourd'hui dans la Passion du Christ au début de la Semaine Sainte? Trahison, indifférence, paresse, violence, lâcheté, mensonges, autodestruction, abus de pouvoir, tous les visages du péché. La nouveauté, chers amis, est que l'amour de Dieu pénètre cette terrible réalité pour éclairer de sa lumière divine les ténèbres du monde. Dieu aime les pécheurs, mais Il déteste le péché. Il vient parmi nous, et avec son amour et sa vérité, il assume et rachète nos péchés.

Il est temps de retourner à Dieu. La seule bonne chose à propos de cette pandémie que nous vivons est que nous réalisons que les armes sont inutiles, le pouvoir est faible et la richesse est insignifiante. La seule chose importante est DIEU. Telle est la bonne nouvelle de cette terrible épreuve. Je vous embrasse.

 


Homélie V° carême AAuteur : Père Arturo

 

Hier, après avoir écouté le Pape, nous sommes invités à ne pas avoir peur. Nous continuons ce Carême avec des lectures qui nous aident à évaluer notre conversion, ou si nous avons déjà commencé ce processus. Ces derniers dimanches, nous avons médité sur la soif, la cécité et aujourd'hui la mort, où Jésus apparaît comme la résurrection et la vie. Tous les trois sont des métaphores du dysfonctionnement spirituel dans lequel nous vivons.

Dans le Nouveau Testament nous sont rapportées trois résurrections: d’abord celle de la fille de Jaïre, puis celle du fils de la veuve de Naïm et enfin celle de Lazare. Saint Augustin a dit que chacun d'eux est une figure du degré de dysfonctionnement spirituel dans lequel nous pouvons nous trouver. La jeune fille symbolise le début du péché, le jeune homme représente l'affection pour les péchés plus graves et Lazare, un adulte mort depuis quatre jours, représente une personne plongée dans le péché, spirituellement morte.

Aujourd'hui, nous nous concentrerons sur la résurrection de Lazare. Jésus, devant la tombe, a été ému aux larmes. Pensons à la mort d'un être cher. Rappelons-nous l'effet que cette situation a eue sur nous. Une douleur qui peut prendre beaucoup de temps pour guérir et qui nous affecte parfois même physiquement. Imaginez le sentiment de Jésus confronté à la mort de son ami Lazare...

Méditons sur cette image du Christ pleurant devant la tombe, qui est l'une des trois occasions où le Seigneur a pleuré. La première à la périphérie de Jérusalem quand il a pleuré sur le manque de foi du peuple juif, la seconde sur le mont des Oliviers.

Le thème central de cette histoire est le triomphe de la vie sur la mort, en tant qu'effet d'une affection intense. L'amour d'un ami, qui aime tellement Marthe, Marie et Lazare, qu'il ne peut pas supporter leur douleur et leurs larmes. Et il est tellement bouleversé qu'il pleure quand il ressent de près l'absence de son ami. La leçon est claire: l'humanité de Jésus est la source de la vie. Jésus était parfaitement humain, profondément bon, fidèle en amitié, incapable de supporter la douleur de ses amis, peut-être ceux qu'il aimait le plus dans sa vie terrestre. Le péché est la perte de l'amitié avec Dieu. “Où l'avez-vous déposé?” demande Jésus. Il cherche son ami comme il nous cherche. Méditons sur cela et je suis sûr que votre relation avec le Christ va changer.

L'Évangile dit que Jésus a crié d'une voix puissante: "Lazare, sors !" Encore aujourd'hui, Jésus nous crie la même chose: sortez ! Nous sommes tous plus ou moins morts. Peu importe où nous en sommes ou à quel degré de chute nous sommes tombés, la voix de Jésus nous appelle à la vie pour nous faire sortir des ténèbres de la mort, que Dieu déteste sous toutes ses formes. Il ne peut pas supporter la façon dont nous avons réussi à nous lier et à nous mettre dans des tombes.

Peut-être que vous êtes plongés dans la dépendance, ou que vous avez fait des choses qui vous embarrassent et que vous n'osez même pas confesser, ou encore que vos relations ont échoué et que vous en ressentez durement l’échec, ou que vous craignez simplement la mort. Écoutez la voix de Jésus qui, comme à Lazare, vous dit: “Sortez”. Mais comment sortir quand on est confinés? Prière et communion spirituelle, en méditant sur le précieux message que le Pape nous a donné hier: N'AYEZ PAS PEUR !

 


Homélie IV° carême AAuteur : Père Arturo

Nous sommes à mi-chemin du Carême et l'évangile sur lequel nous méditons aujourd'hui nous interroge sur le même thème que la semaine dernière, la Conversion. Dimanche dernier, le Christ se présente comme une eau vive et aujourd'hui il nous dit qu'il est la Lumière du monde, dans les deux cas il parle de la grâce.

 

Le miracle que l'Évangile d'aujourd'hui raconte nous présente le contraste entre voir et ne pas voir. La vue pour saint Jean est l’image de la foi. La cécité, d'autre part, représente le péché. Ce pauvre aveugle n'a pas vu ses semblables ni apprécié la création, mais son aveuglement était moins terrible que celui des pharisiens qui ne voyaient pas le Messie dans le Christ; qui n'ont pas vu dans ses œuvres le signe de la présence du Royaume des cieux.

 

Les pharisiens, pleins d’orgueil et d'envie, cherchent des raisons de ne pas croire, de rester dans leur aveuglement spirituel et bien qu'ils soient confrontés à quelque chose d'indéniable, ils préfèrent rester dans leur erreur que de reconnaître qu'ils ont tort.

 

Nous sommes aveugles sur le sens à donner à la souffrance, pour voir ce qui est bon pour les autres, pour voir leurs qualités, reconnaître aux enfants leur dignité et leurs droits, saisir les vraies valeurs, reconnaître les bienfaits que Dieu nous donne toujours, et reconnaître les miracles qui démontrent la présence de Dieu parmi nous. Nous sommes si aveugles qu'au milieu de cette tragédie mondiale, nous ne voyons pas que Dieu est tout-puissant, que nous sommes très fragiles mais qu'il en sait plus que nous car Il connaît toutes choses.

 

Le monde nous aveugle avec l'argent, le plaisir, le pouvoir, la mode et la technologie. Jésus est la lumière qui nous permet de voir les choses telles qu'elles sont réellement. Dans son incarnation, Jésus est le baume qui est mis sur nos yeux aveugles pour que nous puissions voir clairement.

 

Dans l'Évangile, nous entendons Jésus dire: "Vous croyez au Fils de l'homme". Saint Jean raconte un processus difficile qui a pour résultat final la foi d’un homme. L'initiative appartient à Jésus, car il n'est pas mentionné que l'aveugle a demandé à être guéri. Et dès qu'il commence à voir, les difficultés commencent aussi: les voisins doutent, ses parents l'abandonnent et ne le défendent pas, les pharisiens l'insultent et finissent par le chasser...tout ceci aboutit progressivement à son exclusion: la société et sa famille l'abandonnent, il est excommunié par la religion.

 

Nous devons passer par tout cela pour croire vraiment. Il s'agit de croire en l'homme, et c'est la chose la plus difficile. Parce que cela nécessite un processus de dépouillement de tout ce qui nous empêche de coïncider avec l'humain, de croire en l'humain. Les hommes sont prêts à mettre leur foi dans le pouvoir, l'honneur, l'argent, la science, l'ésotérisme. La ruine de l'humanité vient de ce que nous ne croyons pas en l'être humain. C’est pour cette raison que nous ne le respectons pas, nous ne le traitons pas comme il le mérite, nous refusons la réalité de notre condition humaine. Nous sommes aveugles. Dans l'être humain, Dieu s'est incarné et c'est en lui que nous trouvons tout d'abord Dieu. Je suis surpris de voir tant de gens qui ne connaissent pas Dieu et sont aveugles, et le pire c’est qu'ils ne veulent pas voir... Sans la foi, le moment présent est impossible à supporter. Courage mes chers enfants !


Homélie III° carême AAuteur : Père Arturo

III Dimanche de Carême A

 

La soif de bonheur. Les lectures de carême du cycle A ont un ton clairement catéchuménal. Ils font une référence significative au baptême: l'eau (la Samaritaine), la lumière (l’aveugle de naissance), la vie (la résurrection de Lazare). L'homme a soif de profondeur et de plénitude. Rien ni personne dans ce monde ne peut remplir complètement son vide. Quitter le superficiel et chercher le transcendant peut nous rendre heureux. Il nous arrive parfois de rechercher les mauvaises voies, en restant attachés aux choses de la terre. Il y a en nous la soif de bonheur et l’envie de donner sens à notre vie.

 

Le monde d'aujourd'hui ne facilite pas la rencontre avec Dieu. L'anorexie spirituelle des hommes d'aujourd'hui trouve son origine dans le fait que nous sommes saturés de malbouffe, nous sommes dupés par ceux qui vendent de fausses félicités, qui n'apaisent pas notre authentique soif de bonheur. Lorsque votre désir pour Dieu sera aussi grand que votre désir de respirer l'air, alors vous trouverez Dieu.

 

Comment se déroule le processus de personnalisation de la foi? Jésus est juif, mais c'est un juif très "étrange", parce qu'il parle à une femme, et plus encore, à une Samaritaine. Mais Jésus ne fait aucun cas des principes et des normes qui marginalisent et excluent les faibles. Entre Jésus et la Samaritaine, il y avait une grande barrière: c'était un homme et elle était une femme. Nous voyons que Jésus est la force, et maintenant, nous le voyons faible, dit saint Augustin, car «avec sa force il nous a créés et avec sa faiblesse il nous a recherchés». Les femmes, les étrangers, les pauvres et les malades n'étaient rien moins que ceux dont un bon Israélite devait essayer de s'écarter pour garder sa «pureté» intacte.

 

Jésus fait de ces exclus un lieu privilégié pour manifester son salut. La vie de cette femme est marquée par le manque et la routine infertile. Chaque jour, elle devait aller chercher de l'eau, car elle en manquait. Elle n'avait pas de mari non plus. Elle en avait eu cinq et son partenaire actuel n'était pas son mari. Cette femme représente le peuple idolâtre, incapable d'étancher sa soif de vivre avec les nombreux dieux païens auxquels ils s'étaient accrochés sans trouver ce que leur cœur demandait.

 

Seul Dieu peut combler le vide existentiel que nous avons à l'intérieur. Lorsque nous sommes en présence de Dieu, rien n'est sans conséquence. Il nous parle toujours, mais nous sommes aveugles et sourds et nous avons aussi peur. La situation que le monde traverse actuellement nous a déroutés et beaucoup ne savent pas quoi faire. Le Christ a vaincu la mort, nous ne devons pas avoir peur. La psychose en France est en augmentation. Les fausses informations qui circulent dans les médias nous font perdre espoir. Tournez-vous vers Jésus, demandez-lui à boire, Il sait ce dont vous avez besoin, ayez confiance et Il vous donnera l'eau pour que vous n'ayez plus jamais soif.


II dimanche Carème AAuteur :

En ce deuxième dimanche de Carême, nous retrouvons la scène bien connue de la transfiguration. La transfiguration dans les évangiles est étroitement liée à Pâques, le triomphe de Jésus sur la mort. Mais pour arriver à la lumière, il faut passer par la croix. La passion est l'étape préalable à la résurrection. Le peuple d'Israël a également dû faire ce «pas» de l'esclavage à la liberté.

 

Avant la transfiguration, notre Seigneur est dans un moment de crise intérieure, il se demande si le peuple et ses disciples comprennent son message, si sa mission suit le cours que le Père veut. C'est pourquoi il demande à ses disciples: "Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ?" "Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?"

 

Sur la montagne de la transfiguration, un Dieu se révèle qui enlève la peur, qui se manifeste à travers Moïse et Élie, c'est-à-dire la loi et les prophètes, un Dieu qui n'instille pas la terreur, mais la paix. Et Jésus en vient à parler de résurrection, c'est-à-dire d'une vie pleine, heureuse et illimitée. Contrairement au Dieu du Sinaï où Moïse a reçu les tables de la loi, qui était un Dieu imposant et menaçant, le Dieu du Thabor est le Dieu de la proximité, de la vie et de l'espérance.

 

L'Église est notre Thabor. Il est vrai que tout ce que nous trouvons ici-bas n'est pas brillant et saint. L'Église c’est encore le Sinaï et le mont des tentations. C'est aussi le mont du Calvaire. Mais dans l'Église, il y a aussi l'expérience de Dieu, la présence du Christ, le dynamisme de l'Esprit. Dans l'Église, les paroles de Moïse et des prophètes sont recueillies et mises à jour, la voix du Père est entendue et le nuage mystérieux nous enveloppe. Dans l'Église, la transfiguration se renouvelle, l'espérance s'enflamme et la joie se répand. Dans l'Église, il y a la vérité, la certitude et l'amitié. L’Eglise catholique est le lieu parfait pour ceux qui sont imparfaits.

 

Dans le ciel, il y a une voix qui dit "Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le!" Qu'avons-nous à entendre? Précisément, ce que Pierre avait rejeté auparavant: l'annonce de la passion et de la mort. Nous qui sommes plus habitués à entendre notre propre voix, ou les voix discordantes autour de nous avant de prêter attention à celle de Dieu...

 

Le Dieu de Jésus, tout comme lui, est le Dieu qui lutte dans la vie contre la peur des lâches, contre le pouvoir qui soumet, fait peur et opprime, même si cela se fait au nom de Dieu. Si nous orientons notre vie comme Jésus, notre fin peut également être très similaire à celle du Christ. Mais en bref, c'est ce qui nous transfigure, c'est-à-dire ce qui donne à notre vie le même sens que la vie que Jésus a menée. Lorsque notre idée de Dieu change, notre vie change. Nous sommes transfigurés. Nous devenons saints.

 

Laissons-nous transfigurer au cours de cette messe. Sortons d'ici heureux d'avoir rencontré l'amour. Nous ne pouvons pas avoir peur lorsque nous sommes en présence de Dieu qui nous aime. Rien de mauvais ne va nous


I dimanche Carème AAuteur :

I dimanche de Carême A

L'Évangile de ce premier dimanche de Carême présente les trois raccourcis que le diable a offert à Jésus pour le distraire de sa mission sur la Croix. Le diable a choisi ces tentations parce qu'il savait que Notre-Seigneur ne serait pas principalement un réformateur social, un activiste politique ou un faiseur de miracles. Il serait l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Savoir qui est Jésus et en quoi consiste sa prédication est indispensable pour nous, maintenant que nous commençons notre chemin de Carême.

 

Nous savons que le péché est une rupture avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes. C'est pourquoi nous commençons le Carême avec un regard sur l'homme. Le texte de la Genèse est une étude anthropologique et théologique: qu'est-ce que l'homme? Pourquoi la souffrance? Quelle est l'origine du mal et du péché? Les réponses sont profondes et pleines de symbolismes universels.

 

L'homme est une créature sortie des mains de Dieu, qui l'a "modelé" en "argile et souffle", mais fait, bien sûr, à son image et à sa ressemblance. Peu importe qu'il soit né directement des mains de Dieu ou indirectement, par voie évolutive. L'important est qu'il vienne de Dieu et ressemble à Dieu. Quant à l’argile et à l'esprit, ce sont les deux composantes qui expliquent les tensions et le drame de la nature humaine.

 

Le péché et le mal ne viennent pas de Dieu. La racine est dans l’homme-même, sa faible liberté et dans d'autres forces du mal qui se cachent sous le symbole du serpent. La pomme représente le pouvoir de séduction de l'homme et des choses. Le péché, c'est de vouloir être comme Dieu, de vouloir vivre sans Dieu; autosuffisance totale: refuser de servir, refuser de mourir pour les autres, refuser d'aimer, ce qui entraîne le péché, le vide profond, l'insatisfaction, le désordre intérieur et la rupture de l'équilibre dans toutes les relations: avec Dieu, avec les autres, avec la nature, avec lui-même. Seule la reconnaissance de notre péché nous rend disponibles pour capter la générosité du pardon de Dieu. Parce que le péché est une trahison de l'amour de Dieu. Ce n'est pas être fidèle à notre baptême, c'est s'éloigner de Celui qui est notre vie.

 

Jésus s'est retiré dans le désert pour prier et se préparer à sa mission. L'expérience du désert nous montre la fragilité de notre foi, et la réalité de notre pauvreté. C'est pourquoi nous avons peur d'entrer dans notre intérieur, nous avons peur du silence. La tentation surgit.

 

Les tentations de Jésus dans le désert sont les nôtres:

La faim, qui symbolise toutes les exigences du corps.

Le besoin de sécurité et le repli sur soi, même si notre voisin est blessé.

La soif de pouvoir, qui est l'instinct de domination.

 

Si le monde vous promet un plaisir charnel, répondez que Dieu est plus attirant. S'il vous promet des honneurs et des dignités temporaires, répondez que le royaume de Dieu est plus grand que tout. S'il vous promet des réponses superficielles, répondez que seule la vérité de Dieu est absolue. La différence entre Jésus et nous est qu'il a réussi là où nous avons échoué.

Par conséquent, nous devons compter sur Lui pour faire ce chemin de Carême, et atteindre le but, transformés en ayant vaincu les tentations qui nous empêchent de suivre Jésus.


VII dimanche Ordinnaire AAuteur :

VII Dimanche ord A

Dans la lecture évangélique selon Matthieu, Jésus donne à ses disciples quelques exemples faciles à comprendre. La loi du talion permettait aux Juifs de rendre"œil pour œil et dent pour dent" lorsqu'ils se vengeaient de l'ennemi qui les avait offensés. Ici, Jésus enseigne à ses disciples que la perfection de cette loi va bien au-delà du simple respect de celle-ci, et conseille à ses disciples non seulement de ne pas se venger, mais de traiter ceux qui les ont offensés avec bienveillance et même avec générosité. Ils doivent faire de même avec le commandement de l'amour, aimant non seulement le prochain, mais aussi l'ennemi. Parce que c'est ce que le Père céleste fait avec tous les hommes, faisant lever le soleil sur le bien et le mal, et envoyant la pluie aux justes et aux injustes. En ce sens, il leur dit qu'eux aussi doivent être parfaits, comme le Père céleste est parfait. Cela ne signifie pas que la perfection des disciples doive être la même que la perfection de Dieu. La perfection à laquelle les disciples devront aspirer sera toujours une perfection humaine, tandis que la perfection de Dieu sera toujours la perfection divine.

 

Parfait, selon le dictionnaire, se dit de celui qui a le plus haut degré de bonté ou d'excellence possible dans son domaine. La perfection humaine aura donc le plus haut degré de bonté ou d'excellence humaine, ayant, comme modèle de notre perfection, la perfection divine. Aspirons donc toujours à être parfaits, c'est-à-dire à être aussi bons que possible, dans nos limites et nos fragilités humaines. Et pour y parvenir, nous, chrétiens, devons toujours avoir comme modèle Jésus, qui était un homme semblable à nous en tout, sauf dans le péché. Nous ne pourrions jamais y arriver par nos propres forces, mais nous pouvons le faire avec la grâce de Dieu : Dieu est toujours disposé à nous aider avec sa grâce, parce que le Seigneur est compatissant et miséricordieux, il ne nous traite pas comme nos péchés le méritent.

 

Lorsque saint Paul parle du temple de Dieu, il fait directement référence à la communauté chrétienne de Corinthe, réunie au nom de Jésus. Tout le monde n'est pas un temple de Dieu, mais seulement ceux dans lesquels l'Esprit de Dieu habite. L'Esprit de Dieu est l'Esprit de Jésus crucifié, mort et ressuscité. C'est «la sagesse de la croix» contre laquelle la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. Cette perfection est ce à quoi chacun de nous est appelé. Il est triste de voir combien, dans notre Église, ne pardonnent pas aux autres, se disent catholiques mais critiquent et tuent leurs frères par les paroles de leur bouche. La perfection à laquelle nous sommes appelés ne signifie pas que nous devons tous être sympathiques ou que nous devons être amis avec tous, mais au moins nous devons reconnaître que nous sommes tous appelés à devenir la meilleure version de nous-mêmes, et c'est pourquoi nous devons aimer tous nos frères en Christ.

 

Il y a des gens qui, à cause de la timidité, de l'orgueil ou de la peur, n'acceptent même pas de donner la paix à leurs voisins. Dans la rue, la situation s'aggrave encore plus. Visages maussades dans les transports urbains ou dans la rue. Silence dans l'ascenseur, les yeux rivés au sol, en évitant tout contact. C'est ça l'amour? Si nous ne pouvons même pas aimer ceux qui nous sont le plus proches, comment est-il possible que Jésus de Nazareth nous demande d'aimer les ennemis? Pour aimer comme Jésus nous le demande, nous devons nous laisser submerger par l'Esprit du Christ et son amour.


6 dim ordinaireAuteur :

Ce dimanche, la première lecture du livre du Siracide nous présente un texte écrit vers l'an 200 avant JC par un sage, dont nous ne savons pas grand-chose, mais qui vivait à Jérusalem. A travers le texte, nous comprenons qu'il était un érudit des choses religieuses et qu'il connaissait très bien les rituels, la Torah et les lois des Juifs. Nous trouvons un véritable éloge de la loi. Il est difficile de parler de la loi à notre époque, car nous accordons tellement d'importance à la liberté que la loi est souvent considérée comme un mal nécessaire et une sorte de restriction à notre liberté. Mais s'il n'y avait pas de loi, nous ferions tout ce que nous désirons et vivrions dans l'anarchie.

 

La loi n'est pas en tension avec la liberté. Dieu veut que nous partagions sa vie, c'est-à-dire qu'il veut que nous vivions une vie d'amour, et l'amour doit être un choix personnel, sinon ce ne serait pas l'amour, parce que le véritable amour ne peut pas être forcé, il doit être choisi. L'amour, ce n'est pas seulement un sentiment, mais vouloir le bien de l'autre.

 

La loi est le moyen par lequel Dieu nous aide à faire le meilleur choix. C'est comme quelque chose qui attire ou séduit notre liberté, afin que nous fassions le bon choix dans notre vie... Le livre nous dit que si nous choisissons de garder les commandements, ils nous sauveront. Nous avons donc le choix entre être sauvés ou nous condamner nous-mêmes.

 

Toute la journée, nous faisons des choix. Si vous décidez toujours de suivre le chemin de l’égoïsme, cela vous transformera progressivement en une personne égoïste, de même si vous choisissez un chemin violent ou corrompu. D'un autre côté, si vous choisissez constamment le chemin de l'amour, vous devenez une personne gentille, de même si vous choisissez le chemin de la paix, vous devenez un pacifiste, tout comme suivre la voie du pardon, fera de vous une personne miséricordieuse.

 

Certains pensent que la vie éternelle au paradis est une sorte de prix que certains gagnent et d'autres non. Le ciel est plutôt un état de vie, une manière d'être: celui de la vie divine de l'amour.

 

Nous n'avons pas été placés arbitrairement dans le monde, nous sommes ici pour préparer la vie éternelle, c'est-à-dire pour former notre caractère, sous l'influence de la grâce et à travers la discipline de la loi, qui guide notre liberté vers l’amour. La meilleure façon de se préparer au paradis est: toujours aimer.

 

L'évangile répète le concept de la loi et l'importance de la suivre. Le thème que Jésus nous présente a sa raison d’être dans le fait que Dieu s’est fait humain. Ce que Jésus nous montre clairement, c'est que la meilleure relation avec Dieu n'est pas la relation avec Lui-même exclusivement, mais également avec les êtres humains. La chose la plus importante est d'aimer notre prochain.

 

Aujourd'hui, deux jours apres la fête de la Saint-Valentin, nous bénissons les couples qui ont décidé de se sanctifier par le mariage ou qui tentent de construire leur amour au quotidien depuis plusieurs années.


V DimancheAuteur :

Le sel était un élément si important dans la société romaine que même le mot salaire était dérivé de la coutume romaine de payer les soldats avec une certaine ration de sel. Le sel était nécessaire pour prévenir la corruption alimentaire et aromatiser. Déjà dans les premiers siècles du christianisme, quand il était de coutume de retarder le baptême jusqu'à l'âge adulte, les familles chrétiennes frottaient les lèvres du nouveau-né avec du sel.

 

Quand dans l'évangile Jésus dit à ses disciples qu'ils doivent être le sel de la terre, ce qu'il leur dit, c'est qu'ils ne sont pas corrompus et qu'ils luttent toujours contre la corruption, et qu'ils donnent aussi une saveur chrétienne à tout ce qu'ils font et disent. Pour ne pas être corrompu, il est nécessaire de protéger l'âme avec le sel de l'Évangile, car il est très facile d'être contaminé par la corruption généralisée qui existe dans notre société. Corruption dans les mots et corruption dans les œuvres, corruption dans la vie privée et corruption dans la vie publique. Nous devons reconnaître, malheureusement, que la corruption est un phénomène assez répandu dans notre société. Si nous, chrétiens, voulons être le sel de la terre, nous devons lutter contre la corruption. Le Pape l'a toujours dit: nous sommes pécheurs mais jamais corrompus. Nous devons donner une saveur chrétienne à tout ce que nous pensons, disons et faisons.

 

Dieu est la lumière, nous sommes enfants de la lumière, la lumière du Christ doit illuminer notre marche vers le Père. Cette lumière doit non seulement nous éclairer en tant que chrétiens, mais nous devons également éclairer la société dans laquelle nous vivons. Vivre éclairé par la lumière du Christ, c'est vivre une lutte constante contre le mensonge qui vit facilement en nous-mêmes et contre les multiples mensonges avec lesquels nous nous réveillons chaque matin lorsque nous écoutons et lisons les médias sociaux.

 

Quant à la corruption, on peut dire également que des mensonges se sont installés dans notre société: les mensonges des politiciens, les mensonges des hommes d'affaires, les grands mensonges de ceux qui sont au-dessus et les petits mensonges de ceux qui vivent dans la pauvreté. Lutter contre le mensonge, en chrétien, c'est être soi-même authentique, sincère et responsable, et proclamer la vérité de l'Évangile haut et fort devant les voix mensongères et intéressées de la société dans laquelle nous vivons. Vivre à la lumière de Dieu, c'est vivre converti à la vérité du Christ.

 

La lumière des vrais chrétiens, c'est la pratique d'une justice généreuse et miséricordieuse qui doit illuminer la société dans laquelle nous vivons. Nous devons nous poser deux questions: nous distinguons-nous, dans notre société, en étant des gens particulièrement généreux, miséricordieux et justes, comme le prophète Isaïe le recommande aujourd'hui et comme notre Seigneur Jésus-Christ l'a pratiqué et vécu? La société d'aujourd'hui peut-elle témoigner, comme au début du christianisme, que nous, chrétiens, sommes conscients de notre condition chrétienne, à cause de l'amour généreux et désintéressé que nous avons et que nous montrons dans notre comportement quotidien? Une Église qui ne montre pas son amour pour les plus pauvres, nous dit le Pape François, n'est pas l'Église du Christ.


Presentation du Seigneur au TempleAuteur :

Présentation du Seigneur au Temple. On appelle «Chandeleur» la fête de la présentation. L’Évangile parle de cet épisode de la vie de Jésus. Comme tout enfant juif, il est présenté au Temple de Jérusalem, quarante jours après sa naissance avec le sacrifice de deux petites colombes. Marie et Joseph se conforment à la Torah. Anne et Syméon, deux vieillards pieux qui vivent au Temple, discernent la destinée unique de Jésus, parmi tous ces enfants qui sont présentés au Seigneur. Syméon l’appelle «lumière pour éclairer les Nations». Bénédiction des cierges et procession symbolisent et expriment dans nos églises le sens de cette fête que les Grecs appellent «Hypapante», ce qui signifie «Rencontre du Seigneur».

Aujourd'hui, l'Église se souvient de deux faits importants dans la tradition religieuse d'Israël: la présentation de l'enfant au Temple et la purification de la mère. Dans les religions de l'Orient ancien, cette double coutume était fréquente. Ce qui indiquait une inégalité entre les hommes et les femmes dans le traitement qu'ils recevaient des religions. Une inégalité qui a perduré dans l'histoire jusqu'à ce jour. Il est vrai que le christianisme n'a pas accentué ces traditions, mais il ne les a pas non plus éliminées.

Jésus a été éduqué selon les critères et les coutumes de la religion juive. Et sans aucun doute, il l'a pratiquée pendant plusieurs années. Un jour, il a entendu parler de Jean-Baptiste, qui avait la réputation d’être un prophète, et qui prêchait un baptême de conversion dans la région du Jourdain. Les gens allaient là où Jean-Baptiste prêchait et baptisait. Jésus a quitté sa maison et son peuple et est parti à la recherche du nouveau prophète. Et d’un nouveau baptême. Cela a marqué un avant et un après, non seulement dans la vie de Jésus, mais aussi dans l'histoire de l'humanité.

Jésus, bien que né, élevé et éduqué dans la religion de ses parents, a assumé les contradictions de cette religion et de cette société. Pourquoi est-ce que ce sont les hommes et non les femmes qui s’offrent à Dieu lors de la présentation au Temple et devant les prêtres? Est-ce que les femmes ne sont pas aussi dignes que les hommes? Pourquoi les femmes doivent-elles être "purifiées" parce qu'elles sont mères? L'Évangile de Jésus corrige cela, comme aujourd'hui l'Église corrige tant d'autres choses, qui sont des résidus de ces pratiques discriminatoires.

La Vierge n'avait pas besoin d’être purifiée parce qu'elle était pleine de grâce, tout comme l'enfant n'avait pas non plus besoin d’être présenté au temple parce qu'il est le Fils de Dieu et pourtant, obéissant aux coutumes de leur temps, ils ont rempli les exigences de la loi.

Aujourd'hui, nous voyons que la seule famille parfaite qui ait existé est la famille de Nazareth. Une famille sainte n'est pas faite d'anges mais de pécheurs, pour qui l'amour de Dieu et l'amour les uns pour les autres sont toujours plus forts que les conséquences du péché, et tendent toujours à rechercher la vie pleine qui découle du pardon.

Lorsque vous commencerez à CROIRE VRAIMENT et à FAIRE TOTALEMENT CONFIANCE à Jésus, vous commencerez à obtenir des résultats bien meilleurs que ce que vous auriez imaginé. Ayez confiance en son pouvoir et surtout en l'amour de son Père, car vous ne serez pas déçus !  Dieu vous aime et vous veut heureux.  Vous devez être sûrs qu'à la fin tout ira bien, parce que Dieu est un Dieu de réconfort, un Dieu de paix et de joie, un Dieu qui calme toute tempête et brise toute adversité qui veut voler votre bonheur.

 


2eme Dimanche ordinaire AAuteur :

Pour notre retour au Temps ordinaire, nous retrouvons en ce deuxième dimanche la grande figure du Baptiste. Aujourd'hui les lectures nous présentent Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui vient sauver le monde de ses péchés. Dimanche dernier, nous avons vu Dieu le Père dire: "Voici mon Fils bien-aimé, mon préféré." Ce dimanche, nous voyons saint Jean-Baptiste dire: "Celui-ci est l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde." Jésus, présenté par le Père comme son Fils le plus aimé, est maintenant présenté par saint Jean-Baptiste comme l'Agneau innocent qui sera offert en sacrifice pour nous sauver de nos péchés.

 

À saint Jean-Baptiste, Dieu a révélé d'une manière extraordinaire que Jésus-Christ était Dieu et que, comme Dieu, il était supérieur à lui. Il lui a également révélé l'éternité de Dieu: "Il existait déjà avant moi." Dieu le Père a donné à saint Jean-Baptiste la clé pour reconnaître son Fils. Dans ce passage de lecture, nous voyons la révélation de Jésus-Christ, en tant que Fils de Dieu, et la révélation des trois personnes divines de la Sainte Trinité. Le Baptiste peut voir l'Esprit de Dieu descendre sur Jésus sous la forme d'une colombe. Ensuite, il a entendu la voix de Dieu le Père qui a révélé qui était Jésus-Christ: "Voici mon Fils bien-aimé." C'est-à-dire que dans le Baptême du Seigneur, nous voyons pleinement la Sainte Trinité: le Père qui parle, le Fils fait homme qui sort de l'eau baptisé et le Saint-Esprit qui, comme une colombe, se pose sur Jésus.

 

Le baptême que Jésus-Christ a institué, c'est-à-dire le baptême Sacrement, bien que nous soyons seulement baptisés d'eau, nous purifie en plus du péché originel et nous communique le Saint-Esprit, qui a le pouvoir de nous transformer intérieurement. Le sacrement du baptême nous communique la vie de Dieu, pour laquelle nous sommes aussi, comme Jésus, enfants de Dieu. Cela signifie que par le mérite de Jésus-Christ - qui est l'Agneau de Dieu - les baptisés sont vraiment des enfants de Dieu, et nous pouvons appeler Dieu "Père".

 

Se souvenir du baptême de l'homme-Dieu, c'est se rappeler le besoin que nous avons de baptiser nos enfants le plus tôt possible, afin qu'ils puissent être de vrais enfants de Dieu. C'est une erreur de retarder le baptême, car on pense que la chose la plus importante est la fête, ou parce que le parrain ne vit pas ici, ou parce que nous allons laisser l'enfant décider quand il grandira s'il veut se faire baptiser ou non. Et il s'avère que le baptême est pour l'âme beaucoup plus important que toutes les choses que nous pouvons donner matériellement aux enfants.

 

Se souvenir du baptême de l'homme-Dieu, c'est se souvenir du besoin que nous avons de nous repentir, de nous convertir, de changer nos vies et nos façons d'être, de penser et d'agir, pour devenir de plus en plus comme Jésus-Christ.

 

C'est se souvenir du besoin que nous avons de purifier nos âmes dans l'eau de la repentance et la confession de nos péchés. C'est se rappeler qu'en tout temps et en toutes circonstances, nous avons besoin de l'humilité et de la docilité qui nous conduisent à rechercher la Volonté de Dieu par-dessus tout.

 

Que notre vie devienne une soumission continue à la Volonté de Dieu, de sorte que, tout comme les cieux se sont ouverts pour Jésus lors de la réception du baptême de Jean, ils s'ouvrent également pour nous au moment de notre mort et nous pourrons alors entendre la voix du Père nous reconnaissant aussi comme ses enfants préférés, car comme son Fils, Jésus-Christ, nous aurons cherché à faire sa Volonté.


L'Epiphanie AAuteur :

L’Epiphanie A

Pourquoi vient-on à la messe?

L'épiphanie signifie la manifestation et suggère l'idée de naissance. À Noël, nous contemplons Dieu qui est né à Bethléem, et ce petit enfant, enveloppé dans des langes et couché dans une crèche, est la manifestation de la gloire de Dieu. Il semble impossible de croire que la puissance et la gloire de Dieu se manifestent dans la petitesse d'un enfant sans défense. Cependant, c'est ainsi que Dieu agit, et ainsi que les sages de l'Orient l'ont cru, eux qui ont reconnu en cet enfant le même Dieu fait homme.

 

Depuis que Dieu dans l’Ancien Testament s'est manifesté par des signes imposants : une colonne de feu, un buisson qui brûle sans être consumé ... Dieu a parlé à travers les prophètes. Cependant, maintenant, Dieu a voulu se montrer en personne, en se faisant homme. Dans ce petit garçon, né pour notre salut, nous voyons la puissance de Dieu qui vient nous sauver par sa reddition par amour pour nous. Ceci est la manifestation de Dieu lui-même. L'Évangile d'aujourd'hui est tout à fait surprenant. Les mages viennent annoncer à Hérode qu'ils savent que le "roi des Juifs" vient de naître. C’est en effet ce que confirment les grands prêtres et les scribes : il doit naître à Bethléem, en Judée, comme le dit le prophète Michée.

 

Quant aux mages, ils savent par leurs textes sacrés que cet événement doit être accompagné d’un signe: une étoile dans le ciel qu'ils ont suivie depuis chez eux. Eh bien, ce messie qu'on attend depuis toujours, dont on a maintenant les signes de la venue, dont on connaît le lieu de naissance et l'origine (il doit être descendant de David), croyez-vous que quelqu'un du temple ou parmi les sages ou les religieux va aller le voir? Non, cela n’intéresse personne. L'envoyé de Dieu est là, et personne ne se déplace.

 

Hérode veut retrouver le petit, mais pour l'éliminer. Il ne faudrait pas qu'il lui prenne sa place. Quant aux grands prêtres et aux scribes, qu'est-ce qu'ils font ? Absolument rien.

 

Seuls ces mages (on dirait aujourd'hui des gens qui n'ont pas la bonne religion et, qui sont en plus des étrangers) vont aller le voir pour l'adorer, et lui porter les insignes qui lui correspondent : l'or de la royauté, l'encens qui n'est réservé qu'à Dieu, et la myrrhe que l'on gardera jusqu'à son ensevelissement. Eux savent qui il est vraiment, et ce qui va lui arriver, et pourtant ils ne font partie ni de la religion officielle ni du peuple élu. Et nous, qu'avons-nous apporté à Dieu ce dimanche ? L’or, comme la quête de chaque dimanche, l’encens de notre prière, la myrrhe de l’offrande de notre vie dans le quotidien.

 

Quand on est chrétien, on sait que, chaque dimanche, Dieu nous attend à la messe, qu'on pourra l'écouter, le prier, et même le manger. Se précipite-t-on en masse? Chaque instant, Dieu nous attend dans la prière. Mais sommes-nous présents ? Un jour, nous mourrons et nous le rencontrerons. Y sommes-nous préparés ?